[INTERVIEW] Vanja Sky, la croate qui conquiert l’Europe

By: Quentinprod

Vanja Krbavčić, plus connue sous son nom de scène Vanja Sky, est une jeune chanteuse guitariste croate qui commence à faire sensation. A 26 ans, elle figure déjà parmi les plus grands espoirs du blues rock en Europe. Une belle carrière s’offre donc à elle avec la sortie récente de son deuxième album, “Woman Named Trouble”. Nous l’avons interviewée pour vous !

 

Peux-tu nous raconter comment le blues est entré dans ta vie, un soir de 2015 il me semble ?

C’était lors d’une soirée dans mon bar favori, en 2014. Ils faisaient des concerts les week ends, et c’est là que j’ai entendu du blues pour la première fois. J’ai été éblouie et je peux aisément dire que cette soirée a changé ma vie. Denis Makin, le guitariste qui jouait, a été mon premier mentor et celui qui m’a enseigné mes premiers accords de guitare !

 

Tu achètes alors ta première guitare, et tu penses déjà à un album ?

Oui, j’ai acheté une guitare pas chère le lendemain de ce concert mais il n’était pas encore question d’un album, je voulais juste apprendre à jouer de la guitare. Le plus drôle c’est que ce jour-là, ma mère est venue me rendre visite et elle fût la première personne à qui j’ai dis vouloir apprendre à en jouer, elle a tout de suite pensé que c’était une blague car jusqu’à ce jour je n’avais jamais montré d’intérêt pour faire de la musique ! A ce moment là j’avais plutôt un bel avenir qui se dessinait en pâtisserie.

 

A quel moment as-tu eu le déclic de faire de la musique ton métier ?

Je travaillais comme pâtissière, et chaque personne dans le milieu de la gastronomie ou de l’hôtellerie sait que ce sont des métiers très difficiles avec beaucoup de déplacements et peu de jours de repos. Après avoir commencé la musique, j’ai dû me poser la question de savoir si cela resterait une passion ou si je voulais en faire mon métier. La route est longue, difficile et nécessite beaucoup de dévouement. Mais comme disait ACDC, “It’s a long way to the top if you wanna rock n roll” ! C’est un engagement d’une vie car tu dois toujours travailler sur toi-même, pratiquer et te perfectionner, à la fois comme musicien mais aussi comme une personne et quelque soit ton métier.

 

Ce nouvel album “Woman named trouble“, est plus rock que le premier : qu’est ce qui a changé dans ton approche du blues depuis ton premier album ?

Je pense que la principale différence est l’expérience que j’ai pu avoir depuis le premier album. Le premier a été enregistré avec le groupe de Mike Zito car je n’avais pas mon propre groupe à ce moment-là. Je n’avais jamais joué avec un groupe avant de rentrer en studio avec eux, je ne jouais qu’en acoustique et en duo. L’enregistrement de “Bad Penny“(sorti en 2018, ndlr) a été ma première expérience en studio, j’étais à la fois exigeante et timide face à toute cette nouveauté, et je ne savais pas vraiment comment faire sonner l’album, comment tout cela fonctionnait, c’était vraiment un processus d’apprentissage.

Au contraire, “Woman named trouble” a été enregistré avec mon groupe, un groupe avec lequel j’ai tourné pendant toute l’année, ce qui a fait la différence. Je savais exactement ce que je voulais pour cet album.

ACDC, The Black Crowes, Reignwolf, Greta Van Fleet, Dirty Honey sont des groupes que j’apprécie beaucoup et on influencé le son plus rock de ce nouvel album.

 

Quel est le sens derrière “Woman named trouble” ?

Si tu écoutes attentivement les morceaux, tu peux vraiment y entendre des “troubles” dedans ! C’est simplement le fait d’être soi même, brut et pur, de dire ce que tu as envie de dire. Pour moi en tant que femme c’est très important, car les gens disent toujours “tu dois te comporter comme une femme, tu dois faire ci ou ça, porter ci ou ça, etc”. Si les mecs peuvent chanter des chansons grossières, pourquoi pas les femmes ?!

En seulement quelques années tu es devenue l’une des espoirs de la nouvelle scène blues en Europe. Tu as signé avec le label allemand Ruf Records, connu notamment pour ses talents et pour avoir sorti par exemple le premier album d’Ana Popović. Ça fait rêver !
Cette rencontre avec Ruf a forcément été décisive pour ta carrière.

Je leur suis complètement reconnaissante, surtout en ce moment où l’industrie musicale est bien différente de ce qu’elle a été dans le passé. C’est très important de sentir un bon label derrière soi. Je peux remercier le guitariste anglais Laurence Jones (autre grand espoir du blues rock européen, ndlr) qui m’a mise en relation avec Ruf Records. J’ai actuellement un contrat pour 3 albums avec Ruf, ce qui signifie qu’il y en aura encore un qui sortira avec ce label, et ensuite nous déciderons soit de continuer ensemble, soit de prendre des chemins séparés.

Chaque année Ruf Records organise une tournée Blues Caravan qui s’étend toute l’année à travers l’Europe, destinée à leurs nouveaux artistes. Et cela représente beaucoup lorsque vous n’êtes pas encore un artiste reconnu et établi dans le milieu, car ce serait presque impossible d’organiser soit même une telle tournée. Le label vous offre une chance incroyable de présenter votre musique à un très large public.

 

Chacun de tes albums contient une reprise de Rory Gallagher. Que représente-t-il pour toi ?

Rory est mon héros. Il a une énergie si spéciale, une telle présence sur scène. La première fois que je l’ai découvert j’ai su qu’il avait quelque chose de plus.

Sa musique a vraiment besoin qu’on la remette en avant, et j’ai pris cela comme un devoir de le faire découvrir à un nouveau public, plus jeune. Peut être qu’il aura sur d’autres le même impact qu’il a eu sur moi, qui sait !

 

Cet album contient deux autres reprises : l’une de Luther Allison (Life is a bitch) et une de Fleetwood Mac (Oh well). Pourquoi ces choix ?

En 2018 j’ai participé à la Blues Caravan avec Mike Zito et Bernard Allison (fils de Luther Allison). Nous avions joué “Life is a bitch” durant nos concerts, c’était donc pour moi une façon de dire merci à Bernard et à son père. “Oh Well” quant à elle a toujours été l’un de mes riffs favoris et c’est toujours extra de la jouer sur scène !

Blues Caravan 2018 avec Mike Zito et Bernard Allison

 

Le premier morceau de l’album, “Rock n rolla train“, c’est un hommage à ACDC ?

Oui c’est carrément inspiré par ACDC, c’est mon groupe favoris !

 

Quand j’écoute tes albums et quand je vois la pochette de ton premier album en 2018, l’américaine Samantha Fish me vient en tête. Tu valides la comparaison ?

Je la respecte en tant d’artiste, j’adore sa musique et c’est effectivement une femme qui m’inspire !

 

Selon toi, est ce plus difficile de faire sa place sur la scène blues lorsque l’on est une femme ? Penses tu que les choses ont changé avec la nouvelle génération d’artistes blues ?

Je dirais oui, car en tant en femme les gens jugent plus facilement d’abord par l’apparence et ensuite jugent la musique. Heureusement, nous avons beaucoup de grandes artistes qui prouvent qu’une “pretty woman” peut vraiment casser la baraque !

 

Est ce plus difficile de faire du blues quand on vient d’un pays comme la Croatie qui n’est pas réputé pour sa culture blues ?

J’ai déménagé en Allemagne exactement pour cette raison. Nous sommes un tout petit pays et le blues n’y est pas très populaire, bien qu’il y ait de très bons musiciens et groupes !

 

Le choix de l’Allemagne s’est il porté sur le développement de la scène blues là bas ?

Ce qui m’a motivé c’est que mon label, mon tourneur, mon groupe, mon management et la plupart des concerts sont en Allemagne. Je suis la musique là où elle m’emporte ! Et Hambourg est une ville absolument incroyable pour les musiciens. J’aime vraiment l’Allemagne, honnêtement je m’y sens mieux qu’en Croatie. Je suis impressionné à quel point les gens sont amicaux et solidaires, ils apprécient vraiment la musique et peuvent conduire des heures pour venir te voir en concert.

 

Tu as récemment rejoint la société de production de Manu Lanvin, l’un des grands bluesmen français. Comment l’as-tu rencontré et quels sont vos projets ensemble ?

J’ai rencontré Manu lors de son concert à Hambourg, car nous avons le même producteur en Allemagne. Si la situation sanitaire redevient normale cet automne, nous jouerons ensemble dans plusieurs festivals en France, et l’année prochaine en Allemagne.

 

Quels sont tes projets de promotion concernant ce nouvel album ?

Ce n’est pas la meilleure situation actuellement pour la promotion. On ne peut pas faire grand chose en ce moment, les concerts sont annulés, les bars sont fermés, donc la seule chose que nous pouvons faire c’est d’utiliser les réseaux sociaux. Et heureusement nous avons les radios qui jouent mes morceaux !

 

Quel est ton endroit favoris en Croatie ?

Il y a beaucoup de beaux endroits en Croatie, mais si je devais choisir je dirais Novigrad et Grožnjan !
Grožnjan est une petite cité artistique sur les collines (dans la région de l’Istrie, ndlr), avec l’une des plus belles vues que j’ai pu voir et je recommande à tout le monde de la visiter ou d’aller voir ce lieu en photos. J’avais l’habitude d’y faire des sorties en vélo, il y a une belle route appelée “Parenzana” et chaque été il y a un stage de jazz et des concerts durant deux semaines. Il y a pas mal artistes qui y vivent, c’est un peu comme une ville de conte de fées !

Novigrad sera toujours dans mon cœur car j’y ai vécu pendant deux ans, j’y ai travaillé, eu mes premières leçons de guitare et y ai rencontré plusieurs de mes meilleurs amis !

Site officiel / Facebook
Ecouter “Woman named trouble” sur Deezer

Quentinprod
Amoureux des Balkans ! A la fois professionnel de la production de spectacles vivants, photographe de spectacles vivants, et éducateur/animateur scolaire, avide de découvertes musicales !
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