Lundi 31 août, le Salon doré de l’ambassade de Roumanie en France accueillait une rencontre avec l’écrivaine roumaine Lavinia Braniște, à l’occasion de la parution en français de son roman Camping, publié aux Éditions des Syrtes dans une traduction de Sylvain Audet-Găinar.
La soirée, organisée conjointement par l’ambassade de Roumanie et l’Institut culturel roumain à l’occasion de la Journée de la langue roumaine, était justement animée par Sylvain Audet-Găinar. Un nom bien connu des lecteurs de Hajde, puisque nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises son parcours, notamment il y a quelques mois à l’occasion d’une soirée organisée dans cette même ambassade pour présenter son dernier ouvrage, 80 mots de Roumanie.

Une voix importante de la littérature roumaine contemporaine
Née en 1983, Lavinia Braniște est aujourd’hui l’une des voix importantes de la littérature roumaine contemporaine. Elle s’est imposée dans le paysage littéraire roumain avec ses romans caractérisés par une écriture directe, attentive aux détails du quotidien et aux réalités parfois ordinaires mais profondément révélatrices de la société contemporaine.
Son premier roman, Interior zero, paraît en 2016. Il est adapté au cinéma par le réalisateur Eugen Jebeleanu en 2025 et présenté en avant-première en mars de la même année au Festival international du film de Vilnius, avant sa sortie en salles en Roumanie en novembre. Elle publie ensuite Sonia ridică mâna en 2019, également remarqué et récompensé.
Camping, son troisième roman, paru en Roumanie en 2025, marque une nouvelle étape dans la carrière littéraire de Lavinia Braniște, puisqu’il s’agit de son tout premier livre traduit en français. Publié par les Editions des Syrtes , Camping vient tout juste d’arriver dans les librairies françaises.


Une vie suspendue entre la Roumanie et l’Espagne
Au cœur de Camping se trouve Sofia, une Roumaine installée depuis près de vingt ans en Espagne. À l’approche de la retraite, elle envisage de rentrer dans son pays. Pendant quelques jours, elle accueille son fils dans le camping où elle vit et travaille depuis des années.
À travers son personnage, Lavinia Braniște raconte une forme d’exil devenue familière à des milliers de familles roumaines : partir travailler à l’étranger, laisser derrière soi une partie de sa vie et de sa famille, puis voir les années passer jusqu’à ne plus vraiment savoir où se trouve désormais sa place.
Le camping, lieu par définition provisoire, devient alors le symbole de cette existence entre deux mondes. Sofia vit en Espagne depuis longtemps, mais demeure étrangère dans une langue et un pays qui ne sont jamais tout à fait devenus les siens. Dans le même temps, le retour en Roumanie, pourtant longtemps imaginé, ne représente plus forcément un véritable retour vers la vie qu’elle avait laissée derrière elle.
Inspiré de la propre histoire familiale de Lavinia Braniște, Camping interroge ainsi la migration, le déracinement et la difficulté de retrouver sa place, mais aussi les liens familiaux transformés par la distance. Derrière l’histoire de Sofia se dessine celle de nombreuses personnes parties à l’étranger avec l’espoir d’offrir une vie meilleure à leurs proches, parfois au prix de longues séparations.


Une rencontre autour du livre et de sa traduction
Malgré leur travail commun autour du roman, Lavinia Braniște et Sylvain Audet-Găinar se sont rencontré pour la première fois ce soir à l’Ambassade. Un échange particulièrement intéressant autour de la naissance de Camping, de ses personnages, des thèmes et de l’humour qui traversent le livre, mais aussi du travail de traduction lui-même.
Comment transmettre dans une autre langue l’atmosphère d’un roman ? Comment retrouver son rythme, sa dynamique et la voix si particulière de son autrice ? Ces questions ont occupé une place importante dans la discussion entre Lavinia Braniște et son traducteur, donnant au public un aperçu concret du dialogue qui se construit entre un texte et sa traduction, à travers aussi la lecture de quelques extraits à la fois en français et en roumain.
Le thème du livre a trouvé un écho particulier auprès de nombreuses personnes présentes dans le Salon doré, certaines évoquant leur propre histoire familiale ou celle de proches partis vivre et travailler à l’étranger.
Entre la Roumanie, l’Espagne et la France, Camping rappelle ainsi que derrière les grands mouvements migratoires se cachent avant tout des histoires personnelles, des séparations et des liens familiaux mis à l’épreuve par la distance.





Merci à l’Ambassade de Roumanie pour son accueil, et un merci tout particulier à Sylvain !
Quelques images de l’Ambassade….Vous souhaitez en découvrir davantage ?
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