Il y a encore quelques années un voyage en Serbie aurait semblé saugrenue et peu d’étrangers venaient avec le projet d’arpenter le pays. Il faut dire que la sombre réputation des Balkans et les conflits qui ont ensanglanté la péninsule avaient de quoi refroidir.
Cependant, et pour notre plus grand bonheur, les choses ont progressivement changé. Au cours de la dernière décennie, la Serbie est devenue de plus en plus présente sur la scène internationale et… en agence en voyages.
Ses villes envoûtent et remontent le temps.
Belgrade en tête, où les nuits sur les Splavovi sont aussi longues que les journées ensoleillées dans le Parc de Kalemegdan et sa forteresse, ou l’Eglise Saint Sava toise le temps, où les quartiers alternatifs ou traditionnels comme Savamala, Vračar et Skadarlija vivent en harmonie.
Aujourd’hui, les voyageurs étrangers partent également à la conquête du pays pour sa nature. Entre ses vallées, lacs, rivières, sommets ou même canyons tels que ceux de l’Uvac ou du parc national de Đjerdap, il faut dire que les arguments ne manquent pas.
Sans oublier la culture serbe, entre influences ottomanes et austro-hongroises, caractérisée par l’art, la gastronomie, les forteresses et les monastères émaillant le pays.
Des villes au charme austro-hongrois comme Subotica ou Novi Sad, en passant par les plaines de Voïvodine au nord, jusqu’au massif montagneux de Kopaonik au sud du pays, vous trouverez donc tout ce qu’il vous faut dans le pays pour passer des vacances inoubliables. Sans oublier les rives du Danube, véritables fil rouge naturel du territoire
Le pays n’en est cependant qu’au début de son ouverture au tourisme. Il faut donc s’attendre à un patrimoine encore peu mis en valeur et une organisation bien moins cohérente que dans la plupart des pays d’Europe Centrale. Il s’agit là d’un inconvénient pour le voyageur qui n’est pas préparé, mais d’une grande chance pour celui en quête d’expériences authentiques et confidentielles.
Alors, prêt à jouer les avant-gardistes et à embarquer pour un voyage en Serbie ?
Si les frontières de Serbie sont ouvertes, l’accès au territoire et les voyages à travers le pays sont soumis à conditions. Ces mesures contre la Covid-19 évoluent : il est essentiel de recueillir régulièrement les dernières informations, notamment via l’ambassade de France en Serbie. La quarantaine à domicile n’est plus obligatoire pour les voyageurs en provenance de l’UE.
Les voyageurs non vaccinés arrivant depuis la France peuvent entrer en la Serbie avec un résultat négatif de test COVID-19. Les voyageurs non vaccinés arrivant depuis la France doivent présenter un résultat négatif de test RT-PCR (TAAN) effectué 48 heures avant leur départ pour la Serbie.
Les voyageurs vaccinés arrivant depuis la France peuvent entrer en la Serbie sans aucune restriction. Les voyageurs entièrement vaccinés détenant un certificat de vaccination approuvé n’ont pas besoin de fournir un test COVID-19 négatif.
Les autorités serbes imposent un test PCR négatif à l’entrée dans le pays (datant de moins de 48 heures) ou le certificat de vaccination. Cela concerne tout type d’entrée sur le territoire serbe (voies terrestres et aériennes) et la plupart des pays. Seuls les voyageurs en provenance d’Albanie, Bosnie-et-Herzégovine, Bulgarie, Macédoine du Nord, Hongrie et du Monténégro sont exemptés.
Il est obligatoire pour entrer dans le pays en tant que touriste de procéder à un test PCR négatif (sauf si vous êtes vacciné avec votre certificat de vaccination).
Dans le cadre de la loi visant à prévenir les maladies contagieuses et préserver la santé, le port du masque est obligatoire en intérieur. Les règles commencent doucement à s’assouplir.
Les regroupements de plus de 500 personnes sont interdits et les espaces publics soumis au respect des distances sociales.
Les espaces de restauration sont ouverts sans limite d’heure, à 50% de leur capacité.
Pour les ressortissants européens, la carte nationale d’identité ou le passeport suffisent pour un séjour de moins de 90 jours en Serbie.
Bien qu’étant située au Sud de l’Europe, la Serbie a un climat extrêmement continental. Les effets de la mer Adriatique sont en effet coupés net par les montagnes des Balkans (Alpes Dinariques).
Lors de vos vacances en Serbie, il faudra donc vous attendre à des étés très chauds et humides (parfois plus de quarante degrés) et des hivers très froids. Si vous souhaitez visiter les villes serbes, il vous est donc fortement recommandé de privilégier le printemps ou l’automne.
Cependant, une visite de la Serbie en hiver est une idée fabuleuse si vous aimez skier. Il existe en effet quelques stations de ski dont l’enneigement sera tout à fait satisfaisant dès les premières semaines de la saison.
Informations non négligeables : si l’été marque la saison touristique, c’est la meilleure saison pour vivre un circuit au rythme des évènements culturels et des festivals. De plus, la Serbie se trouve sur le même fuseau horaire que la France, alors qu’elle est située beaucoup plus à l’est. Si vous vous y rendez en hiver, il faudra donc vous attendre à des après-midis très raccourcis et des crépuscules à 15h30-16h.
Un voyage en Serbie, malgré une différence de prix significative entre Belgrade et les autres régions serbes, reste très accessible. La monnaie nationale est le Dinar serbe (RSD). Le cours de la monnaie s’est stabilisé, le taux de change est désormais à un peu moins de 120 RSD par euro
Vous trouverez facilement tout type d’hébergement lors votre séjour. Les hôtels moyens offrent des chambres doubles pour environ soixante à soixante-dix euros la nuit. Quant aux auberges de jeunesse ou aux logements chez l’habitant, les tarifs de base débutent autour de dix euros. À Belgrade, notamment, il est tout à fait possible de trouver un très bel hôtel mais… peu d’offres en dessous de cent-cinquante à deux-cent euros la chambre double !
Les prix affichés dans les restaurants vont de huit euros par personne dans un établissement bon marché à trente euros dans un restaurant chic. Si vous optez pour de la petite restauration rapide et populaire, vous vous en sortirez pour une moyenne de cinq euros de repas. Imbattable !
Pour venir en Serbie, l’avion reste l’option principale. Air France et Air Serbia proposent des vols directs depuis Paris CDG et WizzAir depuis Paris Beauvais. Des liaisons directes avec EasyJet et WizzAir sont aussi proposées depuis Genève et Bâle/Mulhouse.
Swiss, Austrian Airlines et Lufthansa, en outre, proposent souvent des tarifs intéressants au départ de la France à condition d’opter pour une correspondance à Zürich, Vienne, Munich ou Francfort.
Un départ depuis un aéroport national tel que Lyon, Strasbourg, Nice, Marseille, Montpellier ou Rennes, avec correspondance est également envisageable.
Aéroport de Belgrade-Nikola Tesla
Adresse : Aerodrom Beograd 59 Београд, 11180, Serbie
Code : BEG
Aéroport international de Niš Constantin-le-Grand
Adresse : Vazduhoplovaca 24, Niš 18000, Serbie
Code : INI
Pour les plus courageux, la voiture reste une option intéressante, notamment si vous cherchez à vivre une grande aventure et souhaitez visiter quelques pays en route : Allemagne, Autriche ou Croatie. Depuis la France vers Belgrade comptez tout de même, au minimum, 22 heures de trajet. Durant l’été, avec le retour aux pays de la diaspora, le temps d’attente à la frontière entre la Serbie et la Croatie peut être très long (plusieurs heures d’attente), il vous faudra donc faire preuve de patience !
Des lignes relient la capitale Belgrade ainsi que les autres villes serbes depuis les grandes capitales européennes.
Louer une voiture est une très belle façon de découvrir le pays. Les principales enseignes de location sont présentes en Serbie. La plupart d’entre elles refusent les cartes de débit, assurez-vous d’avoir une carte de crédit avec vous pour le paiement. Pour la santé de votre cœur… soyez prudent sur les routes souvent tortueuses et préparez-vous à quelques dépassements un brin suicidaires de la part des conducteurs serbes.
Sur place, le réseau de bus règne en maître. Le train reste toutefois une option attirante, bien que les destinations et les temps de parcours ne soient pas toujours compétitifs. La ligne reliant Belgrade à la frontière hongroise (via Novi Sad et Subotica) est en rénovation. On attend la livraison du tronçon Belgrade-Novi Sad à la fin de 2021, le reste des travaux devrait être terminé dans les prochaines années, mais on peut s’attendre à des temps de parcours beaucoup plus compétitifs.
Il n’y a pas de danger majeur à signaler. Pour leur santé, certains voyageurs préfèrent néanmoins éviter la consommation d’eau du robinet (surtout hors des grandes villes et dans la région de Zrenjanin). Question sécurité, les principaux risques sont rassemblés autour de la frontière du Kosovo : terrains minés et tensions ethniques persistantes. Évitez simplement de vous y arrêter.
Il semblerait que ce pays témoigne d’un melting-pot culturel et naturel presque irréel… Vous en aurez la preuve si vous passez par ces quelques incontournables aussi variés, émouvants que spectaculaires :
Si vous êtes amateurs de viande, la cuisine serbe offrira un séjour plein de charmes à vos papilles ! Vous y retrouverez les principales spécialités balkaniques :
L’Europe centrale et orientale se partage généralement entre vin et eau de vie… La Serbie a les deux.
Au niveau du vin, l’explosion de la Yougoslavie a détruit une tradition viticole ancienne. Progressivement, cependant, la production de vin reprend, avec une qualité qui s’améliore au fil du temps. N’hésitez donc pas à goûter aux cépages autochtones des Balkans, la péninsule en a quelques-uns, comme le Vranac (pour le rouge) ou la Smederevka (pour le blanc).
Pour ce qui est de l’eau de vie, la référence est la légendaire Rakija des Balkans. La prune (Šljivovica) est la plus courante, mais vous pourrez goûter à des spiritueux issus d’à peu près tous les fruits : abricot, pêche, raisin, poire, pomme, coing, etc.
Au niveau de la bière, la production locale s’est pendant longtemps cantonnée à de la bière blonde industrielle, à l’image de Jelen Pivo, la principale bière du pays. Depuis quelques années, l’artisanat s’est développé dans le secteur, avec l’apparition de micro-brasseries comme Kabinet ou Crow qui ont pris progressivement de l’ampleur.
Le charme de Belgrade tient aussi à ses lieux culturels et alternatifs. Elle en regorge ! À tel point que la capitale est parfois surnommée la Berlin des Balkans.
Personnes et traditions locales, histoire du pays, éclats de rire et émotions fortes : les festivals sont les précieux gardiens de la culture d’un pays.
Les amoureux de nature sont tous du même avis : la Serbie est un condensé de merveilles aussi insoupçonnées que précieuses.
Dans ce pays des Balkans, les rivières ont façonné des canyons vertigineux, terrains parfaits pour le canyoning et le rafting. Pour pratiquer ces sports d’eau vive : direction la réserve d’Uvac ou la rivière Drina dans le parc de Tara. Tentez même l’expérience sur la rivière Tara du côté du Monténégro.
Le massif de Kopaonik, tantôt station de ski et tantôt refuge montagnard bucolique, est un lieu béni pour les amoureux de glisse ou de randonnées (pédestres, équestres et même sous terre).
Dans les hautes collines viticoles du parc national de Fruska Gora, le Djerdap offre sans doute les plus beaux itinéraires. Ici, les sentiers courbent l’échine face au cortège des Portes de Fer le long du Danube.
Autre spot de taille pour les marcheurs : le parc national de Tara. Ne cédez pas au télésiège ! Après une bonne marche, la vue plongeante sur les vallées n’en sera que plus savoureuse.
Sur sept à huit jours, vous pourrez déjà vous faire une belle idée de la Serbie. Ou du moins, balayer ses essentiels. Si comme la plupart des voyageurs vous atterrissez à Belgrade, passez une journée supplémentaire dans celle qu’on surnomme la ville blanche.
Prenez alors la route vers Novi Sad, la capitale de Voïvodine. Le troisième jour, faites une halte à Topola, une ville chargée d’histoire. C’est la porte d’entrée idéale pour découvrir, dès le lendemain, les monastères exceptionnels de Studenica, Đurđevi Stupovi et Sopoćani.
Cette route vous amène finalement jusqu’à Niš et ses héritages médiévaux. Profitez du dernier jour pour explorer les portes de fer et le parc national du Đerdap.
Longez le Danube et ses forteresses imprenables, avant de rejoindre Belgrade.
En deux semaines, il est possible d’explorer les sites culturels et naturels les plus captivants de Serbie. Reprenez les visites du premier itinéraire, de Belgrade jusqu’au parc national du Đerdap.
La semaine suivante, faites place au spectacle fascinant de la nature serbe. Parcourez le massif montagneux de Kopaonik au sud du pays. Filez vers le sud-ouest en direction du canyon d’Uvac et des villages ethniques dans les monts de Zlatibor. Frôlez la frontière avec la Bosnie-Herzégovine jusqu’au parc national de la Tara qui, outre ses lacs et vallées enchanteresses, renferme le surprenant village de Mokra Gora.
En rentrant vers Belgrade, si vous avez le temps, faites même un stop dans la ville industrielle de Pančevo.