Turquie puissance mondiale ? 16ème puissance économique du monde et 6ème puissance en Europe, la Turquie ambitionne d’arriver en 2050 dans le Top 10 des puissances mondiales et dans le Top 3 des puissances européennes. Le pays d’Atatürk peut-il réellement atteindre ces objectifs ? De quels atouts dispose-t-il ?
Aujourd’hui, la Turquie dispose d’un PIB trois fois supérieur à celui de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie réunis. Fin 2012, l’agence de notation Fitch a classé le pays en “Investment grade”, preuve du dynamisme de l’économie nationale. Qu’en est-il en 2019 ? Sur quoi la Turquie peut-elle jouer pour atteindre ses objectifs de puissance mondiale ?
En quelques chiffres, la Turquie c’est : 780 576 kilomètres carrés dont 3% de territoire en Europe et 97% en Asie mineure ; 8 000 kilomètres de côtes donnant sur quatre mers – la mer Egée, la mer de Marmara, la mer Méditerranée, la mer Noire – des frontières avec sept pays (Grèce, Bulgarie, Géorgie, Arménie, Iran, Irak, Syrie) ; plusieurs chaînes montagneuses et des dizaines de lacs et de fleuves.
La Turquie bénéficie ainsi d’un territoire vaste et varié, ainsi que d’une position géographique privilégiée, au carrefour de l’Europe et du Moyen-Orient, de la mer Méditerranée et de la mer Noire. De plus, les voisins directs de la Turquie représentent au total près de 1,5 milliards de potentiels consommateurs à moins de quatre heures de vol d’Istanbul, capitale économique du pays.
L’industrialisation de l’Empire ottoman, qui deviendra plus tard la Turquie, a commencé au XVIII ème siècle. Les sultans Selim III et Mahmud Il, ont eu la volonté d’engager une modernisation de l’armée. Pour cela, ils ont grandement investi dans deux secteurs : le textile et la métallurgie. Plus tard, après un conflit d’une dizaine d’années, la République de Turquie menée par son créateur Mustafa Kemal Atatürk, se modernise.
La grande industrie est alors la priorité du pays et jusqu’au milieu des années 1950, la moitié de la production industrielle en mécanique, textile et sidérurgie est assurée par des entreprises d’Etat. De plus, des lois vestimentaires notamment poussent l’industrie du textile à se développer : les hommes étant obligés de s’habiller en costume (à l’occidentale, les habits traditionnels ottomans étant interdits), les premières enseignes de prêt-à-porter apparaissent alors.
L’industrialisation s’accélère davantage dans les années 1960. Le pays, resté neutre pendant la seconde guerre mondiale, n’a pas souffert matériellement du conflit cependant son économie en est ressortie fragilisée. La Turquie s’engage alors dans une politique au coût budgétaire élevé afin de promouvoir les exportations et de protéger son marché en même temps. Maintenue jusque dans les années 2000, cette politique permet aux grandes exploitations de se développer – sans pour autant bénéficier aux petits producteurs – et assure le dynamisme des industries.
La Turquie peine cependant toujours à se développer davantage. En 1980, le pays est plus fermé que la Chine et exporte moins que la Tunisie. Les efforts accumulés pendant les années précédentes n’ont pourtant pas été vains, l’industrie turque est diversifiée. Aujourd’hui, le poids industriel du pays repose essentiellement sur les secteurs de l’automobile, l’industrie agroalimentaire et le textile. La Turquie est ainsi le premier fabriquant européen de téléviseur et d’engrais chimiques, le troisième producteur européen sidérurgique et de produits de céramique, le quatrième producteur mondial de pièces détachées d’automobiles et le premier producteur mondial de noisettes et de fruits.
Bien que les récents attentats ayant touché le pays ont lourdement affecté le secteur du tourisme, la Turquie est depuis longtemps une destination prisée : classé sixième destination touristique la plus populaire au monde (pour l’année 2015) et attire chaque année quelques 30 millions de visiteurs (39,4 millions en 2015 d’après le ministère de la Culture et du Tourisme turc).
Plages, marinas, sources thermales, nombre de visiteurs… La Turquie dispose de nombreux atouts qui lui ont permis de se hisser aux premières places de nombreux classements. Avec sa position privilégiée et ses paysages paradisiaques, la Turquie compte plus de 400 plages au label “Pavillon Bleu” (garant d’une bonne qualité environnementale) et se classe ainsi deuxième parmi 38 pays, devancée par l’Espagne. De plus, la Turquie est le premier pays européen en terme de sources thermales : elle en compte plus de 1 500 !
Enfin, les millions de visiteurs se rendant chaque année à Istanbul et Antalya en font respectivement la cinquième et la dixième ville la plus visitée au monde (selon l’indice 2015 de Mastercard relatif aux villes de tourisme international avec 11,8 millions et 11,1 millions de visiteurs chacune). Pour finir, Istanbul et ses 130 congrès organisés en 2014 en font la dixième destination internationale de congrès (selon le rapport 2014 du classement de l’Association internationale des congrès et conférences).
Depuis 2015 et la vague d’attentats qui a touché le pays, le tourisme en Turquie revient lentement. Début 2017 pourtant, les professionnels du secteur du tourisme se voulaient rassurant : les touristes reviennent progressivement. Cependant, la clientèle change et certaines villes sont fortement touchées par ce manque. Si les touristes russes, qui avaient un peu disparu depuis la crise diplomatique entre la Turquie et la Russie, sont de retour, les touristes européens, eux, ne sont plus là.
Cette absence touche particulièrement la métropole d’Istanbul, où les hôtels ont plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire à rattraper par rapport à 2015. A nouveau (timidement) convoitée par les européens, la Turquie reste optimiste et visait 36 millions de visiteurs pour l’année 2018. Le ministère de la Culture et du Tourisme a d’ailleurs lancé en 2015 une campagne “Turkey, home of…” (“Turquie, terre de…”), mettant en avant les nombreux atouts culturels et touristiques du pays.
Plusieurs grands projets sont en cours et concernent de nombreux secteurs : énergie, grandes infrastructures (aéroports). On peut citer le troisième aéroport d’Istanbul, actuellement en construction, qui deviendra le plus grand aéroport du monde une fois sa construction finie (et qui compte accueillir plus de 200 millions de passagers par an).
La poursuite des réformes engagées par la Turquie, essentielles pour soutenir la croissance et la stabilité du pays, le développement des « incentives » financières et fiscales déjà bien engagé, une meilleure maîtrise de l’inflation et l’amélioration de la relation politique bilatérale sont aujourd’hui autant d’atouts pour le développement de la présence française en Turquie.
La convergence du pays avec l’UE :
Autant d’atouts qui nous amènent à penser que la Turquie pourrait entrer dans le Top 10 des puissances mondiales à terme. Cependant, elle ne devra pas déroger aux règles élémentaires de démocratie, remises en cause ces derniers mois.
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