Roumanie

Hier n’a pas eu lieu 1989 – 2019

La saison France – Roumanie se déplace en Corse pour une exposition exceptionnelle : “Hier n’a pas eu lieu 1989-2019” au centre d’art Ange Leccia à Oletta, du samedi 6 avril au samedi 4 mai 2019. L’exposition sera ensuite présentée du 23 mai au 23 juin au Studio Gallery 030202 à Bucarest en Roumanie.

Le régime de Ceausescu est tombé hier. Aujourd’hui à Bucarest la foule en liesse a envahi le centre-ville et a investi le palais présidentiel le mettant à sac. Les cris, les pleurs et un sentiment de vivre un moment irréel, voilà les images de la première révolution télévisée que le reste du monde découvre en décembre 1989.

“Hier n’a pas eu lieu 1989-2019” est née suite à la découverte d’une anecdote racontée par Jean-Claude Rogliano dans Visa pour un miroir. Il y raconte comment l’un des premiers convois humanitaires français est parti de Corse et sa rencontre avec le peuple roumain. L’ambition du projet n’est évidement pas de rendre compte de ce voyage mais de s’intéresser à un moment de l’histoire, d’inviter à voir sous un prisme nouveau les stigmates du passé. Soulignée par une scénographie intimiste, et par une réflexion sur l’image-document, l’exposition témoigne de l’enjeu de la mémoire dans la mise en place d’un processus de résilience.

L’exposition est une déambulation dans une carte mentale collective de cette période historique dans laquelle chaque oeuvre prend la forme d’une réminiscence. Les pièces se fait écho telles des traces mnésiques. Ainsi, se côtoient des oeuvres emblématiques d’Irina Botea et Stefan Sava et celles des artistes Adrien Porcu Deiana et David Raffini qui ne connaissent de cette période de l’histoire de la Roumanie que les archives visuelles.

Le spectateur est invité à se laisser envahir par cette chorégraphie dans laquelle les oeuvres sont érigées comme autant de traces amnésiques et montrent avec délicatesse les liens qui se tissent entre différents évènements et leurs impacts sur notre relation à l’autre et à nous-même. Cette esthétique du fragment offre une lecture diachronique, une temporalité morcelée à l’interstice entre une possible continuité et un renoncement. Comme le laisse présager le titre de l’exposition qui évoque cette temporalité lacunaire, entre épitaphe et besoin d’utopie, cette exposition est l’occasion d’emmener la réalité historique vers un acte poétique et l’occasion de témoigner en cette date anniversaire de trente ans de liberté.

La Famille Hajde

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