Voyage De l’Herzégovine à la Bosnie

By: Romain Gaucher

Parcourir la Bosnie-Herzégovine parait une idée hautement farfelue pour la grande majorité des gens. A commencer par les locaux eux-mêmes qui pour beaucoup n’ont qu’une idée en tête : s’exiler ! Selon eux, leur pays est ingouvernable et porte toujours les stigmates des déchirures du passé. A la simple évocation des différents billets du tramway de Sarajevo à acheter pour un seul trajet mais sur plusieurs lignes, ils pestent.

Pour nous touristes, bien que nous n’ignorions rien de l’horreur qu’a vécu ce pays, il représente encore la multiculturalité. Au carrefour de l’Europe, la Bosnie-Herzégovine rassemble plusieurs religions et plusieurs entités. Pays en paix. Mais paix fragile comme en témoigne la présence militaire internationale encore sur place.

Faisons notre sac à dos et partons à la découverte de ce pays !

 

TREBINJE

Au sud-est de la Bosnie, Trebinje est une des villes les plus importante de la Republika Srpska, l’entité Serbe de Bosnie. Avec ses 30 000 habitants, son influence va même au-delà de la frontière toute proche qui la sépare du Monténégro. Les Monténégrins, généralement proches de la culture serbe, apprécient y aller et voient cette ville comme un carrefour commercial.

Pour un touriste avide de découvertes sensationnelles, l’intérêt est plus maigre. Ici pas de bus dégueulant de grappes de touristes en tongs. En réalité, il faut y aller parce qu’y passer du temps est un moyen de comprendre la Bosnie, enfin un tiers au moins. L’absence de site touristique majeur permet justement d’évoluer dans une ville simple et authentique.

Trebinje, Photo par Jocelyn Erskine-Kellie

Selon la saison où vous vous y rendrez, évidemment vous n’en profiterez pas de la même manière. Alors imaginons pour ces quelques lignes qu’il fait beau, avec suffisamment de degrés pour vous installer sur une terrasse de la place principale. On a beau ne pas être en Serbie, on est tout de même en Republika Sprska : les femmes sont magnifiques, mais attention leur frère n’est peut-être pas si loin ! Si vous avez besoin de vous rafraîchir, on vous conseille une institution : le glacier « GRK ». Dans la petite ville historique, les locaux se retrouvent sous la terrasse couverte adossée au mur de fortification. Carte immense, prix imbattable, enjoy ! Et si vous n’êtes toujours pas rafraîchi et que vous voulez vraiment une activité locale, prenez la direction de la piscine municipale en plein air. Au bord de la Trebisnjica, le fleuve local, une piscine à ciel ouvert vous tend ses bras dès que le soleil tape !

Parmi les incontournables, on vous conseille en premier lieu la vieille ville fortifiée avec, surprise, une mosquée. C’est également l’endroit où vous trouverez cartes postales et souvenirs kitchs.
A un gros quart d’heure de marché du centre, le pont Arslanajic donne un avant-goût de celui, immensément célèbre, de Mostar. Ce superbe pont de pierre date du 16 ème siècle et est classé parmi les monuments nationaux du pays.

Et pour prendre un peu l’air, une demi heure de marche est nécessaire pour traverser un village et grimper jusqu’à l’Église orthodoxe serbe Hercegovačka Gračanica. L’édifice est remarquable et le panorama à couper le souffle. Une terrasse ombragée permet de manger et de se rafraîchir pour des prix modestes.

 

SUR LA ROUTE DE MOSTAR : POCITELJ

La gare routière de Trebinje est quasi neuve, très confortable et dispose même d’une très belle terrasse. Sur les routes de la Republika Srpska qui vous mèneront vers Mostar, le ton est donné : des fresques de chefs de guerre dont Mladic bordent la chaussée. Ambiance.

Nous ne pouvons aussi que vous conseiller de faire une halte sur la route de Mostar à Počitelj, le village perché construit sur un rocher est inscrit sur la liste des monuments nationaux de Bosnie-Herzégovine et sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa forteresse et l’architecture atypique de ses maisons en pierre blanche vous feront voyager quelques siècles en arrière. Il s’agit d’ailleurs de l’un des plus beaux villages de Bosnie-Herzégovine, avec sa mosquée et ses maisons ottomanes.

 

MOSTAR

Mostar évoque la guerre et le fameux « Stari Most », le « vieux pont ». Avant d’être classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce célèbre pont fut un des symboles du déchirement de la Bosnie durant le conflit qui a opposé bosniaques et croates. A l’époque, les militaires croates l’avaient détruit pour éviter les incursions bosniaques. Même s’il y a beaucoup de touristes, on vous recommande vraiment de vous balader dans les ruelles de la vieille ville que certains surnomment le DisneyLand de la guerre.

Le célèbre pont sera, malgré l’embouteillage de touristes, un moment fort de votre séjour. L’été, vous aurez peut-être la chance d’observer les plongeurs qui osent sauter du Stari Most.
Aujourd’hui, les deux communautés vivent encore chacune sur une des deux rives de la rivière Neretva. D’un côté, les musulmans et la magnifique mosquée en bord de rivière. De l’autre côté, les croates catholiques. D’ailleurs, il y a peu, l’église catholique croate a fait construire un immense clocher.

Évidemment, cette innocente idée a créé de grosses tensions dans la ville et réveillé quelques rancœurs entre croates et musulmans bosniaques. Quoiqu’il en soit, vous, ça vous offre une vue splendide sur Mostar et les hauteurs qui l’entourent.

 

SARAJEVO

A l’évocation de Sarajevo, on pense immédiatement au siège qu’ont subi ses habitants durant la guerre du début des années 90, siège le plus long dans l’histoire moderne. Malgré la trentaine d’années qui nous en sépare, la capitale bosnienne est encore bel et bien marquée. Pendant presque trois ans, Sarajevo a souffert de près de 330 impacts de balles par jour et a perdu environ 5 000 de ses habitants. Les impacts sont encore présents sur les murs de la ville. Selon des locaux, ces traces restent apparentes non pas en guise de mémorial, mais plutôt par incapacité financière.

Académie des Beaux-Arts – Photo Jérôme Cid

Avant tout multiculturelle, la capitale alterne entre l’architecture rappelant l’époque byzantine et les façades du temps de l’empire austro-hongrois. Malgré les conflits, subsistent à Sarajevo mosquées, synagogue et cathédrale orthodoxe serbe.

Le point d’intérêt touristique de Sarajevo est clairement son centre historique. Son dédale de ruelles pavées fait la jonction entre l’Occident et l’Orient. Certaines maisons basses accueillent restaurants et bars ou encore des boutiques de souvenirs. La vieille ville ou « Baščaršija » est souvent illustrée par la fameuse fontaine Sebilj.

Fontaine de Sebilj – Photo par Jérôme Cid

Pour prendre un peu de hauteur, rien de tel que de se rendre vers la piste de bobsleigh construite à l’occasion des Jeux Olympiques d’Hiver de 1984 et située dans le mont Trebević. Un taxi vous y mènera en une petite vingtaine de minutes. Sur le chemin, attention aux terrains en cours de déminage même s’ils sont de moins en moins nombreux. Sur place, il s’agit de parcourir le demi kilomètre sur laquelle se sont déroulés les épreuves de bobsleigh des JO de 1984. A l’abandon et terrain de prédilection des graffeurs, la piste est l’occasion d‘une promenade surprenante dans la forêt. Pour redescendre vers la ville, on vous conseille de le faire à pied. Ce sera l’occasion d’entrer dans la capitale par ses faubourgs.

Le soir, la vieille ville offre un panel de restaurants et bars. Le plus surprenant d‘entre est, s’il existe toujours, un bar de nuit tenu par un occidental en guerre morale avec l’OTAN. Une large banderole sur la devanture annonce la couleur en accusant l’OTAN et l’Occident de tous les maux.

Bascarsija – Photo Jérôme Cid

 

SE RENDRE EN BOSNIE

Des vols relient Paris à Sarajevo et Banja Luka. Pour vous déplacer à l’intérieur du pays, le bus est parfois plus rapide que le train.

 

EN BREF

La Bosnie-et-Herzégovine qui est officiellement candidate pour une entrée dans l’Union Européenne, compte 3,5 millions d’habitants qui se divisent en trois peuples constitutifs : les bosniaques (de tradition musulmane), les serbes et les croates. Le territoire total de 50 000 km2 lui est découpé en 3 entités : le district de Bosnie-et-Herzégovine, la République serbe de Bosnie et le district de Brčko (tout petit morceau sous supervision internationale mandatée par l’ONU).

Le terme Herzégovine vient du mot « Herzog » qui signifie « duché » en allemand. Depuis le 19 ème siècle, il est associé au mot Bosnie pour désigner le pays. Cette région située au sud accueille une majorité de croates.

Indépendante de la Yougoslavie depuis 1992, la Bosnie-Herzégovine repose sur un système complexe depuis les accords de Dayton. Au niveau politique, il s’agit d’une République fédérale qui regroupent les trois entités citées précédemment. Trois présidents siègent de manière collégiale.

La Bosnie-Herzégovine n’a pas la chance qu’a sa voisine croate : elle ne dispose que d’un littoral long de 20 km seulement avec la ville de Neum.

Romain Gaucher

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