Scène principale du Atlas Weekend Festival, à Kiev en Ukraine
Du 5 au 11 juillet, Hajde couvrait une édition un peu spéciale de l’Atlas Weekend 2021 à Kiev. Malgré quelques petits couacs d’organisation, le festival a proposé une programmation locale reflétant la richesse de la nouvelle scène ukrainienne.
Après une année 2020 sans concerts, un des plus gros festivals d’Europe de l’Est s’est tenu à Kiev, en Ukraine, sans encombre. L’édition 2021 post-pandémie avait pour particularité de faire la part belle aux artistes ukrainiens et d’autres pays post-soviétiques.
Cette année, le festival avait organisé sa traditionnelle journée gratuite en deux jours avec la même line-up, le 5 et le 6 juillet. Si le but était de réduire les jauges, le festival était plein à craquer – à la limite de l’inconfortable – notamment car seuls deux chemins permettaient d’accéder aux scènes.
Par ailleurs, la scène principale a accueilli une trentaine d’artistes de genres très variés, présentant parfois une seule chanson. Un grand écart qui ne plaira pas aux amateurs de musique et de concerts soignés, mais convenant tout à fait à une grande partie du public de ce festival, qui n’a pas l’habitude de voir des concerts. L’événement a d’ailleurs battu son record d’audience, avec plus de 600 000 festivaliers de tout âge.
Les jours payants rattrapent les petits couacs des deux premiers jours. Leur programmation était riche et permettait à des fans de hard-rock comme de techno de trouver leur bonheur. Parmi les festivals les plus chers en Ukraine, l’Atlas Weekend reste cependant accessible pour les Européens (cinq jours de festival pour environ 80 euros).
Côté atmosphère, le festival a cependant du mal à se trouver une identité, même si le lieu, un parc des expositions construit pendant l’URSS, vaut le détour. La seule unité semble être le marketing, avec des pubs à outrance et des hôtesses très peu vêtues qui rabattent les festivaliers sur le chemin des concerts.
Mais le plus gros problème du festival réside dans les énormes problèmes de sons, qui en venaient parfois à déranger les artistes. Malgré la distance entre les scènes, nous pouvions toujours entendre le concert d’à côté sur les trois scènes principales. On aura quand même pu écouter une line-up riche, qui permet de découvrir la nouvelle scène musicale ukrainienne dans toute sa diversité.
Le festival proposait une line-up d’environ une trentaine d’artistes par jour, il nous a donc fallu faire des choix. Hadje vous propose un top 3 des concerts d’artistes locaux que nous avons préféré à l’Atlas Weekend.
Plébiscité par le public lors de l’Eurovision 2021, le quatuor Go-A a électrisé la petite scène Ouest de l’Atlas Weekend, dans une performance courte (45 minutes), mais intense. Le groupe électro offre une approche originale de chants traditionnels, accompagnés aussi bien d’instruments ukrainiens comme la sopilka (flûte des Carpates), que de sons drum & bass. Pleine d’énergie, la chanteuse Kateryna Pavlenko remet au goût du jour le “chant blanc” (bilyi spiv), une technique vocale ancienne de cri controlée, traditionnelle des peuples ruraux et païens d’Europe centrale.
Quand on voit Alyona Alyona sur scène, on comprend pourquoi cette ancienne enseignante de maternelle est appelée la reine du rap ukrainien. La jeune femme originaire d’un village dans la région de Kiev s’est faite connaître par ses textes riches en ukrainien. Ses paroles sont fines, intelligentes, dénoncent les standards de beauté ou racontent avec brio l’Ukraine contemporaine. Une artiste à suivre, qui s’exporte maintenant en Europe.
L’Atlas Weekend avait une scène consacrée aux artistes bélarusses, malgré la controverse à Valery Meladze (voir notre article), tête d’affiche accusée d’avoir chanté lors d’une fête du dirigeant autoritaire Alexandre Loukachenko. Les membres de Nizkiz, groupe de rock connu en Ukraine, sont des habitués du festival, mais cette fois, le concert avait une saveur un peu particulière. Les nombreux Bélarusses ayant fui le régime en Ukraine s’y sont donné rendez-vous avec des drapeaux blancs et rouges sur le dos, chantant tous les morceaux qu’ils connaissaient par cœur, parfois les larmes aux yeux.
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