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août 4, 2026 by QuentinprodPhotos

Figure incontournable de la scène musicale croate depuis plus de trois décennies, Marko Perković Thompson confirme avec la sortie du triple album live THOMPSON – 504 027 (Hipodrom, Live) chez Croatia Records son statut d’icône nationale — tout en réactivant les lignes de fracture qui entourent sa figure. Enregistré lors du concert géant du 5 juillet 2025 à l’hippodrome de Zagreb, l’album documente un événement d’une ampleur exceptionnelle, symbole à la fois de ferveur populaire et de polarisation persistante.

Au-delà du record d’affluence et de la dimension spectaculaire du live, Thompson apparaît ici comme ce qu’il est devenu au fil des décennies : un artiste central de l’imaginaire musical croate, capable de mobiliser des foules massives autour de son répertoire. Mais cette consécration nationale s’accompagne d’une réception beaucoup plus ambivalente à l’échelle internationale, où son œuvre et son univers restent régulièrement associés à des controverses politiques et mémorielles, faisant de chaque événement majeur le lieu d’une double lecture, entre célébration culturelle et débat idéologique.

Hipodrom Live, Thompson au sommet

MP THOMPSON Hipodrom FRONT 1

Le concert du 5 juillet 2025 a marqué un tournant par son échelle. Selon les organisateurs et Croatia Records, plus de 450 000 spectateurs auraient assisté à l’événement, tandis que plus de 500 000 billets auraient été écoulés, faisant de cette soirée le plus grand concert de l’histoire croate.

L’événement a été présenté comme l’un des plus grands concerts payants au monde, une qualification reprise dans la communication officielle autour du projet, mais qui relève toutefois davantage d’une revendication médiatique que d’une certification internationale unanimement reconnue.

Au-delà des chiffres et de la charge symbolique, Hipodrom (Live 2025) fonctionne avant tout comme un album de rock massif, pensé pour l’impact scénique. La production privilégie une esthétique directe, où guitares saturées, rythmiques martiales et refrains fédérateurs structurent un ensemble taillé pour les grandes foules. Le mixage laisse volontairement une large place au public, transformant certaines séquences en véritables chœurs collectifs, au cœur d’une dynamique qui relève autant du concert rock que du rituel partagé. Un triple album live où l’on retrouve les plus grands succès de l’icône croate le temps d’un concert fleuve de 3h absolument triomphal.

Une figure majeure de la culture croate contemporaine

Depuis les années 1990, Marko Perković Thompson occupe une place singulière dans le paysage musical croate, après avoir combattu dans l’armée croate. Révélé dans le contexte de la guerre d’indépendance et des années de recomposition nationale, notamment par son premier succès Bojna Čavoglave dans lequel il glorifie la lutte pour l’indépendance de son pays, il s’impose rapidement comme l’une des figures majeures du rock patriotique local, construisant une œuvre où se mêlent références historiques, spiritualité catholique, récits de guerre et imaginaires nationaux.

Après une dizaine d’années de pause discographique, marquée par une focalisation sur les tournées et les concerts, Thompson signe en 2025 un retour particulièrement commenté avec son huitième album studio, Hodočasnik. Dans son pays, Thompson dépasse largement le statut de chanteur : il incarne un marqueur générationnel, un vecteur de mémoire collective et une figure de continuité culturelle pour une large partie du public.

Une réception internationale profondément clivée

Hors de Croatie, l’image de Thompson est nettement plus controversée. Plusieurs de ses concerts ont été annulés ou interdits dans différents pays européens, en raison de polémiques récurrentes liées à des symboles ou références historiques associés à l’idéologie oustachie, accusations que l’artiste conteste, ainsi qu’à des lectures jugées radicales de son univers artistique. Cette tension nourrit une lecture duale de l’artiste : symbole national pour certains, figure problématique pour d’autres, inscrite dans les débats européens sur les usages politiques de la mémoire.

Cette ambivalence dépasse le cas individuel de Thompson et renvoie à une dynamique plus large dans les Balkans occidentaux : celle d’une identité post-conflit encore en construction, où culture, mémoire et politique restent étroitement entremêlées.

Une icône nationale face aux lectures européennes

Avec Hipodrom (Live 2025), Marko Perković Thompson confirme son statut d’artiste majeur de la scène croate, capable de mobiliser des foules comparables aux plus grands événements musicaux européens.

Mais ce succès massif s’accompagne d’une lecture internationale fragmentée, où l’icône nationale devient objet de controverse. Entre reconnaissance populaire et contestation politique, Thompson incarne l’une des figures culturelles les plus révélatrices des tensions mémorielles contemporaines en Europe de l’Est.

Vu depuis l’Europe occidentale, une question demeure : peut-on écouter Marko Perković Thompson comme un simple artiste de rock, ou son univers rend-il toute réception musicale indissociable d’une lecture politique ? La question dépasse largement le seul cas individuel pour toucher à un problème plus général de circulation des œuvres dans des espaces européens traversés par des mémoires historiques différentes. Là où une partie du public croate perçoit avant tout un artiste de stade, porteur d’un répertoire ancré dans la culture populaire nationale, une partie des observateurs étrangers lit immédiatement ses chansons à travers le prisme de l’histoire politique des Balkans et des symboles qui lui sont associés.

Cette dissonance produit un effet paradoxal : la musique, pensée localement comme un vecteur d’unité ou de continuité culturelle, devient à l’extérieur un objet de suspicion ou de relecture idéologique permanente. Dans ce décalage, l’écoute elle-même n’est jamais totalement neutre, et l’expérience musicale se trouve prise dans des cadres d’interprétation qui la dépassent. Reste alors une zone grise, où l’auditeur choisit — ou non — de suspendre ces lectures pour revenir à la seule dimension sonore : celle d’un rock de masse conçu pour les grandes foules, ses refrains, son énergie live et sa puissance collective.

Ce disque live est disponible à l’écoute sur les plateformes légales, mais aussi en vidéo en intégralité sur Youtube

Classé sous :Actus, Croatie, Musique Balisé avec :croatia records, croatie, rock, Thompson

juillet 3, 2026 by QuentinprodPhotos

À l’occasion de la sortie récente de son album Live at Home – Zagreb 2024 avec son projet solo Jelusick, retour sur le parcours hors norme du vocaliste croate Dino Jelusić. De sa victoire historique à l’Eurovision Junior à son statut de voix incontournable du hard rock international, le musicien de 34 ans s’impose aujourd’hui comme l’une des figures les plus singulières du rock actuel.

Parmi les trajectoires issues d’Europe de l’Est, rares sont celles qui oscillent avec autant de vertige entre culture populaire locale et sommets de l’industrie musicale internationale. Pour le public croate, Dino Jelusić reste longtemps ce gamin de 11 ans qui, en 2003, offre à la Croatie sa première victoire à l’Eurovision Junior avec Ti si moja prva ljubav. Vingt ans plus tard, l’enfant star a disparu : il ne reste qu’une voix devenue l’une des plus puissantes et respectées du hard rock et du metal progressif mondial.

La sortie il y a quelques jours de son album live Live at Home – Zagreb 2024, enregistré à la Tvornica Kulture de Zagreb, agit comme une forme de catharsis. C’est le point d’orgue d’un artiste qui a dû s’exporter pour exister avant de revenir s’imposer chez lui en patron.

Du Trans-Siberian Orchestra à Whitesnake : le caméléon des géants

Si le nom de Dino Jelusić (souvent orthographié Jelusick) résonne aujourd’hui sur la scène internationale, c’est parce que plusieurs figures majeures du rock ont vu en lui un héritier vocal naturel de Ronnie James Dio ou David Coverdale. Doté d’une tessiture impressionnante et d’un registre bluesy particulièrement mature, le chanteur croate s’est imposé comme un musicien de confiance sur les scènes internationales.

En 2016, il rejoint le gigantesque projet américain Trans-Siberian Orchestra, évoluant dans des arènes de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Mais le véritable basculement intervient en 2021, lorsqu’il est intégré aux tournées de Whitesnake pour leur tournée d’adieux.

Sa voix circule également dans les sphères des supergroupes et projets internationaux. Il participe notamment à l’album solo de Michael Romeo (Symphony X), contribue à Lords of Black, intervient ponctuellement dans des configurations live des The Dead Daisies en remplaçant Glenn Hughes sur certaines prestations, ou encore collabore avec Gotus, projet de Mandy Meyer.

Plus récemment, il apparaît au sein du projet de metal progressif Whom Gods Destroy (avec Ron “Bumblefoot” Thal et Derek Sherinian), où il confirme une maîtrise technique redoutable. Formé académiquement à l’Académie de musique de l’Université de Zagreb, Dino Jelusić incarne une rare synthèse entre formation classique et puissance rock contemporaine.

JELUSICK : l’émancipation par le collectif

Mais la trajectoire internationale ne suffit pas à contenir ses ambitions artistiques. L’essentiel se joue ailleurs : dans son propre groupe, JELUSICK. Avec ce projet, il publie Follow the Blind Man en 2023 puis Apolitical Ecstasy en 2025, confirmant une volonté claire de construire une identité autonome.

Entouré de la crème des musiciens croates, Dino Jelusić ne s’est pas entouré de simples exécutants, mais d’une véritable section d’élite : le guitariste Ivan Keller et le batteur Mario Lepoglavec ont tous deux forgé leur réputation en écumant les scènes européennes au sein du groupe de tournée du bassiste Marco Mendoza (Whitesnake, Thin Lizzy, The Dead Saisies, SatchVai band), tandis que le redoutable Luka Brodaric complète cette formation à la basse. Ensemble, ils développent un hard rock massif, moderne, teinté de groove metal et d’influences grunge. Jelusick n’est plus seulement un chanteur de studio ou un vocaliste invité : il devient frontman total, chef d’orchestre d’un projet pensé pour la scène.

“Live at Home – Zagreb 2024” : le grand retour

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C’est précisément cette dimension que capture Live at Home – Zagreb 2024. Enregistré devant un public incandescent dans sa ville natale, l’album restitue la puissance brute du projet. On y retrouve l’urgence de titres comme Reign Of Vultures ou Chaos Master, mais aussi des moments de pure complicité technique, notamment lorsque son ami et complice de Whitesnake, Bumblefoot, le rejoint sur scène.

Ce live agit comme un symbole fort : celui d’un artiste issu des Balkans capable de produire un rock de standard international sans renier ses racines. Dino Jelusić continue de vivre à Zagreb, de puiser dans son environnement immédiat, tout en s’inscrivant dans un circuit mondial. La France a d’ailleurs pu en mesurer la portée en 2023, lors d’une apparition remarquée du projet Jelusick au festival Guitare en Scène à Saint-Julien-en-Genevois pour le premier passage du groupe sur le territoire français.

De l’enfant prodige de l’Eurovision Junior à Whitesnake, en passant par les supergroupes internationaux, Dino Jelusić trace une trajectoire atypique : celle d’un musicien croate devenu une voix incontournable du rock mondial.

Avec Live at Home – Zagreb 2024, il ne signe pas seulement un album live : il affirme une position. Celle d’un artiste désormais installé à la jonction entre héritage rock classique et modernité européenne — et dont la trajectoire semble encore loin d’avoir atteint son sommet.

Le concert « Live at home – Zagreb 2024 » est disponible en vidéo en intégralité sur Youtube

Classé sous :Actus, Croatie, Musique Balisé avec :croatie, Dino Jelusić, hard rock, rock, zagreb

juin 27, 2026 by QuentinprodPhotos

Soyons honnêtes : lorsque vous pensez à votre bande-son estivale ou aux grands classiques du rock européen, la scène balte vous vient rarement immédiatement à l’esprit. On a tort. Derrière les clichés d’Europe de l’Est se cachent des monstres sacrés du rock de stade. En tête de file ? Prāta Vētra (connu à l’international sous le nom de Brainstorm),  l’un des plus grands ambassadeurs culturels de son pays.

Si vous ne les connaissez pas encore, il est temps de réparer cette injustice et d’ajouter une touche balte à vos playlists de vacances. Portrait du groupe qui fait vibrer Riga et bien au-delà, fort d’un nouvel album live XXL sorti il y a quelques mois sur les plateformes de streaming.

Des bancs de l’école aux stades : une success story balte

L’histoire de Prāta Vētra épouse celle de la Lettonie moderne. Formé en 1989 à Jelgava par une bande de camarades de classe — dont le chanteur Renārs Kaupers —, le groupe voit le jour alors que le pays s’apprête à tourner la page soviétique. Porté par des mélodies pop éclatantes, des influences rock venues d’Europe occidentale et une mélancolie typiquement baltique, il devient au fil des années la bande-son d’une génération qui grandit avec l’indépendance retrouvée. Bien avant de remplir les plus grandes scènes du pays, Prāta Vētra incarne déjà une Lettonie jeune, ouverte sur le monde et résolument tournée vers l’avenir.

Leur consécration internationale arrive en l’an 2000 : la Lettonie participe pour la toute première fois à l’Eurovision, et Prāta Vētra décroche une mémorable 3e place avec le titre pop-rock irrésistible My Star. La machine est lancée. Le groupe accède alors aux grandes scènes internationales, croisant notamment la route de formations comme R.E.M., Depeche Mode ou les Rolling Stones. Dans le même temps, il multiplie les collaborations avec des artistes phares de la scène d’Europe de l’Est, à l’image du groupe biélorusse Bi-2, et se produit dans de nombreux pays européens. Si son cœur de public demeure concentré dans les pays baltes et l’espace post-soviétique, sa notoriété dépasse largement les frontières de la région avec des textes à la fois en letton, en anglais et en russe.

En Lettonie, Prāta Vētra n’est pas seulement un groupe de rock : c’est une institution. Ils font partie des rares formations capables de remplir des stades entiers, notamment sur la plaine de Mežaparks à Riga, où ils ont rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs lors de leurs plus grandes dates.

“Pirmās dienas tūres koncerts Mežaparkā », le live XXL à découvrir

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En mai 2025, Prāta Vētra a dévoilé son treizième album studio, Pūķa lietošanas instrukcija, qui s’accompagne notamment des singles « Pirmajā dienā » et « Gribēju būt rokstārs ».

C’est au cœur du parc forestier de la capitale, à Mežaparks — haut lieu symbolique de la culture lettone, où se tient tous les cinq ans la Fête nationale de la chanson et de la danse, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO — que s’est achevée en apothéose la tournée estivale « Pirmās dienas tūre », en août 2025. L’enregistrement de ce concert monumental est paru en novembre sur les plateformes de streaming sous le nom de Pirmās dienas tūres koncerts Mežaparkā (Live).

Capturant l’énergie brute, la nostalgie joyeuse et la communion d’un public fidèle, ce live de deux heures constitue une porte d’entrée idéale pour les nouveaux auditeurs, avec les titres les plus emblématiques du groupe, comme Tavas mājas manā azotē, Lidmašīnas, Četri krasti, Debesis iekrita tevī, Plaukstas lieluma pavasaris, Veronica…sans oublier Mana dziesma, la version lettone de leur plus gros tube en anglais Maybe.

Le groupe déroule ainsi une setlist de 27 titres qui traverse les époques sans rupture, mêlant titres récents et hymnes devenus incontournables. On y retrouve Prāta Vētra dans son élément le plus naturel : celui des grandes scènes en plein air, où chaque morceau semble pensé pour être chanté à l’unisson.

Pourquoi les glisser dans votre playlist cet été ?

Parce que le rock de Prāta Vētra a la couleur des étés baltes : une mélancolie lumineuse, une énergie solaire qui donne envie de rouler vitres baissées, et cette sensation d’espace propre aux paysages du Nord.

Même entièrement chanté en letton, ce live passe sans barrière : les refrains accrochent, les mélodies emportent, et l’intensité du concert fait le reste. Prāta Vētra rappelle surtout une chose simple : la carte du rock européen est bien plus vaste qu’on ne l’imagine — et souvent bien plus réjouissante qu’on ne s’y attend.

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Ecoutez cet album live sur Deezer ou Spotify

Classé sous :Actus, Lettonie, Musique Balisé avec :lettonie, prata vetra, riga, rock

janvier 6, 2026 by QuentinprodPhotos

Nous suivons les moldaves d’Alternosfera depuis de nombreuses années dans nos colonnes, au fil d’une discographie qui n’a cessé de gagner en densité et en cohérence. Des albums marquants aux concerts fédérateurs, le groupe moldave a toujours su transformer ses tensions intimes et politiques en matière rock vivante — une intensité que nous avions notamment pu mesurer sur scène en 2021, lors de leur passage remarqué au festival Electric Castle à Cluj-Napoca.

Depuis la sortie de leur précédent disque Arhitectul din Babel en 2019, qui avait confirmé sa place parmi les groupes moldaves les plus célèbres et influents, Alternosfera revient avec un septième album dense et engagé, Steaguri Fără Culori, paru le 31 décembre 2025. Entre rock alternatif tendu et regard lucide sur son époque, le groupe poursuit son exploration d’un monde en perte de repères.

Fondé à Chișinău en 1998, Alternosfera a bâti, album après album, une identité singulière : un rock alternatif tendu, porté par des textes en roumain à forte charge symbolique, où la musicalité naturelle de la langue roumaine renforce la mélodie de chaque morceau, entre introspection intime et regard critique sur la société. De Orașul 511 à Epizodia, jusqu’à Arhitectul din Babel, le groupe emmené par Marcel Bostan s’est imposé comme une voix majeure de la scène moldave et roumanophone.

Des drapeaux vidés de leur sens

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Avec Steaguri Fără Culori (« Drapeaux sans couleurs »), Alternosfera propose une réflexion sur la perte de repères, la manipulation et la banalisation de la violence symbolique. Le titre de l’album est une métaphore : lorsqu’un drapeau perd ses couleurs, il perd son sens, son identité et sa capacité à unir — un thème qui résonne puissamment à l’heure des tensions géopolitiques et des discours polarisés.

D’abord annoncé pour 2023 puis reporté à 2024 et enfin à 2025, ce nouvel album très attendu a été dévoilé avec parcimonie à travers trois singles dévoilés dès 2022 pour faire patienter les fans.


« Bonjour madame » joue sur une ironie grinçante : derrière une formule de politesse anodine, Alternosfera dénonce l’automatisme social, l’indifférence et la déshumanisation du quotidien. Un morceau efficace et piquant, qui résume bien l’art du contraste du groupe.

À l’inverse, « Imnuri de război » (« Hymnes de guerre ») s’inscrit dans une veine plus sombre et martiale. Sorti un an tout juste après le début de l’invasion russe en Ukraine, Alternosfera y dissèque les discours belliqueux, la glorification du conflit et la facilité avec laquelle les masses peuvent être entraînées par des refrains guerriers.

« Aritmii », sorti fin 2023, impose quant à lui une atmosphère sombre et tendue. Alternosfera y mêle guitares nerveuses et rythmes martelés, annonçant la gravité et la lucidité qui dominent Steaguri Fără Culori.

Entre rage et gravité

Mixé par le célèbre Adrian Bushby (lauréat de deux Grammy Awards pour son travail avec Foo Fighters et Muse), l’album alterne décharges d’énergie rock et moments plus introspectifs. Des titres comme Plângem, Clopote ou Recviem Fără Refren approfondissent les thèmes de la peur, du deuil collectif et de la désillusion, tandis que les arrangements, parfois plus amples et presque cinématographiques, élargissent la palette sonore d’Alternosfera.

Avant même sa sortie officielle, Steaguri Fără Culori circulait déjà dans les setlists dès 2025 lors de concerts promotionnels plébiscités par le public, offrant aux fans une première immersion dans ces nouvelles compositions et confirmant l’intensité du groupe sur scène.

Avec Steaguri Fără Culori, Alternosfera livre un album résolument actuel, capable de traduire les tensions et les inquiétudes de notre temps en rock intense et poignant, sans jamais perdre la dimension mélodique qui traverse tout leur univers et fait la beauté de la langue roumaine.

L’album est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de streaming ainsi que sur Youtube.

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Classé sous :Moldavie, Actus, Musique Balisé avec :alternosfera, chisinau, moldavie, rock, roumain

février 10, 2025 by QuentinprodPhotos

Icônes du rock turc, le groupe Mor Ve Ötesi était de passage à Paris pour leur premier concert français de leur carrière. Un événement à ne pas rater pour les fans ! Retour en images.

Mor Ve Ötesi, ambassadeurs du rock turc

Si le monde les a découvert en 2008 lorsqu’ils ont représenté leur pays à l’Eurovision, la carrière de Mor Ve Ötesi est plus ancienne et ne se limite pas à ce seul fait d’armes. Déjà trente ans que le quatuor turc s’est formé à Istanbul autour du chanteur Harun Tekin. Leur discographie compte à ce jour plus de quinze disques, dont le dernier est sorti en 2022, « Sirenler« .

Du rock mélodique qui fait la part belle aux sonorités orientales. Mais la force du groupe est véritablement la qualité des textes souvent militants pour des causes politiques et sociales, à l’image de l’hymne anti guerre « Savaşa Hiç Gerek Yok » composée lors du soulèvement de 2003. Souvent récompensé, Mor Ve Ötesi fait aujourd’hui partie des plus importants groupes de rock de Turquie.

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Mor Ve Ötesi à Paris (Photos Hajde)

Mor Ve Ötesi pour la première fois en France

Il y a quelques jours les turcs de France ont convergé en nombre vers le Casino de Paris pour l’événement musical de l’année pour leur communauté. Depuis leur création en 1995, Mor Ve Ötesi n’avait encore jamais joué en France, et n’avait pas fait de tournée en Europe depuis de nombreuses années. Pour l’occasion le groupe s’est lancé dans une mini tournée acoustique de cinq dates : à Paris pour commencer, avant de partir pour une date en Allemagne et trois aux Pays Bas. 

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Le temps de deux sets, Mor Ve Ötesi a proposé un voyage dans les meilleurs tubes du groupe, revisités en acoustique pour mieux mettre en avant leurs textes. On y retrouve des titres comme Bir Derdim Var, Araf, Cambaz, Daha Mutlu Olaman, Sevdah Çiçeği, Oyunbozan, Küçük sevgilim, Uyan, Re ou encore Son Sabah, avec une belle mise en avant de l’album « Dünya Yalan Söylüyor » (« le monde ment ») sorti en 2004 et qui détient le record de l’album rock le plus vendu du pays…

Seul le single « Dünyaya bedel » représentera le dernier album « Sirenler » durant cette bonne heure et demie de concert, le groupe préférant davantage proposer des morceaux plus anciens repris avec ferveur par un public de tous âges. Ils termineront leur set avec le titre « Deli« , qui leur avait valu une 7ème place lors de l’Eurovision 2008 à Belgrade (Serbie).

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Un événement exceptionnel qu’il ne fallait pas rater pour les fans du groupe, et pour nous une belle immersion dans le rock turc !

Site officiel / Instagram

Nous remercions Mystiek Productions pour l’accréditation photos et leur accueil chaleureux !

Classé sous :Actus, Musique, Turquie Balisé avec :Mor ve ötesi, rock, Turquie

novembre 14, 2024 by QuentinprodPhotos

Le groupe Bi-2 a lancé sa nouvelle tournée européenne à Paris à l’occasion d’un sublime concert en forme de best of. Récit et photos.

Bi-2, une carrière atypique 

Formé en 1988 en Biélorussie par Leva (chant) et Shura (guitare), Би-2 (Bi-2) est l’un des groupes de langue russe les plus populaires, mais aussi l’un des plus atypiques. Car les deux leaders se sont installés en Israël dès 1991, et c’est véritablement à Jerusalem que leur groupe commence à se faire un nom avec leurs chansons en russe. En 1993 Leva s’engage dans l’Armée Israélienne tandis que Shura immigre lui en Australie. Le duo continue de travailler ensemble à distance sur des chansons tout en se consacrant à des projets musicaux locaux.

Il faut attendre 1998 pour voir sortir ce qui apparait comme le tout premier titre du groupe à être diffusé en radio « Сердце« . Le groupe revient alors en Russie pour développer la carrière du groupe et prépare la sortie de leur premier album, porté par des singles devenus des incontournables comme  « Варвара » et « Полковнику никто не пишет« . Dès lors leur carrière est lancée et les chiffres s’emballent album après album et les récompenses pleuvent.
Aujourd’hui Bi-2 totalise 11 albums studio et plusieurs albums live donc un accompagné d’un orchestre symphonique.

Mais leurs récentes prises de position contre l’invasion russe en Ukraine les as propulsé au delà de simples artistes engagés. 
Ayant condamné l’invasion russe en Ukraine, le groupe Bi-2 est désormais inscrit au registre des « agents étrangers » du régime de Moscou, subtile appellation désignant les très nombreuses personnalités opposées à Poutine, à l’image de Monetochka qui s’était produite à Paris l’an dernier. Ils ne peuvent plus se produire en Russie, et ont d’ailleurs déclaré ne plus vouloir y retourner car au delà de l’opposition politique, Leva et Shura ne voient plus de perspectives d’avenir pour leur groupe en Russie, se sachant dans le collimateur du Kremlin depuis longtemps. Certains des membres du groupe sont désormais installés en Israël en raison de leur double nationalité russe et israëlienne, d’autres ont obtenu la nationalité Moldave par décret de la Présidente Maia Sandu il y a quelques mois.

Bi-2, un concert triomphal à Paris

Paris a marqué la première étape de la tournée européenne de Bi-2, une tournée qui fait suite à la sortie du premier best of « All the best » paru cette année, dont nous vous recommandons l’écoute pour avoir un très bel aperçu de l’univers musical du groupe. Dimanche 10 novembre 2024, la communauté russophone de France et des pays limitrophes s’était donnée rendez vous au Casino de Paris pour ce rendez vous immanquable, un peu plus d’un an après leur dernier passage par la capitale. C’était au Zénith en septembre 2023 pour la promotion de leur dernier album studio, « Аллилуйя » (« Hallelujah »).

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Bi-2 en concert à Paris le 10 novembre 2024 – Photo Hajde/Quentinprod Photographie

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Bi-2 en concert à Paris le 10 novembre 2024 – Photo Hajde/Quentinprod Photographie

Avec cette quinzaine de dates réparties entre Paris, Münich, Londres, Helsinki, Varsovie, Budapest, Prague, Vienne ou encore Berlin, c’est peu dire que ce concert était fortement attendu par les fans.

Le groupe a enchanté son public avec un show de 2h20 montre en main, pour pas moins de 24 titres piochés dans la riche discographie du groupe. Une redécouverte des premiers singles marquants du groupe comme « Серебро » (2000),  « Моя любовь » (2001) ou le premier single officiel »Сердце« , jusqu’aux plus récents comme « Аллилуйя« , « Не зли моих ангелов » ou « Я двигаюсь дальше« . Le groupe sert aussi quelques pépites plus marquées politiquement sorties récemment comme « Я никому не верю  » (« Je ne crois plus personne ») – Set list complète en fin d’article.

Alternant titres puissants et titres plus posés, le rock de Bi-2 met véritablement la mélodie en avant et la musicalité de la langue russe, avec des paroles reprises en coeur par un public venu en masse applaudir ces stars du rock russophone habituées à remplir des stades entiers.

Un évènement exceptionnel qu’il ne fallait pas manquer !

– Cliquez sur les miniatures pour voir les photos en intégralité –

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Site officiel / Facebook / Instagram

Nous remercions chaleureusement l’équipe du groupe pour l’accréditation photos et le Casino de Paris pour son accueil.

SETLIST :

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septembre 19, 2022 by QuentinprodPhotos

Le fameux groupe de rock progressif Riverside était de passage récemment à Paris. Une belle opportunité de vous faire découvrir ce groupe polonais bien installé sur la scène européenne. Récit et photos.

Riverside, fer de lance du rock progressif européen

Riverside

Pour les amateurs de rock progressif, le nom de Riverside ne leur est pas étranger. Ce quatuor polonais a su se faire une place de choix sur la scène européenne depuis leur création en 2001 à Varsovie et la sortie en 2003 de leur premier album « Out of myself ».

8 albums plus tard (le dernier « Wasteland » datant de 2018), Riverside continue de s’imposer avec un style où l’on sent des influences allant de Dream Theater à Pink Floyd en passant par Porcupine Tree ou Marillion.

Entre riffs incisifs, lorgnant parfois vers le métal, et notes atmosphériques plus assumées ces dernières années, la voix mélodieuse du chanteur & bassiste Mariusz Duda complète la richesse créative du groupe.

A l’occasion de leurs 20 ans, Riverside a sorti cette année un coffret de premier choix, avec un premier double album regroupant les morceaux « courts » et un second double album avec les « longs », pour un total de 4h de musique.

Un anniversaire fêté sur scène lors d’une grande tournée européenne.

Une tournée anniversaire passée par Paris

Après avoir parcouru l’Amérique du Nord en début d’année, les membres de Riverside se sont lancés dans une tournée européenne spéciale pour fêter leurs 20 ans.

Une tournée anniversaire d’une vingtaine de dates qui a fait une halte remarquée par Paris à la Machine du Moulin Rouge, le dimanche 11 septembre. Un lieu dans lequel le quatuor était content de revenir, eux qui avaient déjà foulé cette scène en 2018 pour le « Wasteland Tour ».

Cette date unique en France nous a permis de voyager et de se replonger plus de 2h durant à travers les plus grands titres de la carrière du groupe polonais. Mais aussi de découvrir en live le morceau créé spécialement pour cet anniversaire : « Story of My Dream ».

On retiendra notamment quelques très belles pièces comme Panic Room, We Got Used To Us, Lost, Egoist Hedonist ou encore The Same River issu de leur premier album.

On n’oubliera pas le bel hommage rendu au guitariste historique du groupe, Piotr Grudziński, décédé en 2016, avec le morceau « Towards the blue horizon » écrit en sa mémoire.

Les plusieurs centaines de spectateurs ont pu profiter de la réputation sans faille du groupe avec un show carré, énergique et au son impeccable où se sont alternés avec brio passages nerveux et passages plus aériens, faisant la part belle à la voix claire de Mariusz Duda.

Le talent des polonais reste intact année après année et continue de nous impressionner par sa maîtrise. On a évidemment hâte de les revoir dans nos contrées !

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Mariusz Duda, chant & basse
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Maciej Meller, guitare

Site officiel / Facebook
Découvrir Riverside sur Deezer

Nous remercions Garmonbozia pour l’accréditation photos.

Classé sous :Pologne, Musique Balisé avec :paris, Riverside, rock, rock progressif

octobre 13, 2017 by Jerome Cid

Il y a un an, nous vous avions parlé de Russian Tour sur Hajde. Cette compilation, oeuvre du label Belka Records, avait pour but de nous faire découvrir des groupes d’Europe Orientale au travers d’une sélection assez éclectique, entre rock, pop, et punk.

Belka récidive cette année, avec le deuxième volume de la compilation, Russian Tour 2. Le principe reste le même, seuls les artistes changent. Nous sommes toujours dans le mélange des genres (qui est très appréciable), bien que l’on retrouve une petite unité stylistique que l’on ne décelait pas forcément dans le premier opus.

Russian Tour 2 a donc réussi à transformer l’essai, en continuant à nous faire découvrir une scène musicale russe et ukrainienne difficile à aborder si l’on n’est pas un connaisseur. Il s’agit là d’une opportunité pour découvrir de nouveaux artistes que l’on ne trouve pas (encore ?) ailleurs.

Comme pour le premier Mix, Russian Tour 2 est disponible en album digital au prix minimal de 4 euros sur Bandcamp, ou bien en édition limitée en cassette, au prix minimal de 6 euros, accompagné de goodies.

On attend en tout cas la troisième édition !

Classé sous :Russie, Musique Balisé avec :#musique, belka, new wave, pop, punk, rock, russe, russian tour, russian tour 2, Russie, Son de la semaine, Ukraine

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