Sous les hautes coiffes noires devenues leur signature, DakhaBrakha est revenu à Paris comme on revient sur un front culturel. Dimanche 3 mai, au Trianon, le quatuor ukrainien a transformé la salle en espace de résistance autant qu’en piste de danse collective. Entre polyphonies ancestrales, percussions hypnotiques et énergie quasi chamanique, le groupe venu d’une “Ukraine libre”, selon les mots lancés sur scène par Marko Halanevych, a livré un concert intense, traversé par la guerre, la mémoire et la célébration d’une identité culturelle que rien ne semble pouvoir faire taire.
Fondé en 2004 au sein du théâtre expérimental Dakh à Kiyv, le groupe s’est imposé au fil des années comme l’un des visages les plus singuliers de la scène ukrainienne contemporaine avec un style unique qu’ils définissent eux-mêmes comme de “l’ethno-chaos”.
Une fusion audacieuse où les chants ancestraux ukrainiens rencontrent des rythmes hip-hop, des élans blues, des lignes de violoncelle intenses et des percussions tribales. Sur scène, l’esthétique est aussi frappante que le son : leurs hautes coiffes de laine noire et leurs costumes traditionnels réinventés imposent d’emblée une présence quasi rituelle.

« Depuis l’Ukraine Libre »
Au Trianon, Nina Garenetska, Marko Halanevych, Iryna Kovalenko et Olena Tsybulska ont déroulé un set dense et hypnotique autour de leur nouvel album Ptakh, présenté dans le cadre de cette tournée européenne 2026. Dès “Kozak (redux)” puis “Sho s-pod duba”, le public parisien a été happé par les battements de grosses caisses, les montées vocales presque chamaniques et cette façon unique qu’a DakhaBrakha de transformer le folklore en matière vivante et contemporaine.
Le groupe alterne constamment entre ferveur festive et gravité. “Karpatskiy rep”, “Trypilske techno” ou encore “Yanky” installent une dynamique quasi-tribale : les rythmes répétitifs, les voix tournoyantes et les percussions finissent par mettre la salle entière en mouvement. Le concert prend alors des airs de rituel collectif, où les spectateurs dansent autant qu’ils écoutent.
Mais derrière cette puissance physique se trouve un discours profondément politique. À plusieurs reprises, Marko Halanevych évoque “l’Ukraine libre”et le soutien envers leur pays. Depuis l’invasion russe à grande échelle, DakhaBrakha assume un rôle de passeur culturel et de porte-voix d’un pays en guerre. Les chansons de Ptakh parlent de résistance, d’exil, de mémoire et de survie.







Le concert a atteint son sommet émotionnel avec Plyve Choven. Interprété comme un hommage bouleversant aux défenseurs de l’Ukraine et à ceux qui ne rentreront jamais, le morceau était accompagné d’une vidéo montrant les soldats au front. Un moment d’une dignité rare, rappelant le coût de la liberté.
Durant près de deux heures, l’énergie du groupe a littéralement soulevé la salle, transformant le concert en une communion de résistance. En quittant le Trianon, une évidence s’impose : DakhaBrakha n’est pas seulement l’un des meilleurs ambassadeurs culturels de l’Ukraine, c’est l’un des groupes les plus vitaux de la scène mondiale actuelle. Une claque magistrale, nécessaire et profondément humaine.


















Merci à Veryshow pour l’accréditation, ainsi qu’au groupe DakhaBrakha et leur équipe pour leur accueil !
Setlist :
Kozak (redux)
Sho s-pod duba
Sonnet
Dytyatochko
Kosari kosiat
Ou la la
Karpatskiy rep
Trypilske techno
Shchedryi metal
Ya siv ne v toy litak
Ptakh
Plyve Choven
Vesna
Yanky
Lado
Baby
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