Pour sa 23ᵉ édition, Jazzycolors a une nouvelle fois confirmé sa singularité dans le paysage parisien : être moins un festival au sens classique qu’un véritable réseau vivant, où le jazz devient un langage commun entre cultures, esthétiques et traditions.
Du 27 octobre au 9 décembre 2025, 22 concerts répartis dans 14 lieux, portés par 20 centres culturels étrangers et ambassades coordonnés par le FICEP, ont dessiné une cartographie musicale aussi riche que cohérente, mettant en lumière des artistes souvent reconnus dans leurs pays mais encore largement méconnus du public parisien.
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Plus que jamais, l’édition 2025 concoctée par le Ficep et ses membres aura mis en lumière la manière dont le jazz contemporain dialogue avec les identités nationales, les héritages folkloriques et les écritures actuelles. Un fil rouge évident tout au long de cette programmation, où l’expérimentation n’a jamais pris le pas sur l’émotion.
Une ouverture symbolique, une continuité assumée
Après une avant-première dans le salon d’honneur de l’Ambassade du Portugal avec le duo Bruno Santos & Hugo Lobo, le festival a été lancé officiellement quelques jours plus tard dans le cadre prestigieux du Musée des Archives Nationales. Fidèle à la tradition, c’est le pianiste franco-serbe Bojan Z, parrain historique du festival, qui a donné le coup d’envoi de cette 23ᵉ édition.









Des esthétiques plurielles, un même engagement
Si Jazzycolors revendique son ouverture internationale, l’Europe centrale et orientale a, une fois encore, occupé une place centrale dans cette édition. De la Pologne à la Hongrie, de la Bulgarie à l’Estonie, les propositions artistiques ont témoigné d’une scène particulièrement vivante, où le jazz se nourrit volontiers de folklore, de musique savante ou de recherches sonores plus contemporaines.
Les projets hongrois, le trio du pianiste Peter Sarik notamment, ont marqué les esprits par leur capacité à revisiter l’œuvre de Bartók à l’occasion des 80 ans de sa disparition. Même constat côté polonais, où la venue très attendue de EABS, accompagnée du mythique Brian Jackson, a offert l’un des moments les plus intenses du festival au légendaire New Morning.







Cette dimension internationale et diplomatique a trouvé une résonance toute particulière lors de la soirée de clôture, accueillie pour la première fois à la Maison de la Culture du Japon. Pour l’occasion, le trio de la pianiste Mamiko Watanabe a offert une conclusion d’une grande finesse, à la fois élégante et virtuose.




On aura également particulièrement apprécié le groove de la jeune batteuse Øyunn au Bicolore, la fraîcheur de la guitariste luxembourgeoise Veda Bartringer au Goethe-Institut, l’originalité du quartet de la jeune Taïwanaise Yenting Lo au Centre tchèque, ou encore l’accordéon jazz de Germano Mazzocchetti et de son ensemble à l’Institut culturel italien. Des formations nordiques aux recherches rythmiques venues des Balkans, en passant par les croisements audacieux entre jazz et folklore irlandais, chaque projet semblait porté par une véritable nécessité artistique, dans cette proximité si chère au festival.
Des lieux intimistes, idéaux pour saisir la subtilité des échanges, la richesse des nuances et l’intensité des improvisations.












Jazzycolors, plus qu’un festival
Au-delà des concerts, Jazzycolors continue d’incarner une forme de diplomatie culturelle unique à Paris. En investissant aussi bien les centres culturels étrangers, des Ambassades que des salles emblématiques comme le Sunset Sunside ou le New Morning, le festival tisse un lien durable entre institutions, artistes et public. Jazzycolors rappelle ainsi l’importance de ces espaces de rencontre, où le jazz s’affirme comme un terrain d’échange, de résistance et de liberté.
Avec cette 23ᵉ édition, Jazzycolors confirme sa capacité à se renouveler sans renier ses fondamentaux. Une édition dense, exigeante et profondément humaine, qui aura une fois encore prouvé que le jazz, loin d’être un langage figé, reste l’un des meilleurs vecteurs de dialogue entre les cultures.









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Nous remercions Anna Zasada pour sa confiance, ainsi que tous les centres culturels et ambassades pour leur accueil.










































































































































































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