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septembre 16, 2026 by QuentinprodPhotos

Pendant que l’Europe occidentale vibrait au rythme du rock progressif britannique, du punk londonien ou des premières expérimentations électroniques, une autre histoire musicale se dessinait à l’Est du continent.

Dans les pays socialistes comme dans la Yougoslavie non-alignée, les musiciens s’approprient les nouveaux langages du rock, des guitares électriques aux synthétiseurs, en les confrontant à leurs propres traditions et à leurs réalités culturelles. Selon les pays, ils évoluent dans des industries musicales étatisées, des structures semi-officielles ou des espaces plus ouverts, mais tous partagent une même ambition : dialoguer avec les courants internationaux tout en inventant une identité sonore singulière.

De cette rencontre entre influences mondiales, héritages locaux et contextes politiques spécifiques naissent des scènes d’une richesse exceptionnelle : rock progressif, jazz-rock, space disco, new wave, synth-pop, punk ou coldwave. Des groupes comme Omega, Phoenix, Bijelo Dugme, Kino ou Laibach ne se contentent pas d’imiter les modèles occidentaux : ils les transforment pour créer une modernité musicale profondément originale.

Longtemps restées en marge des récits dominants du rock européen, ces œuvres racontent pourtant une autre géographie de la création musicale. Une histoire où l’innovation ne s’écrit pas seulement à Londres, Berlin ou New York, mais aussi à Belgrade, Budapest, Prague, Riga, Tbilissi ou Bucarest.

Aujourd’hui, nous vous embarquons pour un voyage musical à travers 19 groupes et albums cultes des années 70 et 80. De la Baltique à la Mer Égée, en passant par l’Europe centrale et les Balkans, chaque escale révèle une autre facette de cette histoire du rock européen. Montez le son : l’Histoire s’écoute aussi en 33 tours.


Escale 1 : L’Odyssée Psychédélique et Progressive des Années 70

Dans les années 1970, le rock devient un terrain d’expérimentation majeur dans toute l’Europe. À l’Est, cette modernité musicale prend des formes multiples, souvent nourries à la fois par le rock occidental et les traditions locales.

YOUGOSLAVIE | Pop Mašina – Kiselina (1973)

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Un mélange lourd de hard rock et de rock psychédélique particulièrement audacieux pour l’époque. Saturations épaisses, longues improvisations et guitares jouées à l’archet composent l’un des albums les plus singuliers de l’histoire du rock balkanique.

La Yougoslavie occupait une position particulière dans l’Europe socialiste. Non aligné sur Moscou, le pays entretenait des échanges culturels importants avec l’Occident et disposait d’une scène rock particulièrement dynamique. Les disques étrangers circulaient relativement facilement, les groupes tournaient à l’étranger et les maisons de disques publiaient régulièrement des productions rock, punk ou new wave.

Cette ouverture ne signifiait pas une liberté totale. Les artistes pouvaient se heurter à des critiques politiques, à des interdictions ponctuelles ou à des pressions lorsque leurs textes abordaient des sujets sensibles. Toutefois, comparée à la plupart des pays du bloc de l’Est, la scène musicale yougoslave bénéficiait d’une marge de manœuvre exceptionnelle qui a favorisé l’émergence de certains des groupes les plus innovants d’Europe.

Aujourd’hui, ce disque est considéré comme le Saint Graal du psychédélisme balkanique, célèbre pour ses solos de guitare dantesques joués… à l’archet de violon.

Découvrir le titre « Kiselina » sur Youtube

ROUMANIE | Phoenix – Cantafabule (1975)

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De l’ethno-rock et du rock progressif d’une complexité folle, mêlant guitares lourdes, synthétiseurs primitifs et instruments traditionnels roumains.

Phoenix est le groupe le plus légendaire de Roumanie. Vivre sous le régime paranoïaque de Ceaușescu était un enfer pour les rockeurs. Pour contourner la censure qui interdisait les textes en anglais ou les messages trop subversifs, le groupe a l’idée de génie d’adapter des poèmes basés sur les bestiaires médiévaux et le folklore roumain. Mais le mythe de Phoenix s’écrit aussi dans la réalité : en 1977, les musiciens fuient illégalement la dictature communiste… cachés à l’intérieur de leurs amplis Marshall, traversant la frontière au péril de leur vie pour se réfugier en Allemagne.

Le leader emblématique du groupe, Nicu Covaci, décédé en août 2024, était passé par Paris en juin 2023 à l’occasion d’une soirée en son honneur à l’Ambassade de Roumanie, avec la projection du film documentaire PHOENIX – Povestea consacré au groupe.

Découvrir le titre « Vasiliscul și Aspida » sur Youtube

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Nicu Covaci à l’Ambassade de Roumanie en 2023 (Hajde)
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Nicu Covaci à l’Ambassade de Roumanie en 2023 (Hajde)

CROATIE (YOUGOSLAVIE) | Time – Time (1972)

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Un rock progressif élégant où se rencontrent hard rock, jazz-rock et soul. Porté par les envolées de l’orgue Hammond de Tihomir « Pop » Asanović, les longues compositions et la voix exceptionnelle de Dado Topić, l’album s’impose comme l’une des œuvres fondatrices du rock progressif yougoslave.

Fondé à Zagreb en 1971, Time réunit plusieurs musiciens déjà reconnus autour d’une ambition rare pour l’époque : produire un rock sophistiqué capable de rivaliser avec les grandes formations britanniques. Les claviers virtuoses de Tihomir « Pop » Asanović, déjà considéré comme l’un des meilleurs organistes de Yougoslavie, dialoguent avec le chant puissant de Dado Topić, donnant naissance à une musique où se croisent les influences de Deep Purple, Colosseum, Procol Harum ou encore du jazz-rock. Profitant de l’ouverture culturelle relative de la Yougoslavie, le groupe signe un premier album d’une remarquable maturité, aujourd’hui considéré comme l’un des sommets du rock progressif des Balkans.

Après l’aventure Time, les deux figures emblématiques du groupe poursuivent des carrières majeures. Tihomir « Pop » Asanović publie en 1974 Majko Zemljo, aujourd’hui considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du jazz-rock et du rock progressif de l’ex-Yougoslavie. De son côté, Dado Topić s’impose comme l’une des plus grandes voix du rock yougoslave grâce à une longue carrière solo et à de nombreuses collaborations. Tous deux sont encore aujourd’hui reconnus comme des références incontournables de la musique des Balkans.

Découvrez l’album sur Youtube

GRÈCE | Socrates Drank the Conium – Phos (1976)

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Un rock progressif et hard rock dense, fortement marqué par des influences blues et des éléments de musique traditionnelle grecque.

Plus souvent abrégé en « Socrates », le groupe occupe une place centrale dans l’émergence du rock grec des années 1970. Sur cet album, il collabore ponctuellement avec Vangelis, dont les interventions aux claviers apportent une dimension plus atmosphérique et expérimentale à certains morceaux.

Le contraste entre la guitare puissante et bluesy de Yannis Spathas et les textures synthétiques de Vangelis contribue à définir une identité sonore singulière, à la croisée du rock dur et de l’exploration progressive.

Publié dans la période qui suit la fin de la dictature des colonels (1974), l’album s’inscrit dans un moment d’ouverture culturelle où la scène rock grecque commence à s’affirmer et à structurer ses propres références, en dialogue avec les courants européens et américains.

Découvrir le titre « Starvation » sur Youtube

GÉORGIE (URSS) | VIA 75 – Orovela (1975)

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Un jazz-rock progressif aux accents psychédéliques, marqué par des arrangements de cuivres puissants, des lignes d’orgue Hammond et l’intégration de la polyphonie traditionnelle géorgienne.

Fondé à Tbilissi par Robert Bardzimashvili, VIA 75 s’inscrit dans le cadre des “VIA” (ensembles vocaux et instrumentaux), une forme institutionnelle largement répandue en URSS dans les années 1970. Ces formations, encadrées par les structures culturelles soviétiques, constituaient un espace officiel pour l’exploration de styles modernes, tout en restant compatibles avec les exigences du système culturel.

Dans ce cadre, le groupe parvient à développer un langage musical singulier en intégrant des éléments de rock progressif et de jazz-rock à un matériau traditionnel géorgien fortement valorisé par les institutions. Leur interprétation de Orovela, chant de travail traditionnel du Caucase, illustre cette synthèse : une musique où la mémoire folklorique est réarrangée à travers des codes orchestraux et électriques contemporains.

Découvrir « Orovela » sur Youtube

HONGRIE | Omega – Időrabló (1977)

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Un rock progressif futuriste mêlant riffs de guitare lourds, nappes de synthétiseurs cosmiques et atmosphères de science-fiction.

En Hongrie, le monopole d’État sur la musique est absolu à travers le label unique MHV. Pour pouvoir enregistrer ce disque, Omega a dû jouer un double jeu permanent avec le comité de censure. Le groupe a utilisé la science-fiction et le concept du « voyage dans le temps » comme une immense métaphore pour parler de la soif de liberté de la jeunesse hongroise, coincée derrière le rideau de fer. Les censeurs, un peu dépassés par les longs morceaux instrumentaux et les concepts abstraits, ont donné leur feu vert sans comprendre toute la portée subversive des textes. Pour contourner les quotas étouffants du régime, les musiciens ont dû se battre pour obtenir le droit de presser le disque.

Découvrir le titre « Time robber » sur Youtube

MACÉDOINE (YOUGOSLAVIE) | Leb i Sol (1978)

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Un jazz-rock fusion d’une virtuosité absolue, où les structures complexes du rock progressif occidental s’enlacent avec les rythmes impairs et les gammes envoûtantes du folklore traditionnel macédonien.

Dans la Yougoslavie des années 1970, les institutions culturelles encourageaient souvent la valorisation des identités régionales. Leb i Sol a su tirer parti de cet environnement pour proposer une synthèse inédite entre modernité musicale et patrimoine local. Là où d’autres groupes d’Europe de l’Est utilisaient parfois le folklore comme un refuge face à la censure, Leb i Sol en fait avant tout une matière première artistique. C’est le pari réussi de ce groupe mené par un jeune prodige de 21 ans : Vlatko Stefanovski.

Déjà monstrueux à l’époque, Stefanovski est devenu au fil des décennies l’un des plus grands virtuoses de la guitare à l’échelle européenne. Un « guitar hero » total qui continue aujourd’hui de remplir les salles du continent, croisant le fer avec des légendes mondiales de la guitare acoustique ou des orchestres philharmoniques.

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BOSNIE-HERZÉGOVINE (YOUGOSLAVIE) | Bijelo Dugme – Bitanga i princeza (1979)

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Un rock puissant et mélodique qui mêle hard rock, folk balkanique et refrains fédérateurs. Une formule qui a fait de Bijelo Dugme le plus grand phénomène populaire de l’histoire du rock yougoslave.

Fondé à Sarajevo en 1974 autour du guitariste et compositeur Goran Bregović, le groupe devient rapidement un phénomène sans précédent dans toute la fédération yougoslave, remplissant les plus grandes salles et rassemblant des publics de toutes les républiques. Porté par la voix charismatique de Željko Bebek, dont le timbre puissant devient l’une des signatures du rock balkanique, Bijelo Dugme réussit à toucher un public immense bien au-delà des frontières de la Bosnie-Herzégovine.

Avec Bitanga i princeza (1979), le groupe atteint une forme de maturité artistique : les riffs de hard rock côtoient les mélodies populaires balkaniques, les arrangements ambitieux et une écriture plus nuancée. En fusionnant modernité rock et héritage musical balkanique, le groupe contribue à créer une identité sonore proprement yougoslave. L’influence de Goran Bregović, de Željko Bebek et de Bijelo Dugme reste immense : leur musique continue aujourd’hui encore d’être considérée comme l’un des piliers du patrimoine rock des Balkans.

Après son départ du groupe en 1984, Željko Bebek poursuit une carrière solo couronnée de succès, tandis que Goran Bregović deviendra l’un des compositeurs les plus connus internationalement issus de l’ex-Yougoslavie.

Découvrir le titre « Bitanga i princeza » sur Youtube


Escale 2 : La Dissidence par le Son (Fin des années 70)

Alors que les années 70 touchent à leur fin, certains artistes refusent les compromis avec le pouvoir ou les ruses poétiques. En Tchécoslovaquie, un groupe va utiliser le bruit, le chaos et l’absurde comme des actes de résistance pure, déclenchant sans le vouloir une onde de choc politique historique.

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE | The Plastic People of the Universe – Egon Bondy’s Happy Hearts Club Banned (1978)

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Un rock expérimental sombre, brut et profondément théâtral. Fortement influencée par Frank Zappa et le Velvet Underground, leur musique est portée par un saxophone dissonant, des voix scandées et un violon électrique lancinant.

Ce groupe est à lui seul à l’origine d’un séisme politique. Totalement interdits par le régime communiste de Prague après le durcissement du pouvoir (la période dite de « normalisation »), ils continuent de jouer clandestinement et enregistrent cet album la nuit dans des châteaux isolés ou des fermes abandonnées.

En 1976, l’arrestation et le procès des membres du groupe pour « trouble à l’ordre public » provoquent l’indignation des intellectuels du pays. Pour les soutenir, Václav Havel et d’autres dissidents créent la Charte 77, le mouvement de défense des droits de l’homme qui finira par faire tomber le régime communiste lors de la Révolution de Velours en 1989. Quant aux bandes magnétiques de cet album, elles ont dû être sorties de Tchécoslovaquie en contrebande par des diplomates pour être pressées et publiées en France en 1978.

Preuve de leur héritage intact et de leur lien indéfectible avec la France, cette légende de la contre-culture (et ses différentes formations menées par les membres historiques du groupe) est revenue à plusieurs reprises à Paris pour faire vibrer la cave voûtée du Paris-Prague Jazz Club, le club intimiste niché sous le Centre Tchèque.

Découvrir le titre « Magické noci » sur Youtube


Escale 3 : Les Synthés contre la Grisaille (Années 80)

Au début des années 80, une révolution technologique traverse l’Europe. L’arrivée des boîtes à rythmes et des synthétiseurs analogiques (comme le célèbre Prophet-5) offre un nouveau langage à la jeunesse. Des clubs de Belgrade aux discothèques géantes de l’URSS, la musique électronique devient un exutoire, une fête futuriste et parfois un miroir ironique de la société.

SERBIE (YOUGOSLAVIE) | Idoli – Odbrana i poslednji dani (1982)

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Le groupe délaisse le punk de ses débuts pour des structures de morceaux complexes, truffées de textures de synthétiseurs et de mélodies à double sens.

Au début des années 1980, la Yougoslavie traverse une période d’incertitude après la mort de Tito. La scène culturelle reste cependant l’une des plus ouvertes du monde socialiste. Dans ce climat, Idoli livre un album ambitieux et profondément intellectuel, inspiré notamment par le roman du même nom de Borislav Pekić. Le groupe aborde des thèmes rarement explorés dans le rock yougoslave de l’époque : religion orthodoxe, identité culturelle, solitude urbaine ou ambiguïtés des relations humaines. Sans être un manifeste politique frontal, Odbrana i poslednji dani interroge la société yougoslave avec une finesse qui lui vaut aujourd’hui encore d’être régulièrement cité parmi les plus grands albums de l’histoire du rock balkanique.

Découvrir le titre « Retko te vidjam sa devojkama » sur Youtube

SLOVÉNIE (YOUGOSLAVIE) | Pankrti – Dolgcajt (1980)

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Un punk-rock direct, nerveux et sans fioritures, nourri par l’influence des Sex Pistols, des Clash et de toute la première vague punk britannique.

Formé à Ljubljana en 1977, Pankrti est généralement considéré comme le premier grand groupe punk du monde socialiste. Leur émergence n’aurait probablement pas été possible dans plusieurs pays du bloc de l’Est, mais la relative ouverture culturelle de la Yougoslavie permet alors l’apparition de scènes alternatives particulièrement dynamiques.

Avec Dolgcajt (« Ennui »), le groupe donne une voix à une génération qui se reconnaît de moins en moins dans les discours officiels. Les textes évoquent la monotonie du quotidien, le conformisme social et les frustrations de la jeunesse urbaine. Plus que la censure, c’est l’ironie mordante et le regard désabusé porté sur la société qui font de Pankrti l’un des symboles majeurs de la nouvelle vague yougoslave.

Découvrir le titre « Lepi in prazni » sur Youtube

LETTONIE (URSS) | Zodiac (Зодиак) – Disco Alliance (1980)

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De la Space Disco instrumentale et de la synth-pop spatiale ultra-rythmée. 

Mené par Jānis Lūsēns, alors étudiant au conservatoire de Riga en Lettonie, Zodiac crée un ovni total. Contre toute attente, le label d’État soviétique Melodiya valide le projet, fasciné par l’aspect technologique et l’absence de paroles subversives. Disco Alliance devient rapidement un phénomène dans toute l’Union soviétique et dans plusieurs pays du bloc de l’Est. Utilisé dans des émissions de télévision, des programmes consacrés à la conquête spatiale et largement diffusé dans les clubs, l’album incarne une vision singulière de la modernité soviétique : une musique tournée vers le futur, sans renoncer à l’imaginaire du progrès technologique.

Découvrir le titre « Pacific » sur Youtube


Escale 4 : Les Guitares de la Fin d’un Monde (Fin des années 80)

À la fin de la décennie, l’Europe de l’Est est sous haute tension. C’est l’époque de la Zimna Fala (la « vague froide » polonaise) et de la Perestroïka en URSS. Les synthés pop laissent place à des guitares acérées, des rythmes martiaux ou des hymnes rock fiévreux. La musique devient le haut-parleur d’une jeunesse qui sent que les murs – au sens propre comme au sens figuré – s’apprêtent à tomber.

SLOVÉNIE (YOUGOSLAVIE) | Laibach – Opus Dei (1987)

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Une musique martiale et industrielle mêlant percussions mécaniques, synthétiseurs monumentaux, chœurs grandiloquents et voix autoritaires. Une esthétique unique qui influencera durablement la scène industrielle européenne.

Fondé dans la ville industrielle de Trbovlje, Laibach développe une stratégie artistique radicale : pousser à l’extrême les symboles du pouvoir, du nationalisme et de l’autorité jusqu’à l’absurde. Le groupe brouille volontairement les frontières entre critique, provocation et performance artistique.

Rarement un groupe aura suscité autant de débats dans l’Europe socialiste. Ses affiches, ses uniformes et son iconographie provoquent régulièrement polémiques et interdictions locales. Le groupe est toujours actif aujourd’hui et poursuit une carrière internationale mêlant concerts, projets artistiques et performances multimédias, confirmant la place singulière de Laibach dans la scène industrielle et expérimentale européenne.

Découvrir « Life is life » sur Youtube

UKRAINE | Vopli Vidopliassova – Tantsi (1989)

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Un mélange explosif de Punk-Rock, de New Wave et de folklore ukrainien survolté, porté par un accordéon frénétique et des guitares saturées.

Fondé à Kiev en 1986, VV est un pilier du rock ukrainien moderne. À l’époque de la Perestroïka, ils bousculent tout sur leur passage en imposant des textes en ukrainien remplis d’humour et d’absurde. Leur premier album sous forme de cassette, Tantsi (« Danses »), devient un hymne immédiat pour toute la jeunesse de Kiev qui panse ses plaies après la tragédie de Tchernobyl.

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POLOGNE | Siekiera – Nowa Aleksandria (1986)

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Le chef-d’œuvre absolu de la coldwave polonaise. Un son sombre, martial, minimaliste et d’une profonde mélancolie, dominé par des boîtes à rythmes sèches et des lignes de basse hypnotiques. Un disque immense qui rivalise sans rougir avec Joy Division, Bauhaus ou The Cure (période Pornography).

À ses débuts, Siekiera (« La Hache ») était un groupe punk hardcore ultra-violent et brut. Contre toute attente, ils opèrent un virage radical vers cette synth-wave glaciale et clinique pour enregistrer Nowa Aleksandria. L’album capture avec une justesse effrayante le sentiment d’aliénation, d’étouffement et la chape de plomb sociale de la Pologne des années 80 sous loi martiale. C’est la bande-son d’une jeunesse désabusée mais d’une créativité absolue.

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URSS | Aria – Hero of Asphalt (Герой асфальта) (1987)

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Du Heavy Metal pur jus, épique, lourd, avec des cavalcades de double pédale et des duels de guitares survoltés. Le groupe est d’ailleurs rapidement surnommé le « Iron Maiden russe ».

Les autorités soviétiques se méfient longtemps du heavy metal occidental, régulièrement accusé de véhiculer des influences idéologiques indésirables. Dans le contexte d’ouverture progressive de la Perestroïka, le label d’État Melodiya donne son feu vert pour presser et distribuer officiellement cet album d’Aria. Le succès est rapide et considérable, propulsant Aria au rang d’icônes du métal soviétique. L’album demeure aujourd’hui l’une des références majeures du heavy metal russophone. Le groupe est toujours actif et continue de se produire régulièrement sur scène.

Découvrir le titre « Hero of asphalt – Герой асфальта«  sur Youtube

LETTONIE (URSS) | Pērkons – Mākslas Darbi (1983)

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Un rock nerveux mêlant hard rock, new wave et poésie lettone, porté par l’énergie explosive du chanteur Juris Kulakovs.

Dans la Lettonie soviétique des années 1980, Pērkons devient le symbole d’une jeunesse qui se reconnaît de moins en moins dans les discours officiels. Les autorités considèrent régulièrement le groupe comme problématique et plusieurs concerts sont interdits. En 1985, après un concert, des dégradations commises par certains spectateurs servent de prétexte à l’interdiction temporaire du groupe. Malgré ces pressions, Pērkons acquiert un statut quasi mythique et participe à l’émergence d’une conscience culturelle lettone qui jouera un rôle important dans les mouvements d’émancipation de la fin de l’URSS.

Découvrir « Balāde par gulbi » sur Youtube

SERBIE (YOUGOSLAVIE) | Ekatarina Velika – Ljubav (1987)

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Une new wave sombre et élégante, nourrie de post-punk, de rock atmosphérique et de claviers mélancoliques. Une musique à la fois intime et profondément générationnelle.

À mesure que la crise économique et politique s’aggrave en Yougoslavie durant les années 1980, EKV devient la voix d’une jeunesse urbaine désorientée. Le groupe ne pratique pas la contestation frontale mais explore les thèmes de l’aliénation, de l’amour, de la solitude et du désenchantement. Mené par Milan Mladenović, EKV est aujourd’hui considéré comme l’un des groupes les plus importants de l’histoire du rock des Balkans. Avec le recul, ses chansons apparaissent comme la bande-son d’une génération vivant les dernières années d’une Yougoslavie qui s’apprête à disparaître.

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URSS | Kino – Gruppa Krovi (1988)

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Une New Wave / Goth-rock à forte sensibilité pop, portée par des boîtes à rythmes obsédantes, des mélodies de guitare cristallines et surtout la voix de baryton magnétique et mélancolique de son leader.

Impossible de clore ce voyage sans parler de Kino, devenu le groupe le plus emblématique du rock soviétique de la fin des années 1980. Longtemps contraint à la clandestinité, le groupe voyait ses premiers albums circuler sous forme de Magnitizdat (des cassettes recopiées et distribuées de main en main sous le manteau). Sorti en 1988, Gruppa Krovi (« Groupe Sanguin ») propulse le groupe au sommet. Son leader, Viktor Tsoi, devient l’icône absolue et le visage de toute une génération de jeunes Soviétiques en quête d’émancipation, avant sa mort tragique dans un accident de voiture en 1990. Aujourd’hui encore, les mots « Tsoi est vivant » restent gravés sur les murs de nombreuses villes post-soviétiques.

Découvrir le titre « Группа крови » sur Youtube


Des décennies plus tard, que reste-t-il de ces vinyles usés, de ces cassettes recopiées à l’infini et de ces albums issus de systèmes musicaux aujourd’hui transformés ? Bien plus qu’une simple curiosité pour collectionneurs.

À l’heure du streaming et de la redécouverte des catalogues internationaux, ces œuvres témoignent de la richesse des scènes musicales d’Europe de l’Est et des Balkans. Rock progressif, jazz-rock, punk, synth-pop, coldwave ou heavy metal : ces artistes ont su s’approprier les langages musicaux de leur époque pour créer des identités sonores profondément originales.

Ces albums racontent une autre géographie du rock européen. Une histoire qui ne s’est pas seulement écrite à Londres, Paris ou New York, mais aussi à Belgrade, Prague, Riga, Sofia, Tbilissi ou Chișinău.

Mais le voyage ne s’arrête pas là. Les années 1990 vont ouvrir un nouveau chapitre, marqué par la fin des anciens systèmes, l’explosion de nouvelles scènes et des bouleversements historiques majeurs. Mais ceci est une autre histoire.

La plupart de ces albums sont aujourd’hui disponibles à l’écoute sur les plateformes officielles comme Deezer, Spotify ou Youtube.

Classé sous :Musique, Actus, General Balisé avec :grece, hongrie, lettonie, Pologne, rock, urss, yougoslavie

août 4, 2026 by QuentinprodPhotos

Figure incontournable de la scène musicale croate depuis plus de trois décennies, Marko Perković Thompson confirme avec la sortie du triple album live THOMPSON – 504 027 (Hipodrom, Live) chez Croatia Records son statut d’icône nationale — tout en réactivant les lignes de fracture qui entourent sa figure. Enregistré lors du concert géant du 5 juillet 2025 à l’hippodrome de Zagreb, l’album documente un événement d’une ampleur exceptionnelle, symbole à la fois de ferveur populaire et de polarisation persistante.

Au-delà du record d’affluence et de la dimension spectaculaire du live, Thompson apparaît ici comme ce qu’il est devenu au fil des décennies : un artiste central de l’imaginaire musical croate, capable de mobiliser des foules massives autour de son répertoire. Mais cette consécration nationale s’accompagne d’une réception beaucoup plus ambivalente à l’échelle internationale, où son œuvre et son univers restent régulièrement associés à des controverses politiques et mémorielles, faisant de chaque événement majeur le lieu d’une double lecture, entre célébration culturelle et débat idéologique.

Hipodrom Live, Thompson au sommet

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Le concert du 5 juillet 2025 a marqué un tournant par son échelle. Selon les organisateurs et Croatia Records, plus de 450 000 spectateurs auraient assisté à l’événement, tandis que plus de 500 000 billets auraient été écoulés, faisant de cette soirée le plus grand concert de l’histoire croate.

L’événement a été présenté comme l’un des plus grands concerts payants au monde, une qualification reprise dans la communication officielle autour du projet, mais qui relève toutefois davantage d’une revendication médiatique que d’une certification internationale unanimement reconnue.

Au-delà des chiffres et de la charge symbolique, Hipodrom (Live 2025) fonctionne avant tout comme un album de rock massif, pensé pour l’impact scénique. La production privilégie une esthétique directe, où guitares saturées, rythmiques martiales et refrains fédérateurs structurent un ensemble taillé pour les grandes foules. Le mixage laisse volontairement une large place au public, transformant certaines séquences en véritables chœurs collectifs, au cœur d’une dynamique qui relève autant du concert rock que du rituel partagé. Un triple album live où l’on retrouve les plus grands succès de l’icône croate le temps d’un concert fleuve de 3h absolument triomphal.

Une figure majeure de la culture croate contemporaine

Depuis les années 1990, Marko Perković Thompson occupe une place singulière dans le paysage musical croate, après avoir combattu dans l’armée croate. Révélé dans le contexte de la guerre d’indépendance et des années de recomposition nationale, notamment par son premier succès Bojna Čavoglave dans lequel il glorifie la lutte pour l’indépendance de son pays, il s’impose rapidement comme l’une des figures majeures du rock patriotique local, construisant une œuvre où se mêlent références historiques, spiritualité catholique, récits de guerre et imaginaires nationaux.

Après une dizaine d’années de pause discographique, marquée par une focalisation sur les tournées et les concerts, Thompson signe en 2025 un retour particulièrement commenté avec son huitième album studio, Hodočasnik. Dans son pays, Thompson dépasse largement le statut de chanteur : il incarne un marqueur générationnel, un vecteur de mémoire collective et une figure de continuité culturelle pour une large partie du public.

Une réception internationale profondément clivée

Hors de Croatie, l’image de Thompson est nettement plus controversée. Plusieurs de ses concerts ont été annulés ou interdits dans différents pays européens, en raison de polémiques récurrentes liées à des symboles ou références historiques associés à l’idéologie oustachie, accusations que l’artiste conteste, ainsi qu’à des lectures jugées radicales de son univers artistique. Cette tension nourrit une lecture duale de l’artiste : symbole national pour certains, figure problématique pour d’autres, inscrite dans les débats européens sur les usages politiques de la mémoire.

Cette ambivalence dépasse le cas individuel de Thompson et renvoie à une dynamique plus large dans les Balkans occidentaux : celle d’une identité post-conflit encore en construction, où culture, mémoire et politique restent étroitement entremêlées.

Une icône nationale face aux lectures européennes

Avec Hipodrom (Live 2025), Marko Perković Thompson confirme son statut d’artiste majeur de la scène croate, capable de mobiliser des foules comparables aux plus grands événements musicaux européens.

Mais ce succès massif s’accompagne d’une lecture internationale fragmentée, où l’icône nationale devient objet de controverse. Entre reconnaissance populaire et contestation politique, Thompson incarne l’une des figures culturelles les plus révélatrices des tensions mémorielles contemporaines en Europe de l’Est.

Vu depuis l’Europe occidentale, une question demeure : peut-on écouter Marko Perković Thompson comme un simple artiste de rock, ou son univers rend-il toute réception musicale indissociable d’une lecture politique ? La question dépasse largement le seul cas individuel pour toucher à un problème plus général de circulation des œuvres dans des espaces européens traversés par des mémoires historiques différentes. Là où une partie du public croate perçoit avant tout un artiste de stade, porteur d’un répertoire ancré dans la culture populaire nationale, une partie des observateurs étrangers lit immédiatement ses chansons à travers le prisme de l’histoire politique des Balkans et des symboles qui lui sont associés.

Cette dissonance produit un effet paradoxal : la musique, pensée localement comme un vecteur d’unité ou de continuité culturelle, devient à l’extérieur un objet de suspicion ou de relecture idéologique permanente. Dans ce décalage, l’écoute elle-même n’est jamais totalement neutre, et l’expérience musicale se trouve prise dans des cadres d’interprétation qui la dépassent. Reste alors une zone grise, où l’auditeur choisit — ou non — de suspendre ces lectures pour revenir à la seule dimension sonore : celle d’un rock de masse conçu pour les grandes foules, ses refrains, son énergie live et sa puissance collective.

Ce disque live est disponible à l’écoute sur les plateformes légales, mais aussi en vidéo en intégralité sur Youtube

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juillet 3, 2026 by QuentinprodPhotos

À l’occasion de la sortie récente de son album Live at Home – Zagreb 2024 avec son projet solo Jelusick, retour sur le parcours hors norme du vocaliste croate Dino Jelusić. De sa victoire historique à l’Eurovision Junior à son statut de voix incontournable du hard rock international, le musicien de 34 ans s’impose aujourd’hui comme l’une des figures les plus singulières du rock actuel.

Parmi les trajectoires issues d’Europe de l’Est, rares sont celles qui oscillent avec autant de vertige entre culture populaire locale et sommets de l’industrie musicale internationale. Pour le public croate, Dino Jelusić reste longtemps ce gamin de 11 ans qui, en 2003, offre à la Croatie sa première victoire à l’Eurovision Junior avec Ti si moja prva ljubav. Vingt ans plus tard, l’enfant star a disparu : il ne reste qu’une voix devenue l’une des plus puissantes et respectées du hard rock et du metal progressif mondial.

La sortie il y a quelques jours de son album live Live at Home – Zagreb 2024, enregistré à la Tvornica Kulture de Zagreb, agit comme une forme de catharsis. C’est le point d’orgue d’un artiste qui a dû s’exporter pour exister avant de revenir s’imposer chez lui en patron.

Du Trans-Siberian Orchestra à Whitesnake : le caméléon des géants

Si le nom de Dino Jelusić (souvent orthographié Jelusick) résonne aujourd’hui sur la scène internationale, c’est parce que plusieurs figures majeures du rock ont vu en lui un héritier vocal naturel de Ronnie James Dio ou David Coverdale. Doté d’une tessiture impressionnante et d’un registre bluesy particulièrement mature, le chanteur croate s’est imposé comme un musicien de confiance sur les scènes internationales.

En 2016, il rejoint le gigantesque projet américain Trans-Siberian Orchestra, évoluant dans des arènes de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Mais le véritable basculement intervient en 2021, lorsqu’il est intégré aux tournées de Whitesnake pour leur tournée d’adieux.

Sa voix circule également dans les sphères des supergroupes et projets internationaux. Il participe notamment à l’album solo de Michael Romeo (Symphony X), contribue à Lords of Black, intervient ponctuellement dans des configurations live des The Dead Daisies en remplaçant Glenn Hughes sur certaines prestations, ou encore collabore avec Gotus, projet de Mandy Meyer.

Plus récemment, il apparaît au sein du projet de metal progressif Whom Gods Destroy (avec Ron “Bumblefoot” Thal et Derek Sherinian), où il confirme une maîtrise technique redoutable. Formé académiquement à l’Académie de musique de l’Université de Zagreb, Dino Jelusić incarne une rare synthèse entre formation classique et puissance rock contemporaine.

JELUSICK : l’émancipation par le collectif

Mais la trajectoire internationale ne suffit pas à contenir ses ambitions artistiques. L’essentiel se joue ailleurs : dans son propre groupe, JELUSICK. Avec ce projet, il publie Follow the Blind Man en 2023 puis Apolitical Ecstasy en 2025, confirmant une volonté claire de construire une identité autonome.

Entouré de la crème des musiciens croates, Dino Jelusić ne s’est pas entouré de simples exécutants, mais d’une véritable section d’élite : le guitariste Ivan Keller et le batteur Mario Lepoglavec ont tous deux forgé leur réputation en écumant les scènes européennes au sein du groupe de tournée du bassiste Marco Mendoza (Whitesnake, Thin Lizzy, The Dead Saisies, SatchVai band), tandis que le redoutable Luka Brodaric complète cette formation à la basse. Ensemble, ils développent un hard rock massif, moderne, teinté de groove metal et d’influences grunge. Jelusick n’est plus seulement un chanteur de studio ou un vocaliste invité : il devient frontman total, chef d’orchestre d’un projet pensé pour la scène.

“Live at Home – Zagreb 2024” : le grand retour

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C’est précisément cette dimension que capture Live at Home – Zagreb 2024. Enregistré devant un public incandescent dans sa ville natale, l’album restitue la puissance brute du projet. On y retrouve l’urgence de titres comme Reign Of Vultures ou Chaos Master, mais aussi des moments de pure complicité technique, notamment lorsque son ami et complice de Whitesnake, Bumblefoot, le rejoint sur scène.

Ce live agit comme un symbole fort : celui d’un artiste issu des Balkans capable de produire un rock de standard international sans renier ses racines. Dino Jelusić continue de vivre à Zagreb, de puiser dans son environnement immédiat, tout en s’inscrivant dans un circuit mondial. La France a d’ailleurs pu en mesurer la portée en 2023, lors d’une apparition remarquée du projet Jelusick au festival Guitare en Scène à Saint-Julien-en-Genevois pour le premier passage du groupe sur le territoire français.

De l’enfant prodige de l’Eurovision Junior à Whitesnake, en passant par les supergroupes internationaux, Dino Jelusić trace une trajectoire atypique : celle d’un musicien croate devenu une voix incontournable du rock mondial.

Avec Live at Home – Zagreb 2024, il ne signe pas seulement un album live : il affirme une position. Celle d’un artiste désormais installé à la jonction entre héritage rock classique et modernité européenne — et dont la trajectoire semble encore loin d’avoir atteint son sommet.

Le concert « Live at home – Zagreb 2024 » est disponible en vidéo en intégralité sur Youtube

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juin 27, 2026 by QuentinprodPhotos

Soyons honnêtes : lorsque vous pensez à votre bande-son estivale ou aux grands classiques du rock européen, la scène balte vous vient rarement immédiatement à l’esprit. On a tort. Derrière les clichés d’Europe de l’Est se cachent des monstres sacrés du rock de stade. En tête de file ? Prāta Vētra (connu à l’international sous le nom de Brainstorm),  l’un des plus grands ambassadeurs culturels de son pays.

Si vous ne les connaissez pas encore, il est temps de réparer cette injustice et d’ajouter une touche balte à vos playlists de vacances. Portrait du groupe qui fait vibrer Riga et bien au-delà, fort d’un nouvel album live XXL sorti il y a quelques mois sur les plateformes de streaming.

Des bancs de l’école aux stades : une success story balte

L’histoire de Prāta Vētra épouse celle de la Lettonie moderne. Formé en 1989 à Jelgava par une bande de camarades de classe — dont le chanteur Renārs Kaupers —, le groupe voit le jour alors que le pays s’apprête à tourner la page soviétique. Porté par des mélodies pop éclatantes, des influences rock venues d’Europe occidentale et une mélancolie typiquement baltique, il devient au fil des années la bande-son d’une génération qui grandit avec l’indépendance retrouvée. Bien avant de remplir les plus grandes scènes du pays, Prāta Vētra incarne déjà une Lettonie jeune, ouverte sur le monde et résolument tournée vers l’avenir.

Leur consécration internationale arrive en l’an 2000 : la Lettonie participe pour la toute première fois à l’Eurovision, et Prāta Vētra décroche une mémorable 3e place avec le titre pop-rock irrésistible My Star. La machine est lancée. Le groupe accède alors aux grandes scènes internationales, croisant notamment la route de formations comme R.E.M., Depeche Mode ou les Rolling Stones. Dans le même temps, il multiplie les collaborations avec des artistes phares de la scène d’Europe de l’Est, à l’image du groupe biélorusse Bi-2, et se produit dans de nombreux pays européens. Si son cœur de public demeure concentré dans les pays baltes et l’espace post-soviétique, sa notoriété dépasse largement les frontières de la région avec des textes à la fois en letton, en anglais et en russe.

En Lettonie, Prāta Vētra n’est pas seulement un groupe de rock : c’est une institution. Ils font partie des rares formations capables de remplir des stades entiers, notamment sur la plaine de Mežaparks à Riga, où ils ont rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs lors de leurs plus grandes dates.

“Pirmās dienas tūres koncerts Mežaparkā », le live XXL à découvrir

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En mai 2025, Prāta Vētra a dévoilé son treizième album studio, Pūķa lietošanas instrukcija, qui s’accompagne notamment des singles « Pirmajā dienā » et « Gribēju būt rokstārs ».

C’est au cœur du parc forestier de la capitale, à Mežaparks — haut lieu symbolique de la culture lettone, où se tient tous les cinq ans la Fête nationale de la chanson et de la danse, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO — que s’est achevée en apothéose la tournée estivale « Pirmās dienas tūre », en août 2025. L’enregistrement de ce concert monumental est paru en novembre sur les plateformes de streaming sous le nom de Pirmās dienas tūres koncerts Mežaparkā (Live).

Capturant l’énergie brute, la nostalgie joyeuse et la communion d’un public fidèle, ce live de deux heures constitue une porte d’entrée idéale pour les nouveaux auditeurs, avec les titres les plus emblématiques du groupe, comme Tavas mājas manā azotē, Lidmašīnas, Četri krasti, Debesis iekrita tevī, Plaukstas lieluma pavasaris, Veronica…sans oublier Mana dziesma, la version lettone de leur plus gros tube en anglais Maybe.

Le groupe déroule ainsi une setlist de 27 titres qui traverse les époques sans rupture, mêlant titres récents et hymnes devenus incontournables. On y retrouve Prāta Vētra dans son élément le plus naturel : celui des grandes scènes en plein air, où chaque morceau semble pensé pour être chanté à l’unisson.

Pourquoi les glisser dans votre playlist cet été ?

Parce que le rock de Prāta Vētra a la couleur des étés baltes : une mélancolie lumineuse, une énergie solaire qui donne envie de rouler vitres baissées, et cette sensation d’espace propre aux paysages du Nord.

Même entièrement chanté en letton, ce live passe sans barrière : les refrains accrochent, les mélodies emportent, et l’intensité du concert fait le reste. Prāta Vētra rappelle surtout une chose simple : la carte du rock européen est bien plus vaste qu’on ne l’imagine — et souvent bien plus réjouissante qu’on ne s’y attend.

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Ecoutez cet album live sur Deezer ou Spotify

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janvier 6, 2026 by QuentinprodPhotos

Nous suivons les moldaves d’Alternosfera depuis de nombreuses années dans nos colonnes, au fil d’une discographie qui n’a cessé de gagner en densité et en cohérence. Des albums marquants aux concerts fédérateurs, le groupe moldave a toujours su transformer ses tensions intimes et politiques en matière rock vivante — une intensité que nous avions notamment pu mesurer sur scène en 2021, lors de leur passage remarqué au festival Electric Castle à Cluj-Napoca.

Depuis la sortie de leur précédent disque Arhitectul din Babel en 2019, qui avait confirmé sa place parmi les groupes moldaves les plus célèbres et influents, Alternosfera revient avec un septième album dense et engagé, Steaguri Fără Culori, paru le 31 décembre 2025. Entre rock alternatif tendu et regard lucide sur son époque, le groupe poursuit son exploration d’un monde en perte de repères.

Fondé à Chișinău en 1998, Alternosfera a bâti, album après album, une identité singulière : un rock alternatif tendu, porté par des textes en roumain à forte charge symbolique, où la musicalité naturelle de la langue roumaine renforce la mélodie de chaque morceau, entre introspection intime et regard critique sur la société. De Orașul 511 à Epizodia, jusqu’à Arhitectul din Babel, le groupe emmené par Marcel Bostan s’est imposé comme une voix majeure de la scène moldave et roumanophone.

Des drapeaux vidés de leur sens

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Avec Steaguri Fără Culori (« Drapeaux sans couleurs »), Alternosfera propose une réflexion sur la perte de repères, la manipulation et la banalisation de la violence symbolique. Le titre de l’album est une métaphore : lorsqu’un drapeau perd ses couleurs, il perd son sens, son identité et sa capacité à unir — un thème qui résonne puissamment à l’heure des tensions géopolitiques et des discours polarisés.

D’abord annoncé pour 2023 puis reporté à 2024 et enfin à 2025, ce nouvel album très attendu a été dévoilé avec parcimonie à travers trois singles dévoilés dès 2022 pour faire patienter les fans.


« Bonjour madame » joue sur une ironie grinçante : derrière une formule de politesse anodine, Alternosfera dénonce l’automatisme social, l’indifférence et la déshumanisation du quotidien. Un morceau efficace et piquant, qui résume bien l’art du contraste du groupe.

À l’inverse, « Imnuri de război » (« Hymnes de guerre ») s’inscrit dans une veine plus sombre et martiale. Sorti un an tout juste après le début de l’invasion russe en Ukraine, Alternosfera y dissèque les discours belliqueux, la glorification du conflit et la facilité avec laquelle les masses peuvent être entraînées par des refrains guerriers.

« Aritmii », sorti fin 2023, impose quant à lui une atmosphère sombre et tendue. Alternosfera y mêle guitares nerveuses et rythmes martelés, annonçant la gravité et la lucidité qui dominent Steaguri Fără Culori.

Entre rage et gravité

Mixé par le célèbre Adrian Bushby (lauréat de deux Grammy Awards pour son travail avec Foo Fighters et Muse), l’album alterne décharges d’énergie rock et moments plus introspectifs. Des titres comme Plângem, Clopote ou Recviem Fără Refren approfondissent les thèmes de la peur, du deuil collectif et de la désillusion, tandis que les arrangements, parfois plus amples et presque cinématographiques, élargissent la palette sonore d’Alternosfera.

Avant même sa sortie officielle, Steaguri Fără Culori circulait déjà dans les setlists dès 2025 lors de concerts promotionnels plébiscités par le public, offrant aux fans une première immersion dans ces nouvelles compositions et confirmant l’intensité du groupe sur scène.

Avec Steaguri Fără Culori, Alternosfera livre un album résolument actuel, capable de traduire les tensions et les inquiétudes de notre temps en rock intense et poignant, sans jamais perdre la dimension mélodique qui traverse tout leur univers et fait la beauté de la langue roumaine.

L’album est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de streaming ainsi que sur Youtube.

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février 10, 2025 by QuentinprodPhotos

Icônes du rock turc, le groupe Mor Ve Ötesi était de passage à Paris pour leur premier concert français de leur carrière. Un événement à ne pas rater pour les fans ! Retour en images.

Mor Ve Ötesi, ambassadeurs du rock turc

Si le monde les a découvert en 2008 lorsqu’ils ont représenté leur pays à l’Eurovision, la carrière de Mor Ve Ötesi est plus ancienne et ne se limite pas à ce seul fait d’armes. Déjà trente ans que le quatuor turc s’est formé à Istanbul autour du chanteur Harun Tekin. Leur discographie compte à ce jour plus de quinze disques, dont le dernier est sorti en 2022, « Sirenler« .

Du rock mélodique qui fait la part belle aux sonorités orientales. Mais la force du groupe est véritablement la qualité des textes souvent militants pour des causes politiques et sociales, à l’image de l’hymne anti guerre « Savaşa Hiç Gerek Yok » composée lors du soulèvement de 2003. Souvent récompensé, Mor Ve Ötesi fait aujourd’hui partie des plus importants groupes de rock de Turquie.

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Mor Ve Ötesi à Paris (Photos Hajde)

Mor Ve Ötesi pour la première fois en France

Il y a quelques jours les turcs de France ont convergé en nombre vers le Casino de Paris pour l’événement musical de l’année pour leur communauté. Depuis leur création en 1995, Mor Ve Ötesi n’avait encore jamais joué en France, et n’avait pas fait de tournée en Europe depuis de nombreuses années. Pour l’occasion le groupe s’est lancé dans une mini tournée acoustique de cinq dates : à Paris pour commencer, avant de partir pour une date en Allemagne et trois aux Pays Bas. 

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Le temps de deux sets, Mor Ve Ötesi a proposé un voyage dans les meilleurs tubes du groupe, revisités en acoustique pour mieux mettre en avant leurs textes. On y retrouve des titres comme Bir Derdim Var, Araf, Cambaz, Daha Mutlu Olaman, Sevdah Çiçeği, Oyunbozan, Küçük sevgilim, Uyan, Re ou encore Son Sabah, avec une belle mise en avant de l’album « Dünya Yalan Söylüyor » (« le monde ment ») sorti en 2004 et qui détient le record de l’album rock le plus vendu du pays…

Seul le single « Dünyaya bedel » représentera le dernier album « Sirenler » durant cette bonne heure et demie de concert, le groupe préférant davantage proposer des morceaux plus anciens repris avec ferveur par un public de tous âges. Ils termineront leur set avec le titre « Deli« , qui leur avait valu une 7ème place lors de l’Eurovision 2008 à Belgrade (Serbie).

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Un événement exceptionnel qu’il ne fallait pas rater pour les fans du groupe, et pour nous une belle immersion dans le rock turc !

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Nous remercions Mystiek Productions pour l’accréditation photos et leur accueil chaleureux !

Classé sous :Actus, Musique, Turquie Balisé avec :Mor ve ötesi, rock, Turquie

novembre 14, 2024 by QuentinprodPhotos

Le groupe Bi-2 a lancé sa nouvelle tournée européenne à Paris à l’occasion d’un sublime concert en forme de best of. Récit et photos.

Bi-2, une carrière atypique 

Formé en 1988 en Biélorussie par Leva (chant) et Shura (guitare), Би-2 (Bi-2) est l’un des groupes de langue russe les plus populaires, mais aussi l’un des plus atypiques. Car les deux leaders se sont installés en Israël dès 1991, et c’est véritablement à Jerusalem que leur groupe commence à se faire un nom avec leurs chansons en russe. En 1993 Leva s’engage dans l’Armée Israélienne tandis que Shura immigre lui en Australie. Le duo continue de travailler ensemble à distance sur des chansons tout en se consacrant à des projets musicaux locaux.

Il faut attendre 1998 pour voir sortir ce qui apparait comme le tout premier titre du groupe à être diffusé en radio « Сердце« . Le groupe revient alors en Russie pour développer la carrière du groupe et prépare la sortie de leur premier album, porté par des singles devenus des incontournables comme  « Варвара » et « Полковнику никто не пишет« . Dès lors leur carrière est lancée et les chiffres s’emballent album après album et les récompenses pleuvent.
Aujourd’hui Bi-2 totalise 11 albums studio et plusieurs albums live donc un accompagné d’un orchestre symphonique.

Mais leurs récentes prises de position contre l’invasion russe en Ukraine les as propulsé au delà de simples artistes engagés. 
Ayant condamné l’invasion russe en Ukraine, le groupe Bi-2 est désormais inscrit au registre des « agents étrangers » du régime de Moscou, subtile appellation désignant les très nombreuses personnalités opposées à Poutine, à l’image de Monetochka qui s’était produite à Paris l’an dernier. Ils ne peuvent plus se produire en Russie, et ont d’ailleurs déclaré ne plus vouloir y retourner car au delà de l’opposition politique, Leva et Shura ne voient plus de perspectives d’avenir pour leur groupe en Russie, se sachant dans le collimateur du Kremlin depuis longtemps. Certains des membres du groupe sont désormais installés en Israël en raison de leur double nationalité russe et israëlienne, d’autres ont obtenu la nationalité Moldave par décret de la Présidente Maia Sandu il y a quelques mois.

Bi-2, un concert triomphal à Paris

Paris a marqué la première étape de la tournée européenne de Bi-2, une tournée qui fait suite à la sortie du premier best of « All the best » paru cette année, dont nous vous recommandons l’écoute pour avoir un très bel aperçu de l’univers musical du groupe. Dimanche 10 novembre 2024, la communauté russophone de France et des pays limitrophes s’était donnée rendez vous au Casino de Paris pour ce rendez vous immanquable, un peu plus d’un an après leur dernier passage par la capitale. C’était au Zénith en septembre 2023 pour la promotion de leur dernier album studio, « Аллилуйя » (« Hallelujah »).

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Bi-2 en concert à Paris le 10 novembre 2024 – Photo Hajde/Quentinprod Photographie

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Bi-2 en concert à Paris le 10 novembre 2024 – Photo Hajde/Quentinprod Photographie

Avec cette quinzaine de dates réparties entre Paris, Münich, Londres, Helsinki, Varsovie, Budapest, Prague, Vienne ou encore Berlin, c’est peu dire que ce concert était fortement attendu par les fans.

Le groupe a enchanté son public avec un show de 2h20 montre en main, pour pas moins de 24 titres piochés dans la riche discographie du groupe. Une redécouverte des premiers singles marquants du groupe comme « Серебро » (2000),  « Моя любовь » (2001) ou le premier single officiel »Сердце« , jusqu’aux plus récents comme « Аллилуйя« , « Не зли моих ангелов » ou « Я двигаюсь дальше« . Le groupe sert aussi quelques pépites plus marquées politiquement sorties récemment comme « Я никому не верю  » (« Je ne crois plus personne ») – Set list complète en fin d’article.

Alternant titres puissants et titres plus posés, le rock de Bi-2 met véritablement la mélodie en avant et la musicalité de la langue russe, avec des paroles reprises en coeur par un public venu en masse applaudir ces stars du rock russophone habituées à remplir des stades entiers.

Un évènement exceptionnel qu’il ne fallait pas manquer !

– Cliquez sur les miniatures pour voir les photos en intégralité –

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Nous remercions chaleureusement l’équipe du groupe pour l’accréditation photos et le Casino de Paris pour son accueil.

SETLIST :

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Classé sous :Musique, Actus Balisé avec :bi-2, rock, russia

septembre 19, 2022 by QuentinprodPhotos

Le fameux groupe de rock progressif Riverside était de passage récemment à Paris. Une belle opportunité de vous faire découvrir ce groupe polonais bien installé sur la scène européenne. Récit et photos.

Riverside, fer de lance du rock progressif européen

Riverside

Pour les amateurs de rock progressif, le nom de Riverside ne leur est pas étranger. Ce quatuor polonais a su se faire une place de choix sur la scène européenne depuis leur création en 2001 à Varsovie et la sortie en 2003 de leur premier album « Out of myself ».

8 albums plus tard (le dernier « Wasteland » datant de 2018), Riverside continue de s’imposer avec un style où l’on sent des influences allant de Dream Theater à Pink Floyd en passant par Porcupine Tree ou Marillion.

Entre riffs incisifs, lorgnant parfois vers le métal, et notes atmosphériques plus assumées ces dernières années, la voix mélodieuse du chanteur & bassiste Mariusz Duda complète la richesse créative du groupe.

A l’occasion de leurs 20 ans, Riverside a sorti cette année un coffret de premier choix, avec un premier double album regroupant les morceaux « courts » et un second double album avec les « longs », pour un total de 4h de musique.

Un anniversaire fêté sur scène lors d’une grande tournée européenne.

Une tournée anniversaire passée par Paris

Après avoir parcouru l’Amérique du Nord en début d’année, les membres de Riverside se sont lancés dans une tournée européenne spéciale pour fêter leurs 20 ans.

Une tournée anniversaire d’une vingtaine de dates qui a fait une halte remarquée par Paris à la Machine du Moulin Rouge, le dimanche 11 septembre. Un lieu dans lequel le quatuor était content de revenir, eux qui avaient déjà foulé cette scène en 2018 pour le « Wasteland Tour ».

Cette date unique en France nous a permis de voyager et de se replonger plus de 2h durant à travers les plus grands titres de la carrière du groupe polonais. Mais aussi de découvrir en live le morceau créé spécialement pour cet anniversaire : « Story of My Dream ».

On retiendra notamment quelques très belles pièces comme Panic Room, We Got Used To Us, Lost, Egoist Hedonist ou encore The Same River issu de leur premier album.

On n’oubliera pas le bel hommage rendu au guitariste historique du groupe, Piotr Grudziński, décédé en 2016, avec le morceau « Towards the blue horizon » écrit en sa mémoire.

Les plusieurs centaines de spectateurs ont pu profiter de la réputation sans faille du groupe avec un show carré, énergique et au son impeccable où se sont alternés avec brio passages nerveux et passages plus aériens, faisant la part belle à la voix claire de Mariusz Duda.

Le talent des polonais reste intact année après année et continue de nous impressionner par sa maîtrise. On a évidemment hâte de les revoir dans nos contrées !

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Mariusz Duda, chant & basse
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Maciej Meller, guitare

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Découvrir Riverside sur Deezer

Nous remercions Garmonbozia pour l’accréditation photos.

Classé sous :Pologne, Musique Balisé avec :paris, Riverside, rock, rock progressif

octobre 13, 2017 by Jerome Cid

Il y a un an, nous vous avions parlé de Russian Tour sur Hajde. Cette compilation, oeuvre du label Belka Records, avait pour but de nous faire découvrir des groupes d’Europe Orientale au travers d’une sélection assez éclectique, entre rock, pop, et punk.

Belka récidive cette année, avec le deuxième volume de la compilation, Russian Tour 2. Le principe reste le même, seuls les artistes changent. Nous sommes toujours dans le mélange des genres (qui est très appréciable), bien que l’on retrouve une petite unité stylistique que l’on ne décelait pas forcément dans le premier opus.

Russian Tour 2 a donc réussi à transformer l’essai, en continuant à nous faire découvrir une scène musicale russe et ukrainienne difficile à aborder si l’on n’est pas un connaisseur. Il s’agit là d’une opportunité pour découvrir de nouveaux artistes que l’on ne trouve pas (encore ?) ailleurs.

Comme pour le premier Mix, Russian Tour 2 est disponible en album digital au prix minimal de 4 euros sur Bandcamp, ou bien en édition limitée en cassette, au prix minimal de 6 euros, accompagné de goodies.

On attend en tout cas la troisième édition !

Classé sous :Russie, Musique Balisé avec :#musique, belka, new wave, pop, punk, rock, russe, russian tour, russian tour 2, Russie, Son de la semaine, Ukraine

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