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décembre 27, 2024 by QuentinprodPhotos

Il est l’un des plus importants musiciens des Balkans, le guitariste virtuose macédonien Vlatko Stefanovski vient de sortir un sublime double album enregistré dans les mythiques studios Abbey Road, en guise de best of de ses 50 ans de carrière. Les amateurs de guitare seront comblés.

Vlatko Stefanovski, 50 ans sur la scène yougoslave

Si Vlatko Stefanovski s’est fait un nom en solo depuis plusieurs décennies grâce à son jeu virtuose, c’est avant tout en groupe qu’il se fait connaitre dès les années 70. Natif de Prilep en Macédoine du Nord, il est à l’origine de la création de Leb i Sol en 1976, l’un des groupes les plus célèbres de la scène rock yougoslave. Leur particularité, fusionner le rock avec les sonorités traditionnelles balkaniques, et plus particulièrement macédoniennes. Plus d’une dizaine d’albums à leur actif et des tubes en cascade, avant que le groupe ne se sépare à la fin des années 80, puis de se retrouver il y a quelques années.

Aussi à l’aise à la guitare électrique qu’acoustique (ne manquez pas le « Live at Lisinski » sorti en 2019), Vlatko Stefanovski a enchainé les projets en solo depuis trente ans, entre rock, jazz, duo avec le guitariste classique serbe Miroslav Tadić, ou encore composition pour le cinéma ou le théâtre (notamment avec son frère dramaturge Goran Stefanovski dont plusieurs oeuvres sont publiées en français).
Son dernier album studio de compositions en trio, « Taftalidže shuffle« , est paru chez Croatia Records en 2020 avec de nombreux invités.

Vlatko Stefanovski en trio à Abbey Road

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Pour célébrer ses 50 ans de carrière, Vlatko Stefanovski s’est envolé cette année pour Londres afin d’enregistrer en trio dans les mythiques studios Abbey Road. C’est dans le studio n°3 que le trio s’est installé pour enregistrer 23 morceaux en mode live où les solos de guitare pleuvent.

Si le disque s’ouvre sur le légendaire tube des Beatles « While my guitar gently wheeps« , c’est bien un concentré très soigné du meilleur de sa carrière en solo et au sein de Leb i Sol que Vlatko nous livre tout au long de ces 2h de musique (entre titres chantés et nombreux morceaux instrumentaux), accompagné de Tihomir Hojsak à la basse et de son fils Jan Stefanovski à la batterie.

Un power trio des plus redoutables pour nous offrir de nouveaux arrangements sans fioritures entre rock, blues et folk. Le jeu de Vlatko est impressionnant de technicité et de virtuosité que ce soit dans les solos ou dans les mélodies. « Si zaljubiv edno mome » et « Bistra voda » en sont de parfaites illustrations parmi bien d’autres tant ce disque est une pépite.

Une merveilleuse fusion entre les rythmiques occidentales et celles très typiques des Balkans. Un savant mélange des genres qui a fait l’identité et la réputation de Stefanovski au fil des années.

Ces « London Sessions » prouvent de la meilleure manière qui soit que Vlatko Stefanovski est l’un des plus grands guitaristes actuels. Un album indispensable pour les fans mais aussi pour ceux qui voudraient découvrir l’univers de cet artiste macédonien incontournable. 

Le disque est disponible sur le e-shop de Croatia Records ainsi que sur toutes les plateformes d’écoute.

Classé sous :Macédoine du Nord, Actus, Musique Balisé avec :#musique, balkans, guitare, macédoine, vlatko stefanovski

octobre 31, 2024 by QuentinprodPhotos

La bosnienne Amira Medunjanin s’est imposée comme l’une des plus belles voix balkaniques avec ses sevdalinkas au grand coeur. Laissez vous séduire par sa voix et ses mélodies dans son somptueux huitième album, « Homeland » tout juste sorti. 

Artiste émérite maintes fois récompensée, Amira Medunjanin envoûte le public des Balkans depuis une vingtaine d’années avec une voix singulière et une interprétation personnelle de la traditionnelle Sevdah. Un talent qui l’a érigée au rang de star dans les Balkans et lui permet de chanter aux quatre coins du monde.

Après un album dédié à la musique populaire yougoslave (kafanska muzika) des célèbres Tomi Zdravković et Silvana Armenulić dans son album « For him and her« , la native de Sarajevo revient à la Sevdah avec ce nouvel album « Homeland » porté par le single « Alma« .

La Sevdah c’est l’âme de la Bosnie, une musique traditionnelle qui s’est réinventée au fil des siècles et des occupations ottomanes et austro hongroises. Doté d’une vraie force émotionnelle, cet art du chant où la mélancolie et la nostalgie sont les maîtres mots repose sur des textes transmis oralement depuis plusieurs générations. Mais les interprètes actuels de Sevdah y intègrent aussi leurs propres influences et leur vécu, à l’image d’Amira Medunjanin qui nous propose dans « Homeland » des textes inédits et des arrangements mêlant Sevdah traditionnelle et éléments empruntés au classique ou au jazz.

La Sevdah est généralement accompagnée d’une petite formation musicale entre autres composée de violon et d’accordéon. Et ce sont ces deux instruments qu’Amira Medunjanin a choisi de mettre en avant sur « Homeland » avec de magnifiques mélodies qui viennent servir ses sevdalinkas chantées en serbo croate. Collaborateur de longue date, le pianiste franco serbe Bojan Z fait quelques apparitions sur le disque et en signe également la production artistique.

Avec « Homeland« , Amira Medunjanin prouve une fois encore qu’elle est l’une des plus belles interprètes de la sevdah d’aujourd’hui. Il nous tarde désormais de la voir se produire enfin en France pour partager en live toute l’émotion et la puissance de la Sevdah.

« Homeland » est disponible sur toutes les plateformes d’écoute

Site officiel / Facebook / Instagram

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Classé sous :Musique, Actus Balisé avec :amira medunjanin, balkans, Musique, sarajevo, sevdah

mars 24, 2024 by QuentinprodPhotos

Chaque année, l’industrie musicale croate se rassemble pour les Porin Awards, qui récompensent le meilleur de la scène musicale du pays. Le rendez vous était pris hier soir à Zagreb pour la 31ème édition, dont voici les résultats !

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Les Porin Awards sont devenus une institution depuis plus de trente ans déjà. La plus importante cérémonie musicale croate récompense chaque année de nombreux artistes dans 35 catégories différentes en direct à la télévision nationale. Une soirée qui permet de prendre le pouls de la scène musicale croate entre confirmations et découvertes.

L’homme de la soirée est sans nul doute Vojko V. Le rappeur croate déjà plusieurs fois récompensé repart avec 4 Porin en 2024, dont le tant attendu Porin de l’album de l’année pour son album « Dvojko » (Croatia Records). Un disque qui lui vaut aussi de remporter le Porin du Meilleur album de hip hop, celui du Meilleur clip pour le titre « Mamacita » et celui de la Meilleure pochette.

Le Porin de la chanson de l’année est sans grande surprise attribué au groupe Let 3 pour « Mama ŠČ » (Dallas Records), qui avait représenté la Croatie l’an dernier à l’Eurovision avec une prestation complètement décalée qui avait fait parler d’elle. Let 3 reste néanmoins un groupe installé depuis de très nombreuses années sur la scène croate, qui lui vaut également de remporter un second Porin ce soir, celui du Meilleur album de musique alternative pour « ŠČ« .

Côté rock, le meilleur album est attribué à l’excellent « Follow the blind man » de Jelusick (Aquarius Records), dont nous vous avions déjà parlé lors de sa sortie. Le chanteur croate qui mène une carrière internationale depuis plusieurs années a enfin lancé son premier projet en solo sous son nom, et ce Porin ne fait que confirmer son talent déjà remarqué par de grands noms de la scène rock mondiale avec lesquels ils a eu la chance de pouvoir collaborer.

Le meilleur album pop revient au chanteur Matija Cvek pour « Vile se ovdje igraju » enregistré avec son groupe The Funkensteins (Menart label), tandis que le Porin de l’album électro de l’année a été remis au groupe Pocket Palma pour « III » un an après avoir déjà remporté une statuette avec leur précédent disque « Atomi« .

La scène jazz croate a également été mise en avant avec deux Porin qui viennent récompenser le Tamara Obrovac Quartet. La célèbre chanteuse et flûtiste croate repart avec le Porin du Meilleur album jazz pour « Nuvola« , mais aussi avec celui de la Meilleure performance Jazz pour le morceau « Dvi Divojke« .

Les meilleures performances vocales ont été attribuées à Natali Dizdar pour « Krug » issu de l’album « BLUES PO KIŠNIM PLAŽAMA » (Aquarius records) ainsi qu’à Filip Rudan pour « The Outside » issu de l’album « Everyday view » (Universal Music Croatia).


La rockstar Goran Bare remporte également un Porin de la Meilleur performance de groupe avec Majke pour « Budi ponosan » issu du « Live at Dom Sportova » (Croatia Records) : avec leurs incroyables performances scéniques Goran Bare & Majke forment incontestablement l’un des meilleurs groupes de rock croates depuis de très nombreuses années.

Le meilleur album instrumental revient quant à lui à « Wanderlust » du guitariste Ivan Pešut, également nominé dans la catégorie Meilleur producteur.

Le célèbre chanteur Massimo remporte à titre posthume le Porin du Meilleur album live pour son « Massimo Arena Zagreb » (Aquarius Records) » sorti l’an dernier et enregistré quelques semaines avant sa disparition en décembre 2022. Une disparition qui avait ému tout le pays tant Massimo faisait partie du paysage musical croate depuis plusieurs décennies.

Le groupe Idem s’est vu lui récompensé par le Porin du Meilleur nouvel artiste.

Enfin, un Porin d’honneur a été remis à Husein ‘Hus’ Hasanefendić, guitariste des mythiques Parni Valjak, pour l’ensemble de sa carrière. Une récompense également partagée par l’ensemble du groupe pour sa contribution à l’histoire du rock croate, et ce malgré la disparition de leur iconique chanteur Aki Rahimovski en janvier 2022. Le groupe s’est depuis trouvé une nouvelle voix en la personne d’Igor Drvenkar.

Retrouvez les résultats complets (en croate) sur ce lien

Classé sous :Croatie, Actus, Musique Balisé avec :balkans, croatie, Musique, porin

décembre 17, 2023 by QuentinprodPhotos

Retour sur la onzième édition du Salon du Livre des Balkans, qui s’est tenu les 8 et 9 décembre derniers dans les locaux de l’Inalco à Paris.

Les « Langues O' », quoi de mieux que cette institution mythique pour mettre à l’honneur les langues et littératures des Balkans.  Plus de dix ans maintenant que le Salon du Livre des Balkans s’efforce de dénicher le meilleur de l’actualité littéraire de la région. Il faut dire que l’offre y est riche et foisonnante et chaque année apporte son lot de nouveautés. Une offre rendue possible par le formidable travail de fourmi des maisons d’éditions indépendantes mais aussi des traducteurs. C’est grâce à ces professionnels passionnés que l’on a aujourd’hui la possibilité de redécouvrir des auteurs historiques en français, mais aussi de découvrir tant de nouveaux talents. 

Romans, bandes dessinées, poésies, documentaires ou recueils photographiques…autant d’occasions pour les visiteurs d’assouvir leur passion pour les Balkans, mais aussi pour les moins connaisseurs d’en apprendre plus sur l’histoire et les cultures si riches de ces pays qui ont tant à offrir.

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Nous avons choisi de vous présenter quelques ouvrages parmi nos coups de coeurs et ceux de leurs éditeurs. Bonne découverte !

La parole aux femmes de l’Est

Les éditions Intervalles sont des fidèles du Salon, et nous apprécions y découvrir ses nouveautés. Cette année, son directeur, Armand de Saint Sauveur, est fier de nous présenter un tout nouveau projet collectif : « Filles de l’Est, Femmes à l’Ouest ».

Initié par la serbe Sonia Ristić et la tchèque Lenka Horňáková-Civade, ce projet réunit huit autrices venues de l’Est de l’Europe avant la chute du Mur et qui vivent toutes aujourd’hui en Europe de l’Ouest.

« Elles interrogent cette double appartenance à travers des textes inédits d’une très grande actualité, qui sont à la fois très personnels et très universels, et sont des textes très intéressants par rapport l’identité européenne », nous explique Armand de Saint Sauveur.

Bien que venues de pays différents (Serbie, République Tchèque & Slovaquie, Pologne, Roumanie, Russie, Estonie ou Bulgarie), des pays parfois disparus depuis comme la Yougoslavie ou la Tchéchoslovaquie, leur expérience est différente mais elles partagent de nombreux points communs et livrent ensemble un regard relativement neuf par rapport à ce que l’on a pu lire jusqu’ici.

L’autrice serbe Sonia Ristić a également sorti un tout nouveau roman cette année, « Ceux qui se perdent« , son cinquième paru chez Intervalles. Entre le roman et le recueil de nouvelles – illustré par Sonia Ristić elle même – nous y suivons les destins de femmes face au monde d’aujourd’hui et qui « ont en commun la volonté farouche de s’en sortir par tous les moyens ».

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Direction ensuite la Bulgarie, où la scène littéraire s’exporte plutôt bien depuis quelques années, avec notamment Gospodinov.
Intervalles vient de rééditer en poche le premier roman d’Albena Dimitrova, « Nous dînerons en français« , ouvrage multiprimé depuis sa première parution en 2015. Il raconte l’histoire d’une femme et d’un aparatchik dans les derniers jours du régime soviétique en Bulgarie. Son nouveau roman paraitra en français dans quelques semaines, « L’or qui fait de l’or« .

Armand de Saint Sauveur tient également à nous présenter le dernier roman d’un jeune auteur bulgare, Anguel Igov, « Les Doux » qui se passe pendant le coup d’Etat communiste en 1944 à Sofia et qui retrace presque au jour le jour les événements au travers des yeux des habitants d’un quartier de Sofia qui commentent ces événements au fur et à mesure qu’ils se passent.

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Avec Valter au coeur de Sarajevo

La bande dessinée était l’un des sujets centraux de cette onzième édition du Salon du Livre des Balkans. Il faut dire qu’à son apogée dans les années 80, la marché de la BD en Yougoslavie était le quatrième plus important au monde ! 

Nous avons voulu nous intéresser à une bande dessinée qui a fait parler d’elle dès sa sortie, celle du bosnien Ahmet Muminović, « Valter défend Sarajevo » (« Valter brani Sarajevo »), éditée pour la première fois en français par Rive Neuve, et traduite par Boba Lizdek (qui fut traductrice des journalistes et des militaires français pendant le siège de Sarajevo en 1992-1995). 

Décédé en 2019, Ahmet Muminović fut l’un des auteurs les plus lus de Yougoslavie : ses aventures de Valter ont été tirées à des millions d’exemplaires dans les années 80, participant alors à l’aura de ce mystérieux personnage devenu un héro national et dont un célèbre film a marqué toute une génération, « Valter défend Sarajevo » réalisé par Hajrudin Krvavac en 1972.

Inspirées par ce film partisan, les planches de Muminović mettent en scène Valter, nom de code de Vladimir Perić, partisan engagé dans la résistance durant la Seconde Guerre Mondiale face à l’occupant allemand. Un soldat qui fera tout pour sauver Sarajevo de l’occupation des nazis, et qui deviendra, à 21 ans seulement, un véritable symbole d’unité nationale.

Cette édition française est agrémentée en fin de volume d’un cahier signé Jean Arnault Derens permettant de remettre l’histoire dans son contexte historique et de comprendre les faits réels qui ont inspiré l’auteur. 
D’ailleurs une nouvelle édition augmentée est en préparation, comme nous l’a confié Gilles Kraemer, directeur des éditions Rive Neuve.

Balkans

La renaissance d’August Šenoa

Figure essentielle de la littérature croate, August Šenoa introduit pour la première fois dans la littérature croate la notion de roman historique, au XIX siècle. Le public français le redécouvre cette année grâce aux Editions Faustine avec la première traduction française de « Cuvaj se senjske ruke » : « Prends garde à la main de Senj« . Paru en 1876, ce monument de la littérature croate, écrit en pleine période du Renouveau National, a été traduit par Chloé Billon, l’une des meilleures traductrices actuelles du croate.

Ce roman de cape et d’épée nous plonge dans le XVIIème siècle dans le port de Senj, sur la côte croate, là où les pirates uscoques engagés par les Hasbourg protègent l’accès à la mer face aux invasions ottomanes. Une situation mal vue par les Vénitiens qui eux voudraient bien prendre le contrôle du port pour régner enfin en maître sur toute l’Adriatique. Intrigues, complots, combats, brigands et rivalités en tous genres sont au coeur de ce roman inspiré de faits réels et mainte fois adapté à l’écran ou en bandes dessinées.

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Chloé Billon

Le destin des juifs des Balkans

Née il y a dix ans, Lior Editions est centrée sur la langue et la culture judéo espagnole. Une thématique essentielle dans les Balkans puisqu’une grande communauté juive séfarade fut établie dans les Balkans jusqu’au début du XXème, notamment à Sarajevo en Bosnie Herzégovine ou à Salonique en Grèce, après avoir été chassés d’Espagne à la fin du XVème siècle.

« Les lumières de Sarajevo » de Moïse Abinum avait été à l’honneur lors du précédent salon, et cette année deux nouveaux romans biographiques nous sont présentés, et se déroulent chacun dans l’Istanbul des années 1910-1920.

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Nissim M. Benezra est né dans une famille très pauvre, devient orphelin très jeune après avoir perdu son père dans les combats des Dardannelles, ainsi que sa mère morte de faim pendant la famine qui règne à Istanbul pendant la Première Guerre Mondiale. Son livre « L’orphelin du Bosphore » suit son parcours depuis l’orphelinat où il découvre la littérature française, qui sera pour lui une véritable révélation, jusqu’à son immigration en France en 1929. « C’est un livre assez satirique dans lequel il évoque à la fois les classes aisées et l’hypocrisie de la religion« , mais aussi une ôde à la vie et à toutes les épreuves qu’il a subit dans ses jeunes années.

Victor Eskenazi est aussi un orphelin issu de la communauté Séfarade d’Istanbul dans les mêmes années. Recueilli par un oncle médecin, il lui transmettra toute son affection, sa sagesse et son expérience. Il quitte Istanbul pour rejoindre un oncle banquier à Vienne, puis part à Milan auprès d’un autre oncle marchand d’antiquités. Il obtient ensuite la nationalité britannique et rejoint Londres pendant la Seconde Guerre Mondiale où il s’engage dans les services secrets. Son livre « Un gentleman ottoman » raconte ses jeunes années jusqu’à ses missions au Caire pour le compte des services secrets britanniques et son retour à Istanbul où il va déjouer un complot d’espions au sein d’une Ambassade.

Ces deux auteurs de la même génération nous offrent deux visions différentes de la vie à l’époque du déclin de l’Empire Ottoman et de la naissance de la Première République Turque, mais leurs livres respectifs, autobiographiques, ont en commun cet esprit d’aventure et de résilience.

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Le destin des juifs de Salonique, en Grèce, est aussi au coeur du dernier ouvrage du photographe Martin Barzilai, « Le cimetière fantôme« …En véritable enquêteur et passeur d’Histoire, il a photographié et cartographié les fragments de pierres tombales issues de la destruction du cimetière juif de Salonique (le plus important d’Europe à l’époque) et qui ont été disséminées dans l’indifférence quasi totale dans le paysage urbain.

En effet, en lieu et place de ce cimetière détruit en 1942 par les Nazis, se dresse aujourd’hui l’Université. Mais que sont devenues toutes ces pierres tombales sacrées ? Certaines ont été utilisées pour monter des murs, des trottoirs, abandonnées au sol ça et là, certaines ont même été utilisées pour la construction du théâtre. C’est un vrai travail d’orfèvre qu’a réalisé Martin Barzilai, pour retrouver une vingtaine de lieux où sont encore visibles ces fragments aujourd’hui, dont les inscriptions en hébreux ou en ladino ont parfois été volontairement effacées.

Un morceau de l’Histoire grecque presque occulté par les autorités, mais qu’a révélé avec justesse et abnégation Martin Barzilai, pour ne pas oublier le destin de ces juifs effacés par l’Histoire et qui pourtant étaient à une certaine époque la population majoritaire de Salonique.

Les Balkans en 100 questions

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Balkans tient dans les 350 pages du dernier livre de l’historien et journaliste Jean Arnault Derens (rédacteur en chef du Courrier des Balkans), co écrit avec Laurent Geslin et édité chez Taillandier, « Les Balkans en 100 questions – Carrefour sous influence ». Ni ouvrage scientifique, ni ouvrage trop vulgarisateur, il pose les questions essentielles sur les Balkans d’aujourd’hui.

« Nous avons fait le choix de réduire les Balkans à l’ancienne Yougoslavie et à l’Albanie« , nous confie Jean Arnault Dérens. « Nous évoquons la Bulgarie ou la Grèce, qui historiquement font partie des Balkans, mais sans se concentrer sur eux« , poursuit-il. L’idée de ce livre passionnant est de donner des repères pour comprendre les enjeux de cette région, à la fois historiques, géographiques, culturels, mais aussi en ouvrant sur toutes les problématiques contemporaines comme « l’environnement, les questions de genres, les réseaux criminels, les alternatives politiques qui existent ou qui n’existent pas, les questions liées à l’intégration européenne même si celle ci est totalement en panne actuellement, etc« .

Ces 100 questions aux réponses forcément courtes et non exhaustives, sont là pour décrypter simplement les enjeux des Balkans d’aujourd’hui, en comprendre l’importance pour l’ensemble de l’Europe, et ainsi pourquoi pas donner aux lecteurs d’aller plus loin dans leur découverte des Balkans.

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Table ronde sur la ville de Prishtina au Kosovo
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SEM Medhi Halimi, Ambassadeur du Kosovo en France

Nous pouvons également citer les Editions des Syrtes dont la dernière sortie est un succès, « Rhapsodie Balkanique« , de l’autrice bulgare Maria Kassimova, mais aussi Zdenka Štimac dont les « Editions Franco Slovènes & cie » fêtent ses dix ans cette année et qui honore toujours le salon de sa présence année après année.

Entre ses nombreux stands éditeurs, sa librairie, ses rencontres et ses tables rondes aux sujets divers et variés, sa mise en avant des écoles de langues (bulgare et turque), le Salon du Livre des Balkans a une nouvelle fois permis de dresser un très beau panorama de la création littéraire et de l’actualité liée aux Balkans.

Nous tenons à remercier l’équipe du Salon pour l’accueil et sa confiance renouvelée, ainsi que les auteurs et éditeurs qui ont répondu à nos questions.

Classé sous :Arts & Littérature, Actus, Uncategorized Balisé avec :balkans

janvier 12, 2022 by QuentinprodPhotos

Comme beaucoup d’événements culturels, le Salon du Livre des Balkans, organisé à Paris, avait été malheureusement annulé en 2021.
Mais il est de retour les 11 et 12 février 2022 pour notre plus grand bonheur, avec un programme conséquent pour fêter sa dixième édition !

Les passionnés des Balkans ont rendez vous les 11 et 12 février prochains à l’INALCO (Paris 13ème) pour une dixième édition – gratuite – où seront proposés rencontres littéraires, projections, débats, tables rondes ou encore dédicaces d’auteurs.
Entre chacun de ces temps forts, vous pourrez déambuler entre les stands des différents libraires et éditeurs invités afin de découvrir leurs très nombreuses références sur les Balkans dans tous les domaines (romans, histoire, géopolitique etc).

Découvrez le programme complet, avec quelques surprises qui pourraient s’ajouter :

Vendredi 11 février

Tresor national

16h – Ouverture du salon, avec inauguration de l’exposition d’affiches et photographies retraçant les dix ans du salon

16h30 – Rencontre « Trois Villes Trois Epoques », avec :
– Ylljet Alicka pour « Métamorphose d’une capitale »
– Ivan Nielsen pour « Les carnets de Salonique »
– Sedef Ecer pour « Trésor national »

17h30 – Projection du film documentaire « Do you got out » de Ines Jokos (croate sous titré anglais). Lauréat du festival SEE à Paris en 2021

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18h – Rencontre sur la littérature croate contemporaine, avec la traductrice Chloé Billon, autour des ouvrages de Dubravka Ugresic, Bekim Sejranovic, Olja Savicevic et Robert Perisic.
Dialogue avec Marie Vrinat Nikolov, enseignante à l’Inalco

19h – Table ronde « De l’Histoire à la fiction », avec
– Timothée Demeillers pour « Demain la brume »
– Jeton Neziraj pour « Vol au dessus du théâtre du Kosovo – Spectacle pour 4 acteurs»
– Florina Illis pour « Le livre des nombres »
– Nedim Gursel pour « Balcon sur la Méditerranée, cet hiver à Sarajevo»
Echanges modérés par Bernard Lory, historien et enseignant à l’INALCO

Le ministere de la douleur

21h – Présentation du livre d’Adrien Selbert « Les bords réels », consacré à la Bosnie d’aujourd’hui 25 ans après la fin de la guerre, et projection des photographies issues du livre. Ce livre fait partie de la sélection des 10 livres remarqués par le Prix Nadar 2021.
Echange animé par Pascal Hamon, directeur du Salon

Samedi 12 février

10h – Ouverture au public

11h – Rencontre avec le thème « Comment parler de l’actualité littéraire balkanique ? », avec Jean Paul Champseix, Timur Muhidine et Nicolas Trifon. Animé par Ornela Thodoroshi

13h – Rencontre autour des Fables de La Fontaine, d’Esope et du bulgare Stojan Mihajlovski, avec les élèves de l’Ecole de langue bulgare « Cyrille & Méthode », de l’Ecole de langue turque « De la Seine au Bosphore » et de l’Ecole Grecque de Châtenay Malabry.

15h – Conférence débat « La liberté de la presse dans les Balkans », avec les directeurs des septs éditions internationales du Monde Diplomatique présents dans les Balkans (Albanie, Bulgarie, Grèce, Kosovo, Macédoine du Nord, Serbie, Turquie).
Echange animé par Anne Cécile Robert, directrice des éditions internationales du Monde Diplomatique.

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16h30 – Table ronde « Importance et fragilités des communautés juives dans les Balkans », avec
– Odette Varon Vassard pour « Des Sépharades aux juifs grecs »
– Nadège Ragaru pour « Et les juifs bulgares furent sauvés, une histoire des savoirs sur la Shoah en Bulgarie »
– François Azar et Gazmen Toska (Musée Juif de Berat, Albanie) pour « Les lumières de Sarajevo » de Moïse Abinun.

18h – Séance de dédicaces avec les auteurs présents

18h30 – Concert de clôture avec la chanteuse Gulay Hacer Toruk pour fêter les 10 ans du Salon

Sans oublier la remise du Prix du Salon !

Hajde est partenaire du Salon du Livre des Balkans et sera présent sur place

Rendez vous à l’INALCO
Vendredi 11 et samedi 12 février 2022
65 Rue des Grands Moulins
75013 Paris

Entrée gratuite

Pour plus d’informations : livredesbalkans@gmail.com, facebook

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Classé sous :General, Actus, Arts & Littérature Balisé avec :balkans, paris, salon du livre

août 19, 2017 by Jerome Cid

À l’occasion de notre venue au festival Routes dimanche 20 août, nous revenons sur les deux dernières années de crise des réfugiés en Serbie. Aujourd’hui, nous re-publions un article d’avril 2016, écrit par Jérôme Cid suite à l’un de ses voyages à Subotica, à la frontière Serbo-Hongroise.

Avril 2015, c’était il y a un an. Je me rappelle ce voyage de Belgrade à Subotica, la dernière ville avant la frontière hongroise. Le bus est plein. En plus des voyageurs habituels — majoritairement des étudiants serbes rentrant à la maison pour le weekend — un tiers des passagers vient de bien plus loin : Syrie, Irak, Afghanistan, etc. Il s’agit de réfugiés qui se dirigent vers la Hongrie après avoir voyagé depuis les côtes grecques via ce qui sera bientôt appelé la route des Balkans.

Une fois arrivés à Subotica, la majorité des réfugiés se dirige vers la file de taxis qui attend à proximité, et disparaît rapidement alors que les voitures s’effacent dans la nuit, en direction de la frontière.

Kelebija (sur la frontière même), le jour suivant : un sentiment de bout du monde. La zone est plate. Alors que je dépasse les dernières maisons du village, je suis entouré de moins en moins d’arbres, et de plus en plus de poussières et de ruines d’il y a plus de 100 ans, du temps où la frontière n’existait pas. À quelques centaines de mètre de la, un mirador Serbe surveille les environs depuis l’époque de la guerre froide.

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Mirador serbe sur la frontière Serbo-Hongroise, Kelebija, avril 2015

Tout à coup, j’entends un bruit : à 200m de moi, j’aperçois un groupe de six à huit réfugiés sur le point d’entrer en Hongrie, loin du poste frontière légal, J’observe le mirador, où je peux voir des policiers serbes : pas une seule réaction, et les réfugiés disparaissent rapidement dans la forêt hongroise. Ils sont désormais loin.

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Réfugiés s’apprêtant à passer la frontière serbo-hongroise à Kelebija, avril 2015

Avril 2016, je suis de retour à Subotica. Officiellement, la frontière hongroise est désormais fermée (depuis septembre 2015), et la route des Balkans est désormais close (depuis février 2016). Pourtant, le bus de 19h45 que je veux prendre depuis Belgrade est plein. J’arrive finalement à obtenir l’un des derniers billets pour le car suivant. Les passagers m’y sont familiers : à nouveau ces têtes brunes et fatiguées d’hommes, femmes et enfants qui ont parcouru des centaines, des milliers de kilomètres, et qui se rendent vers la Hongrie. Alors que nous arrivons à la gare routière de Subotica, les mêmes taxis sont ici pour les transporter vers la nuit, alors que d’autres réfugiés se dirigent vers le sud de la ville. Très rapidement, ils se transforment en ombres, et disparaissent.

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Réfugiés marchant à proximité de la gare routière de Subotica, mars 2016 (Photo prise depuis un téléphone, ce qui explique la mauvaise qualité)
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Réfugiés dans un bus entre Subotica et Horgoš, mars 2016

Kelebija, le jour suivant. Un an plus tard, l’atmosphère est la même : les arbres, les ruines et le sable sont toujours là. Cette fois-ci, par contre, le lieu est réellement devenu le bout du monde, en tout au moins le bout du chemin, vu que le gouvernement hongrois a désormais construit un mur pour empêcher les réfugiés de passer. Plus aucun policier du côté serbe, mais je m’aperçois que la police hongroise suit mes faits et gestes de l’autre côté de la clôture.

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La zone frontière (matérialisée par le poteau en bois et la borne frontière blanche) sur la frontière serbo-hongroise à Kelebija, avril 2015
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Le même endroit un an plus tard, avec une clôture en plus !

Un an plus tard, de Subotica à Subotica, le silence est de retour, Durant quelques mois, la crise des réfugiés a fait la une des journaux. Mais depuis, l’Europe a résolu le problème : les frontières sont closes, et les réfugiés sont désormais renvoyés en Turquie…

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La zone frontière vue depuis les dernières maisons de Kelebija, avril 2015
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La même zone un an plus tard, avec une clôture qui est apparue ! mars 2016

Et pourtant, les demandeurs d’asile sont toujours à proximité de la frontière. Ils essayent encore et encore de passer ce mur, et certains y arrivent. Les hongrois autorisent en effet un nombre très restreint à pénétrer leur territoire chaque jour, comme l’a observé Human Rights Watch. Les autres trouvent toujours un moyen de passer… illégalement.

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Réfugiés irakiens attendant à la gare routière de Subotica, mars 2016

Les frontières sont fermées, mais les gens passent. La route des Balkans est coupée, mais les gens la prennent. L’Europe a trouvé une solution, mais la situation n’a pas changé. Cette énergie, cette peur, cette haine contre les réfugiés, mais ils continuent de voyager. Derrière tout ça, l’illusion européenne s’écroule : aucune frontière ne stoppera la crise.

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Policiers hongrois m’observant depuis l’autre côté de la frontière serbo-hongroise à Kelebija, mars 2016

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août 18, 2017 by Jerome Cid

Deux ans après le début de la crise des réfugiés, qu’en est-il ? Pour sa deuxième édition, le festival Routes, à Belgrade, va tenter d’apporter une réponse, tout en remettant sous les projecteurs une crise que beaucoup croient terminée.

festival routes blegrade 2017 refugies

Organisé cette année conjointement par Refugee Aid Serbia (une ONG fournissant aide et assistance aux réfugiés en Serbie) et le projet Odyssey (une ONG axant son travail sur la couverture médiatique de la crise), le festival aura lieu à Belgrade le dimanche 20 août, à partir de 12h, à Dorćol Platz.

La journée sera l’occasion de présenter les questions liées à la crise des réfugiés sous différents aspects, se succèderont ainsi la projection d’un documentaire (avec la participation de Vice Magazine), des expositions photos, des débats, mais aussi des démonstrations de chants et dances traditionnels des Balkans et du Moyen Orient. Notre correspondant pour la Serbie, Jérôme Cid, exposera d’ailleurs ses clichés et fera partie du panel de discussion sur la couverture médiatique de la crise des réfugiés.

Ce sera pour nous aussi l’occasion de revenir sur cette crise, ne manquez donc pas nos prochains articles.

Pour plus d’infos, rendez-vous sur la page du festival

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avril 27, 2017 by Jerome Cid

C’est officiel, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux candidats qualifiés pour le second tour des élections présidentielles en France, avec respectivement 23,75% et 21,53% des suffrages. Pour la première fois, ni le Parti Socialiste, ni le parti des Républicains, les deux partis traditionnels français, n’ont passé l’épreuve du premier tour. « Résultat historique », « nouvelle preuve de la montée du populisme en Europe », « démonstration du ras-le-bol quant aux termes ‘gauche’ et ‘droite’ »… En France, les commentaires et les analyses de cette première étape de l’élection ne manquent pas. Mais qu’en disent nos pays d’Europe orientale, du Nord et des Balkans ? Faisons ensemble un tour des différentes réactions.

Lituanie

« Le futur de l’Europe dépend de l’élection présidentielle en France »

Pour Linas Linkevicius, le Ministre des Affaires Etrangères lituanien, une Europe forte et consolidée est ce dont la Lituanie a besoin, et tout va dépendre du choix que feront les français le 7 mai prochain. « Nous félicitons les finalistes et leur souhaitons bonne chance, en espérant que le peuple français fasse le bon choix, d’autant plus qu’ils ne font pas qu’élire un Président pour la France mais aussi un chef d’Etat essentiel pour toute l’Europe », a-t-il déclaré au lendemain du premier tour.

Linkevicius fait le lien entre les présidentielles françaises et les élections parlementaires de mars dernier aux Pays-Bas, rappelant que, pour lui, « ce n’est pas une grande victoire, au contraire, cela devrait nous calmer, on devrait y penser ».

Pour la Présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitė, le résultat de cette élection importe peu. En effet, au contraire de Linas Linkevicius qui est plutôt inquiet, celle-ci a déclaré continuer a travailler conjointement avec la France, peu importe le candidat qui sera élu.

Charlyne Thiery

Roumanie

Etonnement et soulagement après la qualification de l’ « ovni » Macron

La campagne française et ses rebondissements ont été très suivis en Roumanie, et les résultats abondamment commentés. La presse roumaine a beaucoup insisté sur le contexte délétère dans lequel elle s’est déroulée, entre affaires judiciaires et menace terroriste, et sur l’eurosceptiscisme et le populisme supposés de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Les débats sur la place de la France en Europe et sur l’immigration qui ont monopolisé la campagne ont été observés avec inquiétude dans ce pays très europhile qui voit émigrer une importante partie de sa population vers l’Europe occidentale.

Le passage au second tour de Marine le Pen et d’Emmanuel Macron est qualifiée par les médias roumains de « duel des antisystèmes », et la probable victoire d’Emmanuel Macron les rassure : ils rappellent ainsi qu’il était le seul candidat principal à défendre sans ambiguité le projet européen. Il est souvent qualifié d’ « ovni politique », tant son jeune âge, son manque d’expérience politique et son projet « ni de droite ni de gauche » paraissent ici incongrus.

Par ailleurs, un intérêt particulier est accordé à la défaite de François Fillon. Un journaliste de la chaîne d’informations Digi24 fait ainsi une comparaison entre le candidat des Républicains et le chef du PSD (parti social démocrate) Liviu Dragnea : il souligne que tous deux se sont obstinés à atteindre le pouvoir malgré leurs déboires judiciaires et l’opposition de l’opinion publique, et que tous deux ont échoué. Selon lui, l’élection présidentielle française est une leçon que la Roumanie doit retenir ; alors que François Fillon est définitivement éliminé de la vie politique, ses alter ego roumains tiennent les rênes du pouvoir par manque de garde-fous judiciaires et politiques.

Ninnog Louis

Serbie

L’intégration européenne et la « perversion »

Une fois passée la surprise de ne pas voir les deux partis traditionnels accéder au second tour, les analystes se sont centrés sur la question de l’Europe, qui est probablement l’un des points centraux des débats et clivages politiques en Serbie. La plupart ont donc souligné le fossé qui existe entre les deux visions du futur de l’UE et de la place que doit y occuper la France. « Le choc de deux visions de l’Europe » titre ainsi Politika, qui présente les principaux points des deux programmes sur la question. D’autres journaux, par exemple le quotidien Danas, vont plus loin dans l’analyse, en se montrant pessimistes quant à l’avenir de l’Union : si Macron a de fortes chances de gagner le scrutin, le projet européen pourrait malgré tout être mis en danger par le mécontentement croissant de l’opinion publique concernée. Cette analyse est d’ailleurs en partie reprise par l’hebdomadaire Nedeljnik pour expliquer la montée du FN dans son article titré « Comment comprendre le phénomène Marine le Pen » : l’arrivée de l’extrême droite au second tour, commente le journal, provient en partie de l’échec de Bruxelles de protéger ses populations, du fait de politiques néolibérales.

Les tabloïds, eux, se sont intéressés à la situation d’un angle tout à fait différent, en s’intéressant à Brigitte Trogneux. Blic consacre ainsi un article entier à la différence d’âge entre le candidat et sa conjointe alors que Kurir établit des liens entre le fait que Brigitte et Emmanuel se sont rencontrés à Amiens et la visite surprise de Marine le Pen dans la ville. Enfin, le titre le plus incongru, et probablement le plus choquant, provient d’Informer, le journal le plus vendu en Serbie, connu pour sa ligne éditoriale pro-russe. Il s’attarde sur le couple Macron, qualifiant Brigitte Trogneux de « grand mère », prêtant à Emmanuel des relations homosexuelles, tout en parlant de la situation comme d’une « perversion ». Il est à noter que le journal est familier de ce genre d’attaques, et qu’il a violé le code d’éthique journalistique en moyenne 120 fois par mois en 2016, selon l’association serbe des journalistes indépendants…

informer serbie macron 2017
« Perversion, le futur président français : un gay marié à une mamie ?! » titre le tabloïd Serbe pro-russe Informer le 25 avril 2017

Jérôme Cid

Turquie

Le « centriste pro-européen » Macron contre la « leader anti-immigration » Le Pen

Voilà comment le Hürriyet Daily News définit le résultat du premier tour des élections présidentielles françaises. Pour TRT, média turc, la campagne pour le deuxième tour « a commencé dès lundi entre la dirigeante d’extrême droite anti-Europe et anti-mondialisation et l’ancien ministre de l’Economie pro-européen, novice en politique, jamais élu, sans parti ». « Macron, l’avocat de la liberté de circulation et du libre-échange » apparait dans les médias turcs comme un ovnis face à une Marine Le Pen dangereuse aux portes du pouvoir.


Ce résultat est, pour Hürriyet, un « choc pour les classes politiques traditionnelles ». « Ils [Macron et Le Pen] ont fait campagne comme des rebelles, transcendant la division gauche-droite ». Au coeur d’une France clairement divisée, le candidat d’En Marche ! apparait, depuis la Turquie, où la majorité des électeurs ont d’ailleurs voté pour lui (avec seulement 4% de voies données à la candidate du Front Nationale) comme le favoris. « Macron est clairement favoris pour devenir le plus jeune Président français » commente le Daily Sabah.

« L’élection française peut marquer un tournant décisif pour la France et l’Europe », rappelle Holger Schmieding de la banque Berenberg, cité par Hürriyet Daily News. Et au journal de rappeler que la présidente du FN suit les traces de son père, Jean-Marie, qui s’est lui aussi retrouvé au second tour des élections présidentielles en 2002. Quant aux autres candidats présents au premier tour, peu ou pas de mots à leur égard, si ce n’est quelques rappels quant aux scandales liés à François Fillon.

« Ce sera ‘les patriotes’ contre ‘les nationalistes’ » explique le Daily Sabah, qui continue en notant que premier tour a été vécu comme « une montagne russe » dans une France « déprimée » suite à une vague d’attentats, le dernier ayant eu lieu à quelques jours de l’élection.

Charlyne Thiery

Photo de couverture :

‘Affiches de campagne des deux finalistes de l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron et Marine Le Pen‘ REUTERS / Eric Gaillard

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mars 29, 2017 by Jerome Cid

Hier, nous avons vu ensemble qui était Aleksandar Vucic, le grand favori des élections présidentielles en Serbie de 2017. Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur les autres candidats et sur l’ambiance de la campagne.

Disposant d’une très nette majorité au parlement (48% des sièges, chose qui n’avait pas été vue en Serbie depuis la fin du communisme, y compris durant la période Miloševic), et d’une forte popularité, Vucic partait déjà avec une très nette longueur d’avance. La division de l’opposition, associée à une campagne violente dans les médias en sa faveur, va asseoir sa position de leader du scrutin.

L’opposition : des nationalistes radicaux, des pro-occidentaux divisés, et un humoriste

N’arrivant pas à se relever du séisme de la défaite de 2012, le Parti Démocratique (DS), qui incarnait jusqu’alors la principale force clairement pro-occidentale dans le pays, a échoué à se présenter comme une force d’opposition capable de rassembler. Au final, le DS ne propose même pas de candidat. Il apporte finalement son soutien à un candidat issu de la société civile, Saša Janković, ancien ombudsman (défenseur des droits) de la république de Serbie et supporté par 20 partis et mouvements (incluant Ne Coulons pas Belgrade, dont nous avions déjà parlé). En parallèle, l’ancien ministre des affaires étrangères de Serbie et ancien président de l’assemblée générale de l’ONU, lui-même ex-membre du DS, Vuk Jeremic, se présente, incarnant lui aussi une partie de l’opposition pro-occidentale.

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    Vuk Jeremic lors d’un meeting à Belgrade – Mars 2017 – Crédit photo : J.Cid
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    Sasa jankovic lors d’un meeting à Belgrade – Mars 2017 – Crédit photo : J.Cid

Du côté des nationalistes radicaux, on assiste au retour de Vojislav Šešelj, le leader historique du SRS, détenu pendant plusieurs années à la Haye puis libéré en 2014. Il se présente sur la base de son programme, là aussi historique, prônant une rupture nette face à l’Union Européenne, et en faveur du développement de la grande Serbie.

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Vojislav Seselj donnant un discours à Vrsac en 2016 – Crédit : J.Cid

Un dernier candidat est venu cependant créer la surprise. Ljubiša Preletačević Beli : un humoriste ayant créé localement l’année dernière un parti satirique dans la banlieue de Belgrade, le SPN (Sarmu Probo nisi – tu n’as pas goûté les Sarma – une spécialité balkanique de chou farci). Ayant d’abord annoncé sa candidature sous forme de blague, il a finalement réussi à réunir suffisamment de parrainages pour se présenter. L’un des derniers sondages le créditerait de 11% des suffrages, le plaçant en tête de l’opposition.

On dénombre donc au total 11 candidats, les candidats restants n’étant pas crédités de plus de 5% des voix.

L’air délétère de la campagne

Malgré la très nette marge d’avance dont Vucic bénéficie depuis le début de la campagne, cette dernière se déroule dans un climat laissant peu de place à l’opposition.

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Répartition du temps d’audience sur les télévisions nationales serbes consacré aux candidats entre le 2 mars et le 22 mars 2017 – Données : CEM (Centar za Elektronske Medije i Komunikacije

Vucic dispose en effet d’une grande visibilité dans la presse. Il totalise par exemple plus d’heures d’apparition à la télévision que l’ensemble des autres candidats.

informer jankovic
Une du tabloid informer du 23/02/2017, reprenant en titre une interview avec Šešelj accusant Jankovic d’espionnage et de meurtre

Au-delà de ce temps de parole, le traitement des partis d’opposition par les médias se fait à leur défaveur. Les principaux journaux du pays, dont les propriétaires sont réputés proches du pouvoir, à l’instar du tabloïd Informer, ont en effet relayé de nombreuses accusations infondées. Il vont parfois même jusqu’à faire porter à Jankovic la responsabilité du suicide de l’un de ses amis en 1993, ou à affirmer que Vuk Jeremic était à la tête d’un réseau mafieux. Les accusations atteignirent leur paroxysme la semaine dernière, lorsque Milenko Jovanov, vice-président du SNS, a affirmé publiquement que Natasa Jeremic, la femme de Vuk, était à la tête du marché serbe de la drogue, affirmation finalement démentie par le Parti Progressiste.

Au-delà de cette situation médiatique, l’opposition est, elle aussi, paradoxalement impliquée dans la promotion de Vucic, la campagne tournant majoritairement autour de lui. Au final, la communication des candidats de l’opposition se limite essentiellement à la critique du bilan du premier ministre, à laquelle ce dernier répond en se présentant comme victime d’attaques de l’ensemble de la classe politique. L’expression « sam protiv svih » (seul contre tous) est devenue ainsi récurante lors de ses prises de parole. Certains rappels à l’ordre faits à l’opposition – comme par exemple celui du 25 mars de la commission électorale à l’encontre de Vuk Jeremic concernant l’utilisation non consentie de l’image de Vucic dans sa communication – viennent d’ailleurs confirmer le premier ministre dans sa rhétorique.

Opposition morcelée, part belle au SNS dans la campagne : face à une telle situation, rien ne semble donc s’opposer à la promotion du bilan de Vucic et de son projet. Que faut-il en retenir, et quels enjeux sont à prévoir au lendemain de cette élection présidentielle en Serbie ? 

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