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avril 10, 2017 by Jerome Cid

Une route droite, sur plus de 10 km. De la brume qui réduit notre champ de vision. Pas de doute, nous sommes en Voivodine, cette région du nord de la Serbie, alors que les températures se réchauffent. L’occasion de visiter la Slaninijada de Kačarevo, un festival dédié à la charcuterie. Bienvenue dans le monde de la Serbie rurale, à la fois joyeux, mais aux perspectives sombres.

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Classé sous :Serbie, Lifestyle, Société Balisé avec :Charcuterie, Festival, Kacarevo, Serbie, Slaninijada, Voivoidine

avril 2, 2017 by Jerome Cid

Aujourd’hui a eu lieu le premier tour des élections présidentielles serbes. L’occasion pour notre équipe de revenir sur les favoris du scrutin, ainsi que les enjeux.

vucic poster novi sad

1/3: Qui est Aleksandar Vucic ?

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2/3 : les candidats : Vucic et les autres

vucic russia protest president 2017

3/3 : Quels enjeux

manifestation contre vucic president belgrade serbie

4/3 : Elections en Serbie… Le jour d’après

Classé sous :Serbie, Actus, Société Balisé avec :2017, aleksandar vucic, biographie, campagne electorale, Election Présidentielle, elections, elections presidentielles en serbie, jankovic, jeremic, premier ministre, president, president serbe, presidentielles, qui est vucic, serbe, Serbie, vucic

avril 1, 2017 by Jerome Cid

Comme nous l’avons vu dans les deux parties précédentes, les élections présidentielles serbes tournent en fait autour d’un seul homme, Aleksandar Vucic, l’actuel premier ministre. Parts d’audience, discours de l’opposition, sondages, il n’y en a que pour lui. Mais, au fait, pourquoi une telle situation ? Pourquoi une telle popularité ? Et surtout, quels sont les enjeux de cette élection ?

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Classé sous :Serbie, Actus, Société Balisé avec :2017, aleksandar vucic, democratie, Election Présidentielle, elections presidentielles en serbie, jankovic, jeremic, politique serbe, president, sasa jankovic, serbe, Serbie, vucic, vuk jeremic

mars 29, 2017 by Jerome Cid

Hier, nous avons vu ensemble qui était Aleksandar Vucic, le grand favori des élections présidentielles en Serbie de 2017. Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur les autres candidats et sur l’ambiance de la campagne.

Disposant d’une très nette majorité au parlement (48% des sièges, chose qui n’avait pas été vue en Serbie depuis la fin du communisme, y compris durant la période Miloševic), et d’une forte popularité, Vucic partait déjà avec une très nette longueur d’avance. La division de l’opposition, associée à une campagne violente dans les médias en sa faveur, va asseoir sa position de leader du scrutin.

L’opposition : des nationalistes radicaux, des pro-occidentaux divisés, et un humoriste

N’arrivant pas à se relever du séisme de la défaite de 2012, le Parti Démocratique (DS), qui incarnait jusqu’alors la principale force clairement pro-occidentale dans le pays, a échoué à se présenter comme une force d’opposition capable de rassembler. Au final, le DS ne propose même pas de candidat. Il apporte finalement son soutien à un candidat issu de la société civile, Saša Janković, ancien ombudsman (défenseur des droits) de la république de Serbie et supporté par 20 partis et mouvements (incluant Ne Coulons pas Belgrade, dont nous avions déjà parlé). En parallèle, l’ancien ministre des affaires étrangères de Serbie et ancien président de l’assemblée générale de l’ONU, lui-même ex-membre du DS, Vuk Jeremic, se présente, incarnant lui aussi une partie de l’opposition pro-occidentale.

  • jeremic meeting presidentielles 2017
    Vuk Jeremic lors d’un meeting à Belgrade – Mars 2017 – Crédit photo : J.Cid
  • jankovic savamala meeting presidentielles serbie 2017
    Sasa jankovic lors d’un meeting à Belgrade – Mars 2017 – Crédit photo : J.Cid

Du côté des nationalistes radicaux, on assiste au retour de Vojislav Šešelj, le leader historique du SRS, détenu pendant plusieurs années à la Haye puis libéré en 2014. Il se présente sur la base de son programme, là aussi historique, prônant une rupture nette face à l’Union Européenne, et en faveur du développement de la grande Serbie.

seselj meeting elections serbie
Vojislav Seselj donnant un discours à Vrsac en 2016 – Crédit : J.Cid

Un dernier candidat est venu cependant créer la surprise. Ljubiša Preletačević Beli : un humoriste ayant créé localement l’année dernière un parti satirique dans la banlieue de Belgrade, le SPN (Sarmu Probo nisi – tu n’as pas goûté les Sarma – une spécialité balkanique de chou farci). Ayant d’abord annoncé sa candidature sous forme de blague, il a finalement réussi à réunir suffisamment de parrainages pour se présenter. L’un des derniers sondages le créditerait de 11% des suffrages, le plaçant en tête de l’opposition.

On dénombre donc au total 11 candidats, les candidats restants n’étant pas crédités de plus de 5% des voix.

L’air délétère de la campagne

Malgré la très nette marge d’avance dont Vucic bénéficie depuis le début de la campagne, cette dernière se déroule dans un climat laissant peu de place à l’opposition.

audience candidats presidentielles serbie 2017
Répartition du temps d’audience sur les télévisions nationales serbes consacré aux candidats entre le 2 mars et le 22 mars 2017 – Données : CEM (Centar za Elektronske Medije i Komunikacije

Vucic dispose en effet d’une grande visibilité dans la presse. Il totalise par exemple plus d’heures d’apparition à la télévision que l’ensemble des autres candidats.

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Une du tabloid informer du 23/02/2017, reprenant en titre une interview avec Šešelj accusant Jankovic d’espionnage et de meurtre

Au-delà de ce temps de parole, le traitement des partis d’opposition par les médias se fait à leur défaveur. Les principaux journaux du pays, dont les propriétaires sont réputés proches du pouvoir, à l’instar du tabloïd Informer, ont en effet relayé de nombreuses accusations infondées. Il vont parfois même jusqu’à faire porter à Jankovic la responsabilité du suicide de l’un de ses amis en 1993, ou à affirmer que Vuk Jeremic était à la tête d’un réseau mafieux. Les accusations atteignirent leur paroxysme la semaine dernière, lorsque Milenko Jovanov, vice-président du SNS, a affirmé publiquement que Natasa Jeremic, la femme de Vuk, était à la tête du marché serbe de la drogue, affirmation finalement démentie par le Parti Progressiste.

Au-delà de cette situation médiatique, l’opposition est, elle aussi, paradoxalement impliquée dans la promotion de Vucic, la campagne tournant majoritairement autour de lui. Au final, la communication des candidats de l’opposition se limite essentiellement à la critique du bilan du premier ministre, à laquelle ce dernier répond en se présentant comme victime d’attaques de l’ensemble de la classe politique. L’expression « sam protiv svih » (seul contre tous) est devenue ainsi récurante lors de ses prises de parole. Certains rappels à l’ordre faits à l’opposition – comme par exemple celui du 25 mars de la commission électorale à l’encontre de Vuk Jeremic concernant l’utilisation non consentie de l’image de Vucic dans sa communication – viennent d’ailleurs confirmer le premier ministre dans sa rhétorique.

Opposition morcelée, part belle au SNS dans la campagne : face à une telle situation, rien ne semble donc s’opposer à la promotion du bilan de Vucic et de son projet. Que faut-il en retenir, et quels enjeux sont à prévoir au lendemain de cette élection présidentielle en Serbie ? 

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mars 28, 2017 by Jerome Cid

Dimanche prochain, la Serbie votera pour élire son prochain président de la république. Le premier ministre actuel, Aleksandar Vucic, est promis à une très large victoire. Les conséquences de cette potentielle victoire sont toutefois encore difficile à évaluer. L’occasion pour nous de revenir sur le principal candidat, l’actuel Premier Ministre, et grand favori des sondages.

Son image est partout : dans les médias, sur les panneaux publicitaires, dans l’esprit de tout le monde. À quelques jours du premier tour des élections, Aleksandar Vucic, le premier ministre serbe, est quasiment sûr de remporter le scrutin. Un second tour ne sera peut-être même nécessaire pour qu’il accède à la fonction suprême, dans la mesure où les sondages le créditent de 53% dès le premier tour, ce qui consoliderait sa position d’homme fort de Serbie, moins de 10 ans après la fondation de son parti, le SNS (Parti Progressiste Serbe), en octobre 2008.

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Affiches géantes de Vucic sur une façade de Novi Sad – Mars 2017 – Crédit photo : Jérôme Cid

Le jeune loup nationaliste

La carrière d’Aleksandar Vucic a pourtant commencé bien avant, en devenant, dès 1993, le plus jeune membre du parlement serbe, sous les couleurs des nationalistes du Parti Radical Serbe (SRS) dirigé par Vojislav Šešelj. Il gravira les échelons du pouvoir dans les années suivantes, atteignant le poste de ministre de l’Information de Slobodan Milošević de 1998 jusqu’à la chute de ce dernier en 2000.

Suite à la fin du régime de Miloševic, et à la perte d’influence des radicaux aux profits du Parti Démocratique (pro-occidental), Vucic se rangea dans l’opposition, retrouvant un poste de député en 2003, toujours sous les couleurs du SRS. Malgré ces défaites, il conserva une aura de leader, du fait de son jeune âge et de son ancienne fonction ministérielle, aux côtés du vice-président du SRS, Tomislav Nikolić, de facto chef du parti, Vojislav Šešelj ayant été extradé au TPY à la Haye pour répondre aux accusations de crimes de guerre.

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Nikolic (à gauche) et Vucic (à droite) lors du congrès fondateur du SNS, en 2008 – Crédit : Wikimedia Fondation/ CC BY-SA 3.0

Le tournant progressiste

Le SRS perdant de peu les présidentielles de 2008, Nikolic décide de faire sécession au SRS, et former le SNS (Srpska Napredna Stranka – Parti Progressiste Serbe). Aleksandar Vucic sera parmi les premiers à rejoindre ce nouveau parti, dont le programme est largement moins imprégné de nationalisme que le SRS, avec un objectif européen clairement annoncé.

Ce pari s’avèrera gagnant : Nikolic et le SNS battent aux présidentielles le parti démocratique en 2012, à la surprise générale. Les élections législatives qui suivent, (toujours en 2012) voient le SNS remporter le scrutin à la tête d’une large coalition. Vucic y obtient le poste de ministre de la défense. Deux ans plus tard, la coalition éclate, de nouvelles élections permettent cette fois-ci au SNS d’obtenir une nouvelle majorité, beaucoup plus large (sans être absolue). Aleksandar Vucic accède au poste de premier ministre, qu’il conservera deux ans plus tard lors de nouvelles législatives en 2016, échouant à obtenir la majorité absolue.

La candidat « imprévu » à la présidence

Les élections présidentielles se profilant pour 2017, Vucic créa à nouveau la surprise, en annonçant qu’il serait candidat, malgré la coutume qui aurait voulu que Tomislav Nikolic se présente pour renouveler son mandat. Ce dernier laissa d’ailleurs planer pendant quelques jours l’incertitude, en évoquant la possibilité de se présenter, avant finalement de laisser la place à Vucic.

Plus rien ne s’opposa alors au lancement de la campagne de Vucic.

À suivre : la campagne de 2017 – Vucic, et les autres

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janvier 25, 2017 by Jerome Cid

Frappés de plein fouet par une vague de froid depuis le début d’année, les Balkans font face à des températures très largement en dessous de la moyenne. Cet épisode, qui désorganise la région, offre cependant un spectacle qui n’avait pas été vu depuis longtemps : le Danube gelé. Rendez-vous, non pas sur les rives du Danube, mais sur le Danube gelé à Belgrade, en Serbie !

Danube gelé

Jusqu’à -20ºC la nuit, des températures qui dépassent à peine le 0 au plus chaud de la journée. Comme une bonne partie de l’Europe orientale, 2017 a réservé un début d’année plutôt froid à la Serbie.

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Comme les capitales voisines, Belgrade a dû s’adapter, non sans mal, à cette situation, qui reste inhabituelle : le dernier épisode aussi froid remonte à 2012, mais n’avait duré guère plus d’une semaine

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Le principal symbole de la situation provient certainement du Danube : les températures négatives ont en effet provoqué la formation de glace tout au long du fleuve, atteignant parfois plus d’un mètre d’épaisseur, forçant la majeure partie des pays traversés par le Danube à stopper la navigation pendant quelques jours.

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Le trafic a depuis repris, grâce à l’intervention de brise-glaces, principalement fournis par la Hongrie, la Serbie ne disposant pas des ressources nécessaires.

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Les températures restant toujours extrêmement froides, le Danube offre un spectacle inédit depuis plusieurs décennies : l’occasion unique de le fouler de ses propres pieds, comme ici à Zemun, le samedi 21 janvier :

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(toutes les photos : J.Cid)

Ces images sont parties pour rester, dans la mesure où les prévisions pour les prochains jours ne prévoient pas d’amélioration. La crainte provient maintenant de la fonte de ces glaces, et des inondations qui pourraient suivre. Le gouvernement Serbe affirme toutefois avoir la situation sous contrôle.

Classé sous :Serbie, Actus Balisé avec :Danube, gelé, hiver 2017, Serbie, Zemun

janvier 17, 2017 by Jerome Cid

Quelques jours après la tentative de Belgrade de faire rouler au Kosovo un train reliant Belgrade à Mitrovica arborant le slogan « le Kosovo est la Serbie », revenons aujourd’hui sur cette affaire, sur son origine, et sur ce qui pourrait désormais arriver. Une occasion de revenir sur la situation au nord du Kosovo.

Rappel des évènements

Annoncé en grande pompe par le gouvernement serbe, le projet prévoyait, pour une période d’essai, de faire circuler un train (made in Russia) entre Belgrade et Mitrovica. Présenté comme étant une première depuis la guerre de 1999, ce train se devait être une réponse à un besoin des populations locales, et devait, pour l’évènement, arborer une livrée spéciale indiquant en gros “le Kosovo est la Serbie”. Le train n’a finalement pas pu entrer sur le territoire du Kosovo, ayant été bloqué par les autorités kosovares à la frontière.

Depuis, la situation reste relativement confuse, Pristina criant à la provocation, alors que Belgrade affirme que les forces kosovares auraient miné la voie ferrée, ce que le gouvernement du Kosovo réfute absolument. En parallèle, Belgrade accuse désormais Pristina de mettre en danger les populations serbes du Kosovo.

Le contexte : une situation tendue au nord du Kosovo

Pour comprendre un peu plus précisément la situation, revenons sur la situation du nord du Kosovo, et des chemins de fer sur le pays.

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Carte des municipalités du nord du Kosovo Source: NordNordWest/Wikimedia/Creative Commons

Alors que la majorité de la population au Kosovo est albanaise, le nord du Kosovo (principalement toute la zone se situant au nord de la rivière Ibar) est à très forte majorité serbe. Cette situation, dès la fin de la guerre, a rendu très compliquée, voire impossible, la mise en place d’institutions contrôlées par l’administration kosovare, d’abord sous contrôle de l’ONU, puis progressivement de plus en plus autonome, jusqu’à la déclaration d’indépendance du 17 février 2008.

Malgré le retrait des troupes serbes en 1999, les administrations serbes, sous contrôle de Belgrade ont continué à opérer dans cette partie nord du Kosovo. Des services publics comme la poste ou les télécoms, jusqu’à certaines administrations comme l’état-civil, des dizaines de « structures parallèles » se sont maintenues.

La problématique ligne du nord

Venons-en aux chemins de fer : le conflit ayant interrompu le trafic ferroviaire, celui-ci fût remis en place par les troupes de l’OTAN dès la fin de 1999, avant tout pour transporter des troupes et du matériel vers le Kosovo. La gestion fut très rapidement transférée aux autorités civiles, en l’occurrence la Mission Intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), qui remirent en place une compagnie pour exploiter du trafic civil, à la fois passager et militaire, sur le territoire. Dans le cadre du retrait progressif de la communauté internationale, la compagnie fut finalement transférée aux autorités locales naissantes (en l’occurrence le gouvernement du Kosovo) en 2005.

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Troupes françaises quittant Mitrovica en train, février 2010.
Photo : J. Cid

Parmi les services proposés par les chemins de fer du Kosovo, l’un d’entre eux acquit une mission de maintien de la paix. La principale ligne du territoire, en effet, le traverse du nord au sud, de la frontière avec la Macédoine jusqu’à la frontière avec la Serbie, en passant par bon nombre de villages à majorité serbe. Il fut donc mis en place dès 2002 un système de “trains de la liberté de mouvement”, parcourant cette ligne du sud au nord, permettant ainsi aux serbes de se déplacer plus facilement à travers le Kosovo, et même au-delà, étant donné qu’une correspondance était organisée à la frontière serbe avec un train se rendant jusqu’à Belgrade.

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La gare de Mitrovica-Sud (en zone à majorité albanaise) en février 2010 Photo : J. Cid

La situation se détériora cependant en 2008. Suite à la déclaration d’indépendance du Kosovo, des manifestants serbes se rendirent au nord de Mitrovica et bloquèrent le trafic en provenance du sud de l’Ibar. Les chemins de fer du Kosovo furent contraints de suspendre le trafic. Dans les jours qui suivirent, les chemins de fer serbes mirent en place leur propre desserte au nord du Kosovo, de la frontière serbe jusqu’à la banlieue de Mitrovica (la gare de Zvečan, située à 1500m du centre de Mitrovica). Les nouveaux arrivants proposèrent d’abord une ligne directe vers Belgrade, qui fût finalement discrètement raccourcie en décembre 2009 à Kraljevo, probablement en raison du manque de fréquentation (bien qu’aucune raison officielle n’ait été donnée). La situation fut depuis lors stable, le seul évènement notable étant la construction d’une nouvelle gare pour Mitrovica dans le nord de la ville (contrôlé par les serbes), les quelques tentatives de négociations entre Pristina et Belgrade n’ayant pas abouti à ce sujet… jusqu’au train de janvier 2017.

Derrière l’incident, la symbolique

La symbolique derrière ce train est, bien entendu, assez importante, ce qui explique ce déchaînement de passion.

L’idée de faire rentrer au Kosovo un train avec une inscription comme “le Kosovo est la Serbie” peut-être aisément perçue comme une provocation pour Pristina. La manière dont Belgrade a annoncé la nouvelle puis géré ses retombées est là-aussi très symbolique.

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Le train en provenance de Belgrade en gare de Zvecan en septembre 2009
Photo : J. Cid

Comme nous avons pu le voir, cette reprise de la desserte présentée comme une première depuis la guerre, relayée par la presse serbe, et par des médias étrangers (le Figaro par exemple, ou encore le Monde), n’en est pas une : le trafic dans le nord du Kosovo a été très vite rétabli après la guerre, et la liaison directe avec Belgrade a existé pendant deux ans. Relancer cette ligne, en soi, n’avait donc rien d’un scoop. Plus encore, les accusations faites par le gouvernement serbe depuis ne sont pas non plus anodines : dénoncer un minage des voies par les autorités de Priština/Prishtina fait référence directement à l’attentat de Podujevo en 2001, lorsque des nationalistes albanais ont fait exploser un bus serbe à l’aide d’une mine télécommandée en plein Kosovo.

Aucune preuve ne vient étayer l’accusation de Belgrade quant aux mines, mais elle permet à la Serbie de déterrer de vieux et douloureux souvenirs. Plus encore, la rhétorique adoptée par Belgrade depuis cet évènement n’est clairement pas en faveur d’une détente, le président Serbe, Tomislav Nikolić, ayant tenu des propos ouvertement belliqueux : “Si des serbes sont tués, nous n’enverrons pas seulement l’armée, nous y irons tous, moi le premier, ce ne serait pas ma première fois” (voir la déclaration, en serbe).

Ces propos sont toutefois à prendre avec du recul, tant la faisabilité d’une intervention serbe au Kosovo serait rendue compliquée par la présence de troupes de l’OTAN sur le territoire. Ils viennent toutefois se joindre à un regain de tensions entre Prishtina et Belgrade depuis deux ans, les négociations entre les deux gouvernements étant désormais au point mort.

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Le train Belgrade Mitrovica en septembre 2009, dans le nord du Kosovo
Photo : J. Cid

Et maintenant, quelle suite ?

Et la réaction internationale, dans tout ça ? L’idée de Belgrade de faire circuler un tel message sur un train dans le nord du Kosovo, la zone la plus sensible d’Europe (hors espace post-soviétique) aurait dû provoquer (au minimum) quelques commentaires de la communauté internationale, très largement présente dans la region, notamment sur ses potentielles conséquences diplomatiques. Il n’en a rien été.

Belgrade, tout comme Pristina sont, au final, en train de gérer eux-mêmes la crise. Cela pourrait être un bon signe, celui d’une passation des pouvoirs après près de 20 ans de “tutelle” internationale. Force est de constater que cette transition est très loin de se faire calmement. Reste à voir maintenant quelle sera la suite des événements : la pression peut-elle désormais redescendre, ou bien l’escalade est-elle inéluctable ?

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novembre 2, 2016 by Jerome Cid

Passant très souvent au second plan lors de la couverture de la crise par les médias, les bénévoles sont pourtant une partie intégrante de l’aide aux réfugiés. Alors que la route des Balkans est désormais -officiellement- fermée, nous sommes allés au coeur de la crise des réfugiés à la rencontre des  volontaires de l’ONG North Star à Kelebija, à la frontière entre la Serbie et la Hongrie.

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octobre 26, 2016 by Jerome Cid

Cette photo du concert de jeudi dernier sur la place de la République à Belgrade nous permet aujourd’hui de revenir sur la controverse “Beograd na Vodi” (Belgrade sur l’eau) à laquelle fait face le gouvernement serbe depuis désormais près de deux ans.

Initié en 2014, et formalisé en 2015, le projet, issu d’un partenariat entre l’Etat Serbe et la firme d’Abu Dhabi Eagle Hills, vise à redynamiser la zone située entre la gare de Belgrade et le parc des expositions, sur laquelle se dressaient jusque-là essentiellement des friches industrielles. 3,5 milliards d’euros d’investissements sont donc prévus, entre appartements, bureaux, hôtels et centre commerciaux de luxe, le tout surplombé par une tour de 210 mètres de haut.

Dès qu’il a été dévoilé, Beograd na Vodi a cependant suscité de vives polémiques, que ce soit sur l’absence de concertation avec la société civile, le manque de transparence du contrat, resté pendant longtemps secret, ou encore sur son impact urbanistique. Les critiques ont redoublé en avril 2016 suite à la destruction sans autorisation en pleine nuit de plusieurs bâtiments dans le quartier de Savamala, incluant un centre d’aide aux réfugiés, par des hommes encagoulés. La mairie de Belgrade a tout d’abord nié son implication, avant que le gouvernement serbe ne reconnaisse l’implication de la municipalité.

Les manifestations contre le projet, dirigées par l’association “ne Davimo Beograd” (ne coulons pas Belgrade), se succèdent donc depuis le mois de septembre 2015, avec plus ou moins de succès (des participations allant de 500 à 10 000 personnes en fonction des dates).

Le mouvement pourrait désormais prendre un nouvel élan suite à la décision ce mois-ci de “ne Davimo Beograd” de s’associer à d’autres associations issues de la société civile pour fonder un mouvement politique. Les analystes politiques, cependant, doutent des capacités de cette nouvelle alliance à pouvoir percer sur la scène locale. Affaire à suivre.

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