Faire un voyage au Kosovo… Aux premiers abords, on pourrait croire à une blague. Pour beaucoup, ce petit pays des Balkans est en effet beaucoup plus associé à la guerre qu’au tourisme. Pourtant, cela fait désormais plus de 20 ans que le conflit est terminé. Aujourd’hui, le Kosovo a beaucoup à offrir à ses visiteurs, si peu nombreux soient-ils.
Certes, la plupart des villes du Kosovo ne sont pas parmi les plus belles que l’on puisse trouver en Europe, ni même dans les Balkans. Le développement rapide et incontrôlé de l’urbanisme dans le pays possède même désormais son propre nom : turbo-urbanisation !
Cette spécificité vaut pourtant le coup d’oeil. Si vous souhaitez découvrir des villes différentes, qui sont le fruit de changements radicaux intervenus dans un laps de temps incroyablement court, si vous aimez le chaos, le Kosovo sera une belle surprise pour vous. Ses villes incontournables dont Pristina , sa capitale, vous plonge dans un art de vie et un dynamisme que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Au niveau culturel, là aussi, les découvertes sont au rendez-vous. Les patrimoines albanais et serbes se chevauchent tout au long du pays, avec en toile de fond l’histoire ottomane et byzantine. Le plus bel exemple de ce melting-pot est Prizren qui fut pendant longtemps l’une des villes phares de l’empire Ottoman au sein des Balkans. Le Kosovo abrite de nombreuses autres communautés, riches de leurs histoires communes et uniques à la fois, telles que les Bosniaques du Kosovo, Gorani, Ashkali ou Roms.
Cerise sur gâteau : sur le plan naturel, le pays a également énormément à offrir. L’ouest du pays est constitué de massifs d’une beauté rare. Ils s’étendent du Sharr/Šar à la frontière avec la Macédoine du nord jusqu’aux Alpes albanaises. Un autre site exceptionnel porte le nom de Montagnes maudites (Prokletije/Bjeshkët e Nemuna) aux frontières avec le Monténégro et l’Albanie.
Le Kosovo connait une baisse importante des nouvelles contaminations au Covid-19. Les autorités kosovares ont donc mis fin à certaines mesures restrictives.
Les voyages touristiques sont à nouveau autorisés. Les voyageurs entrant au Kosovo doivent simplement présenter un test PCR négatif effectué moins de 72 heures avant leur arrivée. Sous preuve d’une vaccination complète contre le Covid-19, les voyageurs sont dispensés de test.
L’allègement des mesures par les autorités kosovares est également passé par la levée du couvre-feu et du port du masque en extérieur.
Le passeport ou la carte d’identité nationale est obligatoire pour se rendre au Kosovo. Pour un séjour de moins de trois mois, aucun visa n’est nécessaire.
La Serbie ne reconnaissant pas le Kosovo, vous ne pourrez pas vous rendre du Kosovo vers la Serbie avec votre seul passeport. Lors du contrôle des frontières à la sortie du Kosovo, vous devrez donc présenter votre passeport à la police Kosovare, et votre carte d’identité (si vous êtes ressortissant Schengen) à la police serbe.
Il arrive toutefois aux autorités serbes de refouler certains voyageurs malgré cette stratégie. Dans ce cas-là, il est préférable d’opter pour un trajet Kosovo-Macédoine du Nord-Serbie pour éviter ces tracasseries. Dans le sens inverse (voyage de la Serbie vers le Kosovo), vous ne rencontrerez pas de souci.
Le Kosovo est composé de deux plateaux, la plaine du Kosovo à l’est et la Métochie/Dukagjini à l’ouest, entourés de montagnes et séparées par de petites vallées (la Drenica).
Cette géographie relativement inédite dans les Balkans donne au pays un climat continental plus froid que dans la plupart des pays voisins. Il faut donc s’attendre à des hivers glaciaux, jusqu’à -20 degrés dans les montagnes.
En été cette fraîcheur devient un avantage : le climat continental fait monter les températures, mais elles dépassent cependant rarement les 35 degrés, contrairement aux régions qui entourent le Kosovo où le thermomètre peut parfois passer les 40 degrés.
À moins que vous ne soyez fan de sports d’hiver, privilégiez le printemps, l’été et le début de l’automne (jusqu’à la mi-octobre) pour vous rendre au Kosovo.
Bonne nouvelle, un voyage au Kosovo est un des plus abordables à faire en Europe. Le coût de la vie y est beaucoup moins élevé qu’en France, et vous n’aurez aucun change à faire, le pays, bien que ne faisant pas partie de l’Espace Schengen, ni de l’Union Européenne a adopté l’Euro comme monnaie officielle.
Le poste de dépense lié à l’hébergement est plutôt conséquent. Un hôtel, même bas de gamme, coûte rarement moins de trente euros par nuit et par personne. Très vite, les prix grimpent et atteignent plus de cent euros pour une chambre double.
Pour réduire le coût du budget hôtel, comptez plutôt sur les logements chez l’habitant. Reconnus comme particulièrement accueillants, les kosovars ne manqueront pas de vous inviter au sein de leur famille. Sinon, vous trouverez bien quelques auberges de jeunesse, mais l’offre est encore bien timide.
Heureusement, la nourriture rattrape un peu le coup. Un repas dans un restaurant de gamme modeste coûte moins de dix euros. Pour se nourrir à plus petit prix encore, un burek dans une boulangerie locale ou les produits frais vendus dans la rue seront des alliés imbattables.
L’avion est le moyen de transport le plus économique et rapide pour se rendre au Kosovo. Pour autant, il n’existe aucune liaison directe depuis la France et les meilleures options se situent plutôt en Suisse. Ainsi, de nombreux vols sans escale partent de l’aéroport de Genève, ou de l’aéroport franco-suisse de Bâle-Mulhouse. La durée du vol est de deux heures en moyenne, au prix très raisonnable de moins de cent euros en moyenne.
D’autres aéroports français opèrent des liaisons à destination du Kosovo (Lyon, Marseille, Paris ou Toulouse) mais les vols sont longs et naturellement plus coûteux.
Aéroport international de Pristina
Adresse : Vrellë, Lipjan 10070
Code : PRN
Venir au Kosovo en voiture
Envie de vacances au goût d’une grande aventure ? Alors pourquoi ne pas s’élancer dans un road trip à travers les Balkans. Au départ de France, le trajet jusque chez les kosovars est faisable en deux à trois jours avec des étapes intermédiaires. Notez cependant que la carte internationale d’assurance (la carte verte) ne fonctionne pas au Kosovo, il faudra donc vous acquitter d’une assurance locale à la frontière.
Venir au Kosovo en bus
Pour les plus courageux, les compagnies d’autocars kosovares proposent quelques liaisons France-Kosovo en car. Certaines sont régulières et desservent essentiellement l’Est et le Sud-Est de la France (notamment Strasbourg et Lyon). Il faut compter cependant plus de 24h de bus.
Sur place, le réseau de cars et de bus locaux sera votre principal allié. Il dessert la plupart des villes et villages du pays au départ de Pristina et des principales villes kosovares. Le confort est aléatoire mais les fréquences sont très élevées et les tarifs avantageux.
Il existe aussi un réseau ferroviaire. Celui-ci est en mauvais état, et offre peu de dessertes. Il permet toutefois de découvrir le pays sous un autre jour, les lignes ferroviaires passant en dehors des zones les plus urbanisées, et coûte surtout beaucoup moins cher que l’autocar.
Si vous vous élancez à la découverte des contrées kosovares au volant d’une voiture, vous observerez un net contraste entre l’état routier des grands axes et celui des zones rurales. Pour autant, un road trip n’est pas dangereux et constitue, comme toujours, une belle façon de voyager.
Les mesures et les exigences permettant d’assurer la sécurité des voyageurs sont importantes à respecter. Le risque de violence politique et interethnique au nord du pays est toujours d’actualité. Outre cette zone incertaine, le reste du pays offre une découverte sereine.
Le Kosovo étant situé dans les Balkans, vous y retrouverez la plupart des spécialités de la région. Si vous êtes amateurs de viande, vous serez comblés/
Pristina : la capitale est incontournable. Comme nous l’écrivions plus haut, elle n’est pas réputée pour sa beauté architecturale. Son effervescence et l’ambiance qui s’en dégagent valent cependant de s’y arrêter. Sur place, n’hésitez pas à explorer les restes du vieux Pristina, son marché et ses mosquées de l’époque ottomane.
Flânez sur la principale rue piétonne, Nena Tereza, qui vous permettra d’échapper pendant quelques temps à la circulation infernale de la ville. Découvrez la bibliothèque nationale et son architecture socialiste, considérée par certains magazines comme étant l’un des bâtiments les plus laids du monde.
Explorez la cathédrale catholique Mère Tereza, ouverte il y a moins de dix ans. Montez dans son clocher, qui vous offrira une vue sur la ville à couper le souffle. Enfin, rendez-vous dans la banlieue au Gazimestan, une tour des années 50 construite par le régime serbe pour célébrer la bataille du Kosovo du champ des merles en 1389. Cette bataille contre l’empire ottoman, qui s’est soldée par une défaite du royaume serbe médiéval, est considéré comme un moment fondateur de la Serbie.
Prizren : probablement la plus belle ville du pays. Il s’agit de la capitale historique de la région, un chef d’oeuvre du patrimoine ottoman. Parcourez son centre-ville historique, entre mosquées et églises orthodoxes, avant de vous rendrez dans la forteresse qui surplombe la ville et qui vous offrira un splendide panorama. N’hésitez pas à vous y rendre en août, alors qu’il s’y tient Dokufest, un festival du film documentaire, l’une des références en la matière dans les Balkans.
Peć ou Peja : cette ville, accolée aux gorges majestueuses et profondes de Rugova, vous offrira un bol d’air frais grâce aux montagnes qui l’entourent. Le bazar de la ville vous permettra de découvrir tout l’artisanat local. Vous pourrez aussi vous rendre au Patriarcat de Peć, situé à moins de 5km du centre. Il s’agit de l’un des principaux monastères serbes.
Mitrovica : cette ville est le symbole de la division ethnique du pays. Elle est partagée en deux, entre Albanais au sud et Serbes aux nord, séparés par la rivière Ibar et le pont qui la traverse. Deux villes totalement différentes et séparées vous y attendront. Au nord, profitez-en pour faire un tour sur la forteresse de Zvečan, un château datant de la Serbie médiévale.
Il est cependant fortement recommandé de se renseigner sur les récentes évolutions de la situation avant de se rendre au nord de Mitrovica. Bien que la ville soit désormais sûre, des événements ponctuels viennent parfois remettre en question la stabilité. Il est par ailleurs recommandé de faire preuve de discrétion dans le nord de la ville.
Les monastères serbes : le Kosovo est aussi parsemé de monastères serbes, symboles de la multiplicité de l’histoire du pays. Ils méritent que l’on prenne le temps de les visiter, tant ils racontent une autre partie de l’héritage du Kosovo. La plupart étant sous protection des troupes de l’OTAN et/ou de la police kosovare, assurez-vous d’avoir vos papiers avec vous, ils pourront vous être demandés lors de la visite.
Pristina possède un atout unique : sa forte culture du café. La capitale regorge ainsi de cafés branchés où une bonne dose de caféine est un rituel immanquable. Dit’ e Nat’, Soma Book Station et MIQT sont les cafés les plus reconnus dans le centre-ville de Pristina.
Pour une ambiance plus afterwork, direction les quartiers de Santea, Fehmi Agani et Pejton. Les soirs et les weekends, les jeunes se ruent dans ces fourmilières à cafés, bars et clubs sympas. Mais pour danser de façon électrique jusqu’au bout de la nuit, direction la Zone Club. Grand lieu de la vie nocturne qui ne laisse planer aucun doute sur l’élan de fraîcheur qui souffle sur la capitale.
Ce jeune pays se découvre encore mieux à pieds, en randonnant au beau milieu des montagnes et des forêts vierges. Actuellement, il y a plus de deux cents chemins de randonnée au Kosovo. Où que vous marchiez, vous découvrirez d’anciens trésors enfouis… Depuis plusieurs années, les acteurs du tourisme œuvrent à la reconstruction des vieux châteaux, kullas (maisons traditionnelles de pierre de la région de Dukagjini), des églises et des villes anciennes.
Mordus de sports d’hiver ? Savez-vous que le ski est une des activités les plus répandues dans le pays ? Le territoire abrite de magnifiques terrains, jonchés à plus de 2500 mètres d’altitude, où la neige recouvre les pentes la moitié de l’année.
Enchevêtré entre Orient, montagnes splendides, habitants extrêmement chaleureux, le Kosovo, le moins touristique des pays Balkans, se visite généralement en peu de temps. Indépendant de la Serbie depuis 2008 seulement, le pays connait encore des déboires économiques et politiques qui rendent laborieux l’accès à certaines régions.
Passez déjà un week-end à Pristina, à la découverte de sa mosquée du Bazar, son musée de style austro-hongrois et son superbe monastère de Gracanica. Puis, découvrez, les cascades de Miruša, entre la capitale et Gjakova. Un endroit qui regorge de canyons et piscines naturelles sur une dizaine de kilomètres.
Faites la route vers la ville Peć / Pejë. Si cette porte d’entrée pour les montagnes de Rugova offre une kyrielle d’activités sportives et de paysages magnifiques, le village en lui-même vaut le détour. Découvrez notamment le monastère Visoki Dečani et le Patriarcat de Peć avec leurs fresques murales.
Enfin, direction la ville de Prizren, à une heure et demi seulement au sud de la capitale. Trait d’union entre patrimoine byzantin et ottoman, Prizren, au pied des monts Šar, offre également une nature splendide et lacustre.
Bien que certains pays ne le reconnaissent pas encore, le Kosovo est un pays indépendant depuis le 17 février 2008.
Il faut savoir que le Kosovo est un jeune pays où il y a peu d’immigration. Au contraire, ce sont plutôt les habitants qui quittent le pays.
Le Kosovo est le plus jeune pays du continent européen, et est voisin de l’Albanie. Le Kosovo est composé à sa majorité d’albanais, et pour une minorité de serbe, au nord du pays.