Jazzycolors 2019, une édition haute en couleur !

By: Quentinprod

Le tour du monde jazzistique proposé par le FICEP est chaque année un marathon que nous courrons avec toujours autant de plaisir ! Si Jules Verne l’a fait en 80 jours, le FICEP nous le propose en seulement 19 concerts et autant de sonorités différentes. Aussi, nous avons fait le choix de nous arrêter exclusivement dans les pays est-européens. Parés pour l’aventure ? Alors suivez le guide !

 

Pianorama

Le top départ de notre périple en terres de jazz est donné comme chaque année par Bojan Z, cette fois dans l’auditorium Debussy Ravel de la Sacem. L’antre du droit d’auteurs est un écrin de choix pour le parrain du festival, qui nous offre un récital en solo et en acoustique totale pour nous donner à entendre les notes les plus pures de son piano avec les tours de La Défense en décor de fond. Comme à son habitude, Bojan Z alterne finesse des mélodies et envolées virtuoses, jouant avec tout ce que peut compter de sonore son piano Steinway, des touches au bois en passant par le pincement des cordes. C’est avec un morceau qu’il joue pour la première fois au piano qu’il entrera en scène. Un morceau initialement composé pour Paolo Fresu. C’est avec une reprise pleine d’espoir de “On a turquoise cloud” de Duke Ellington qu’il la quittera. Un concert magique, en toute simplicité.

Ne manquez pas l’interview que nous avons réalisée à l’occasion du lancement du festival.

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Saint Ignace

Après un lancement de toute beauté, les allemands du Goethe Institut accueillaient la première soirée de cette édition. Les polonais y sont à l’honneur ce soir là, avec un groupe composé de musiciens venus de Pologne mais aussi de Roumanie, de Norvège et de France.
Ce #paderewskiOrchestra a été créé par le contrebassiste polonais Jakub Olejnik et le guitariste  Vojto Monteur, lui aussi polonais, en l’honneur de leur compatriote Ignacy Jan Paderewski, aussi célèbre pour sa musique que pour son rôle déterminant en tant que premier ministre dans l’indépendance de la Pologne au début du 20ème siècle.

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Prague express

Notre sac sur le dos, nous prenons la direction de  la magnifique cave voûtée du Centre Tchèque de Paris pour la troisième étape de ce marathon du jazz. Struddels sucrés et salés, rhum et bières tchèque, Kofola, … l’ambiance praguoise presque comme si vous y étiez pour applaudir le trio tchèque Tellemarkk au Paris Prague Jazz Club ! Violoncelle, clarinette, tablas et électronique, pour une musique hybride à la croisée de la world music et de la musique contemporaine.

 

Road movie hongrois

Quelques jours plus tard, c’est la Hongrie qui nous ouvre ses portes. Le pays du Tokay, pour les fins gourmets, ou de Sandor Marai, pour les plus littéraires, accueille l’un de ses ressortissants, le guitariste Csaba Palotaï. Il est venu présenter à l’Institut Hongrois, un lieu qu’il a longtemps fréquenté, son nouvel album “Antiquity“, accompagné du batteur Steve Argüelles et du saxophoniste Rémi Sciuto. La musique du trio Palotaï résonne à merveille avec la magnifique exposition du grand photographe hongrois Vilmos Zsigmond dans les salles de l’Institut. Le saxophone baryton et la guitare électrique dialoguent, s’entrechoquent et s’assemblent dans de parfaites harmonies au travers de compositions personnelles faites d’hommages au poète hongrois Attila József ou encore à l’écrivain chilien Roberto Bolaño et son roman Les Détectives Sauvages.

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In Grammy we trust

Nous faisons un petit détour par le Centre tchèque, où parait-il, des Portugais ont investi les lieux pour la soirée, avec la complicité du Centre Culturel Portugais. Lorsque l’on a appris que le contrebassiste André Carvalho était sélectionné pour les prochains Grammy Awards pour son album “The Garden of Earthly Delights“, on s’est dit que cela valait le coup de venir lui tirer le portrait. On lui souhaite donc de tout cœur de faire partie de la liste finale des nommés pour les Grammy !

 

Belgrade de Janeiro

Pour son retour dans la programmation de Jazzycolors, la Serbie a mis à l’honneur un artiste au style musical étonnant, au Centre Culturel de Serbie. C’est dans une salle bondée que le pianiste belgradois Vladimir Maričić et ses musiciens ont régalé le public avec un univers dans lequel les notes du folklore balkanique s’unissent aux sons métissés de la musique latino, emmenée par le percussionniste cubain Lazaro Del Toro Vega. Comme quoi le jazz peut se parer de multiples influences musicales sans perdre de sa force originelle. On aura noté la présence dans le public de M. Vladan Vukosavljević, Ministre Serbe de la Culture.

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En attendant Gadó

Avouons le, le jeu de mot était facile. Plus facile que les notes servies ce soir là dans la salle de spectacles du Centre Wallonie Bruxelles. C’est ici que se sont retrouvés deux musiciens qui se connaissent très bien. Une dizaine d’années de complicité entre le trompettiste belge Laurent Blondiau et le guitariste hongrois Gábor Gadó, qui ont sorti ensemble un premier album en 2017, “Veil and quintessence“.

Leur duo s’est transformé ce soir en un quartet qui nous a montré à quel point, s’il faut encore, que quelques notes virtuoses valent mieux que des démonstrations techniques sans âme. Une prestation de très grande qualité où s’entremêlent free jazz et musique contemporaine, durant laquelle l’improvisation fut le maître mot.

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Meet & Greece

Il est temps de revenir dans l’auditorium du Goethe Institut, où a été convié le Centre Hellénique de Paris pour une soirée autour du saxophoniste et clarinettiste grec Dimitri Vassilakis. La soirée commence par une conférence autour du concept “Jazz democracy” présentée par l’artiste, puis se poursuit par un concert en quintet. Outre son fils Nestoras, lui même saxophoniste, Dimitri Vassilakis s’est entouré de musiciens français de haut vol, à commencer par Franck Amsallem, l’un des grands pianistes français actuels. A ses côtés nous retrouvons le batteur Benjamin Henocq et le contrebassiste Olivier Gatto. Ensemble, ils servent un jazz très inspiré de la tradition américaine saupoudré d’influences traditionnelles. Des extraits de son album “Labyrinth” avec son Daedalus Project de 2001 (“Icarus in flight“, “Theseus and Minotaurus“…), ainsi que de tout nouveaux morceaux inédits comme “Blues gang“.

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Jazz balte

Après notre escapade grecque, nous retraversons l’Europe du sud au nord pour découvrir un petit bout d’Estonie. Garant de la jeune garde du jazz estonien, à l’image de Titoks en 2018, l’Ambassade d’Estonie a pris ses quartiers pour la soirée dans la cave du Paris Prague Jazz Club pour nous faire partager “son” talent de l’année, le Lauri Kadalipp Social Jazz.

Un vent de fraîcheur souffle sur les standards jazz interprétés par ces jeunes musiciens surdoués réunis autour du saxophoniste Lauri Kadalipp. Ils développent également un univers personnel mêlant groove du RnB et harmonies de la musique contemporaine dans des compositions réunies sur leur premier album “Feels Just Right” sorti en 2018.

 

Un trio qui vous veut du bien

Notre tour d’Europe arrive presque à son terme, mais manquer de faire étape en Bulgarie serait faire offense à sa scène jazz qui y est particulièrement active.

Pour cet avant dernier concert qui affiche complet, c’est dans les salons de l’ambassade de Bulgarie que nous sommes conviés. Musicien prolifique emblématique de la scène jazz bulgare, Jivko Petrov est venu présenter à Paris son trio JP3 formé en 2004 avec Dimitar Semov à la batterie et Veselin Veselinov à la basse. Lorsque l’on sait que leur premier album “It’s a dream” est l’album jazz le plus vendu d’Europe de l’Est en 2012, c’est vous dire que ce concert était attendu comme l’un des highlights du festival.

Outre son trio, Jivko Petrov mène une carrière en solo, avec un tout nouvel album “Ten” sorti un juin dernier, une vraie pépite à découvrir pour les amateurs de piano.

 

Herbie & Scott

Après quatre semaines sur les routes du jazz est européen, nous voilà arrivés à notre ultime étape, dans un lieu que nous connaissons bien puisque nous sommes de retour chez nos amis hongrois pour fêter comme il se doit la clôture de Jazzycolors. Le Centre Culturel Irlandais, organisateur de la soirée, n’a pas fait les choses à moitié puisqu’il a convié deux groupes pour terminer cette 17ème édition en beauté. C’est d’abord un jeune trio qui prend possession de la salle de concerts du 92 Rue Bonaparte. A eux trois ils proposent une réinterprétation des grands thèmes du jazzman américain Herbie Nichols, dont l’année 2019 marque le centenaire de la naissance.

Puis c’est au tour du pianiste Scott Flanigan de conclure la soirée. Connu notamment pour son travail avec Van Morrison, ce pianiste de Belfast excelle aussi dans le jazz dont il est l’un des artistes les plus en vue en Irlande. C’est avec son trio qu’il vient présenter les compositions de son album “Point Of Departure”, avec en invitée la saxophoniste New-Yorkaise Meilana Gillard.

Après avoir égayé nos papilles musicales, nous descendons quelques marches pour égayer nos papilles gustatives et se dire à l’année prochaine à grand renfort… de Guinness, forcément !

Bojan Z et Scott Flanigan

Retrouvez la galerie photos complète du festival sur ce lien

Nous tenons à remercier chaleureusement l’équipe du FICEP (Bérénice et Emmanuelle) pour leur confiance renouvelée et leur accueil tout au long de ce festival, aux équipes de tous les centres culturels qui nous ont accueillis les bras ouverts, aux artistes qui se sont prêtés avec sympathie à ces petites séances photos avant ou après leur concert, ainsi qu’à Carmen pour ses magnifiques dessins. Enfin, un très grand merci à Bojan Z pour sa disponibilité.

Quentinprod
Amoureux des Balkans ! A la fois professionnel de la production de spectacles vivants, photographe de spectacles vivants, et éducateur/animateur scolaire, avide de découvertes musicales !
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