Quel avenir pour la Transnistrie ?

By: Bruno Kalouaz

En ce mois de juillet, les berges du Dniestr à Tiraspol attirent bon nombre de badauds désireux de se rafraichir. Depuis 26 ans, ce fleuve fait office de frontière entre deux États : sur sa rive droite, la Moldavie ; sur sa rive gauche, la République moldave du Dniestr, plus connue sous le nom de Transnistrie, État autoproclamé de 450 000 âmes à majorité russophone ayant fait sécession de la Moldavie à la chute de l’Union Soviétique.

À l’heure où la Transnistrie se prépare à fêter le 29 juillet le vingt-sixième anniversaire de l’entrée des forces russes de maintien de la paix sur son territoire conformément à l’accord de paix signé en 1992 entre les présidents russes et moldaves – mettant ainsi fin à cette guerre ayant coûté la vie à près de 1200 personnes – une résolution de l’ONU réclamant leur retrait ravive les tensions entre les deux pays. Si la construction de ponts entre les deux rives du Dniestr symbolise le réchauffement des relations entre Tiraspol, capitale de la Transnistrie, et Chisinau, la capitale moldave, le conflit n’est toujours pas réglé politiquement et les forces en présence semblent naviguer à vue.
Quel avenir pour la Transnistrie ? Tentative de réponse.

 

L’ONU exhorte Moscou de retirer ses troupes de Transnistrie

La résolution demandant le retrait complet et inconditionnel des forces militaires étrangères du territoire de la République de Moldavie a été adopté le lundi 22 juin à l’ONU : 64 pays ont voté en sa faveur, 15 s’y sont opposés et 83 se sont abstenus. Bien qu’il n’ait aucune valeur contraignante, ce document déposé conjointement par la Moldavie, la Géorgie, le Canada, la Roumanie, l’Ukraine et les trois pays baltes a suscité des réactions divergentes au sein même des dirigeants politiques moldaves. Si le Premier ministre plutôt pro-européen Pavel Filip s’est félicité qu’ « après plus de 26 ans, l’Assemblée générale reconnaît que la présence militaire russe est illégale et doit être retirée », le Président Igor Dodon, qui lui entretient de bonnes relations avec Moscou, a affirmé que « les troupes russes de maintien de la paix doivent rester en Transnistrie jusqu’au règlement définitif du conflit». Cette manoeuvre du gouvernement « pourrait mener à un nouveau conflit en Transnistrie qui forcerait la Russie à intervenir » craint-il. Même son de cloche de l’autre côté du Dniestr où Tiraspol, par la voix de son ministre des affaires étrangères Valery Ignatiev, estime qu’ « aucune décision concernant le maintien ou non des militaires russes ne pouvait être prise sans l’avis du peuple transnistrien ». Le député du Conseil Suprême de Transnistrie Andreï Safonov déclare même que « les forces russes de maintien de la paix doivent être renforcées, et non pas retirées ». Une pétition en faveur du maintien de la présence militaire russe a récolté en mars dernier plus de 85 000 signatures en réaction à la déclaration de la Cour constitutionnelle moldave de déclarer la Transnistrie comme « territoire occupé ». Comme nous l’a confié Irina, habitante de Tiraspol, « pour nous, les militaires russes sont les garants de la paix ». Pour rappel, alors qu’elle s’est dotée des attributs régaliens d’un État souverain – elle bat même sa propre, monnaie, le rouble transnistrien – la Transnistrie n’est reconnue par aucun État membre de l’ONU. Un bref retour sur l’histoire tourmentée de cette région permet de mieux comprendre la situation actuelle.

Exercices militaires avec des soldats transnistriens et russes pour le jour du défenseur de la Patrie. Tiraspol, 18 février 2017. Crédit : présidence de la République de Transnistrie

La chute de l’Union Soviétique, déclencheur du conflit moldo-transnistrien

Les liens forts unissant la Russie et la Transnistrie ne datent pas d’hier, comme le rappelle Vadim Krasnoselsky, président de Transnistrie depuis 2016 : « la Transnistrie et la Russie ont une histoire commune, des objectifs militaires et stratégiques communs, et il y a des soldats de la paix russes ici. Cela signifie que nous avons un objectif militaire stratégique commun ». En 1792, Tiraspol est fondée par le général russe Alexandre Suvorov, qui en fera un poste avancé de l’Empire russe à l’époque des guerres russo-turques. Quiconque arpente les rues de la capitale transnistrienne peut apercevoir le monument en bronze érigé en son honneur, non loin du Soviet suprême (Parlement) où trône une statue de Lénine. On retrouve également le visage du fondateur de la cité sur les billets de banques émis par la Transnistrie. Sur ce territoire aux terres fertiles se côtoieront Moldaves, Ukrainiens, Russes, Roumains, Allemands, Bulgares, Gagaouzes. La création de l’Union Soviétique et le déclenchement de la Seconde guerre mondiale engendreront un tremblement de terre dont on ressent les secousses jusqu’à aujourd’hui.

Statue du général Suvorov à Tiraspol. Crédit : David Stanley, juin 2017

Victorieux de l’Allemagne nazie, le pouvoir soviétique mène une violente politique de russification en République socialiste soviétique moldave – entité regroupant la Bessarabie (dont fait partie la Moldavie) et la Transnistrie – qui vise à présenter l’URSS comme libératrice du peuple moldave opprimé par la Roumanie collaboratrice. Bien que les Moldaves roumanophones constituent encore l’ethnie majoritaire, seul l’alphabet cyrillique est autorisé, les cadres locaux du Parti communiste sont russophones. Un classique de la politique stalinienne de soutiens des minorités face à la majorité afin de « diviser pour mieux régner ». De plus, le complexe industriel (métallurgie, armement) est concentré du côté transnistrien, tout comme les stocks d’armes et la XIVè armée soviétique et la centrale thermique de Kuchurgan, qui produit aujourd’hui 75% de l’électricité utilisée en Moldavie.
Aux premiers craquèlements de l’URSS, la situation se tend. La Moldavie nouvellement indépendante promulgue le roumain comme langue officielle et laisse planer l’idée d’une réunification avec la Roumanie, inacceptable pour la Transnistrie, qui par crainte d’être marginalisée fait sécession et proclame son indépendance en 1991.

Il ne s’agit ici toutefois pas d’un conflit ethnique comme l’étaient les guerres en Abkhazie, Ossétie du Sud ou au Nagorno-Karabakh, mais identitaire, des Moldaves étant présents des deux côtés du Dniestr. Les tensions dégénèrent en un conflit armé, qui durera de mars à juillet 1992. La Russie soutient d’abord les insurgés face aux offensives moldaves, puis se posera comme arbitre en imposant un cessez-le-feu sur le principe d’un « règlement pacifique du conflit armé dans la région transnistrienne de Moldavie », raison pour laquelle les forces russes de maintien de la paix feront leur entrée en Transnistrie. Outre le fait de veiller à l’application de l’accord, les Russes doivent alors surveiller puis éliminer les 50 000 tonnes d’armes rapportées sur le territoire transnistrien à la chute de l’URSS. Près de la moitié du dépôt d’armement serait toujours présent. La proximité avec le grand port ukrainien d’Odessa, des frontières poreuses et l’espace aérien non-surveillé de la Transnistrie aurait permis à certains marchands d’armes, dont le célèbre Viktor Bout, de profiter de la confusion régnant dans les années 1990. Toutefois comme l’explique le doctorant en géographie politique Thomas Merle, « ce n’est pas la Transnistrie qui inonde d’armes l’Europe et ses réseaux mafieux, elle n’est pas la « poudrière de l’Europe ».

Transnistriens tenant les photos de leurs proches tombés durant la guerre d’indépendance. Tiraspol, juin 2017
Crédit : présidence de la République de Transnistrie

Une grand-mère fait visiter à sa petite fille le monument aux morts de la guerre de 1992. Tiraspol, 2015. Crédit : Jérôme Cid

Des négociations compliquées par le regain des tensions russo-occidentales

Les experts estiment aujourd’hui le nombre de militaires russes présents en Transnistrie à un peu plus de 1500 hommes : 400 forces de maintien de la paix et environ 1200 soldats de l’ex XIVè armée russe, désormais renommée en Groupe opérationnel des troupes russes. Aujourd’hui, les discussions concernant le règlement du conflit transnistrien se tiennent sous le format 5 + 2. Les deux ex-belligérants sont entourés par la Russie, l’Ukraine et l’OSCE qui jouent le rôle de médiateurs, les États-Unis et l’Union Européenne étant observateurs. Toutefois, les tensions russo-américaines compliquent les négociations. Rosian Vasiloi, ancien colonel moldave et collaborateur de l’OSCE, s’inquiète de la présence militaire russe : « la Russie a tenu 48 exercices militaires en 2016 et 200 en 2017 ». Le soutien de l’armée russe à l’armée transnistrienne (qui comprendrait entre 5000 et 7500 hommes), n’est donc pas du goût tous. La loi moldave considère l’armée comme étant une formation paramilitaire illégale et la condamne de fait. De son côté, Tiraspol a récemment voté une loi permettant aux jeunes d’effectuer leur service militaire tout en continuant leurs études. Le ministère de la défense produit lui la série télé « служу отечеству » (Je sers la Patrie), mêlant témoignages des soldats transnistriens et présentation des dernières avancées militaires. Ce programme a deux aspects, mémoriel et pratique. En mettant en valeur l’histoire de la Transnistrie, cela fait ressortir le sentiment patriotique et donc la cohésion de la nation, ce qui permet in fine de recruter de nouveaux soldats.

Instructeur et futurs tankistes, avant un exercice de tir. 24.01.2017
Crédit : Ministère de la défense de Transnistrie

L’éternelle rhétorique de l’agression russe est pourtant improductive, alors même que Moscou a longtemps plaidé pour une réintégration de la Transnistrie sous le giron moldave. Le rejet en 2003 par Chisinau, sous la pression de l’Union Européenne, du mémorandum proposé par la Russie qui assurerait une fédéralisation de la Moldavie en réintégrant la Transnistrie a mis un coup d’arrêt aux négociations. De plus, si l’OTAN reproche au Kremlin de ne pas retirer ses troupes de la rive gauche du Dniestr, elle n’en continue pas moins de renforcer sa présence militaire en Europe de l’Est, contrairement aux engagements pris à la chute de l’URSS. La position de la Russie n’en est pas plus lisible. Restant sourd aux appels du pied de la Transnistrie, le Kremlin n’en continue pas moins de contribuer aux paiements des retraites et offre le gaz, fermant les yeux sur l’ardoise impayée de six milliards d’euros. Un cadeau empoisonné pour la Moldavie, plus pauvre pays d’Europe, qui pourrait voir Moscou réclamer la facture en cas de réintégration de la Transnistrie.

La guerre en Ukraine et l’afflux de réfugiés en provenance du Donbass a toutefois poussé le Kremlin a réduire ses dépenses pour la Transnistrie. À la suite de la crise en Crimée, le général Breedlove, commandant suprême des forces de l’OTAN en Europe de 2013 à 2016 craignait une répétition du scénario ukrainien et une annexion de la Transnistrie par la Russie, scénario hautement improbable. La guerre dans le Donbass a au contraire fragilisé la République moldave du Dniestr et ses liens avec la Russie se sont distendus. Oubliée jusqu’ici, l’Ukraine désormais joue un rôle central dans le règlement du conflit.

Si la Transnistrie compte 30% d’Ukrainiens, Kiev a durci sa politique vis à vis de Tiraspol, qu’elle considère comme étant un poste avancé de la Russie. L’accès au port d’Odessa, vital pour la Transnistrie, est devenu plus compliqué et l’Ukraine a renforcé ses contrôles à la frontière ukraino-transnistrienne. Le président ukrainien Petro Porochenko a récemment mis en place des sanctions contre l’usine métallurgique de Ribnita, l’une des principales sources de revenus pour la Transnistrie, lui interdisant d’exporter en Ukraine et gelant les avoirs des oligarques russes détenant des parts dans le groupe. De plus, on soupçonne certains hommes d’affaires russes d’utiliser la Transnistrie pour contourner les sanctions dont ils sont victimes. Ces mesures sont soutenues par Ukrmetallurgprom, géant ukrainien de l’acier, qui a récemment signé un accord avec l’américain World Steel Dynamics. Dans ces conditions, il est compliqué de trouver un accord satisfaisant pour toutes les parties, quand les discussions sous le format 5 + 2 semble se transformer en combat à 5 contre 2. La position des dirigeants transnistriens est pourtant ambiguë, tout comme celle de Moscou, qui semble se désintéresser peu à peu du problème tant que certaines lignes rouges ne sont pas franchies, le maintien de ses troupes en Transnistrie en étant vraisemblablement une.

Crédit : Thomas Merle

La Transnistrie, âme à l’Est, intérêts à l’Ouest ?

Aujourd’hui, 40% des 500 000 habitants de la République moldave du Dniestr ont un passeport russe. Il est compliqué de définir son identité dans une région qui a vu de nombreux peuples ont cohabité durant des siècles, comme nous l’explique Anna, étudiante à Tiraspol. « J’ai un passeport russe, car mon père est Russe mais ma mère est Ukrainienne. À 16 ans, il m’a fallu choisir mais que devais-je dire ? Je pense que je suis Russe car je parle russe, comme les gens autour de moi. Mais c’est très compliqué vous savez, quand vous avez autant de nationalités différentes dans la famille ». C’est ce qui fait la particularité de ce conflit gelé moldo-transnistrien, basée sur des revendications identitaires alors même qu’il n’y a pas de consensus des deux côtés du Dniestr autour de la question de l’identité moldave. Si Anna est convaincue que la Transnistrie restera indépendante, son amie Irina pense elle que « sans l’argent de la Russie, nous ne survivrions pas ».
En 2006, la Transnistrie avait d’ailleurs organisé un référendum pour demander son rattachement à la Russie – 98% des électeurs y étaient favorables – mais Moscou fait la sourde oreille et continue toutefois à lui fournir le gaz à un prix dérisoire, ensuite revendu en Moldavie. Dans un contexte d’expansion de l’OTAN, cette situation de statut-quo arrange la Russie qui défend ses intérêts et tente de garder la main-mise sur la Moldavie, qui ne peut intégrer l’Union Européenne tant que le conflit transnistrien n’est pas réglé.

Jour de la Russie à Tiraspol. Au centre, le président Vadim Krasnoselsky.
Crédit : Présidence de la République de Transnistrie

Mais si la Transnistrie clame son amour pour Moscou, c’est bien l’Union européenne qui constitue son premier partenaire commercial. Cette situation étonnante au premier abord s’explique en partie par les liens entretenus par le gouvernement transnistrien avec le conglomérat Sheriff, qui possède notamment station-services, supermarchés, entreprises de construction, de téléphonie et même le club de football à son nom, le Sheriff Tiraspol, 17 fois champion de… Moldavie. Les années où Sheriff et les dirigeants transnistriens marchaient main dans la main, notamment sous la période Igor Smirnov (président de 1991 à 2001) semblent révolus. Evgueny Chevtchouk (2011-2016) et Vadim Kranoselsky, pourtant ancien directeur de la sécurité de Sheriff, optent pour une approche plus pragmatique, en dialoguant avec Bruxelles. Aujourd’hui, la Transnistrie profite de l’accord d’association signé entre l’Union européenne et la Moldavie en 2014, mettant en place une zone de libre-échange qui incluent la Transnistrie. Conséquence, l’Union Européenne est le premier partenaire économique de la Transnistrie (204 millions d’euros de biens exportés en 2017) loin devant l’Union Eurasiatique (60 millions d’euros), organisation comprenant la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan et le Kazakhstan. En clair, l’avenir économique de la Transnistrie semble se situer à l’Ouest, malgré un coeur qui bat au rythme de Moscou.

Rencontre entre une délégation amércaine et le président Krasnoselsky. 27/02/2018. Crédit : Présidence de la République de Transnistrie

Des réussites récentes qui masquent une absence de vision à long-terme

Ces derniers mois, les gouvernements moldaves et transnistriens ont renforcé leur coopération dans de nombreux domaines, ce que la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a salué. Un pont sur le Dniestr a été construit et ouvert à la circulation, les véhicules immatriculés en Transnistrie sont autorisés participer au trafic routier international, un accord sur les réseaux téléphoniques va être signé, l’enseignement en langue roumaine sera permis en sur la rive gauche du Dniestr et les deux parties discutent actuellement de la possibilité d’importer des médicaments produits en Transnistrie sur le territoire moldave.
Plus important encore, les diplômes de l’université Taras Chevchenko de Tiraspol (du nom d’un grand poète ukrainien) recevront une certification officielle du ministère de la justice moldave, leur permettant d’étudier dans les universités européennes. Jusqu’ici, seule la Russie reconnaissait la validité du diplôme. Toutefois, la position du gouvernement moldave reste ambigüe. Chisinau continue à faire pression sur la Transnistrie (poursuite en justice d’officiels transnistriens, résolution déposée à l’ONU pour le retrait des troupes russes) au risque de fragiliser les récentes avancées. De plus, la Moldavie semble aujourd’hui n’avoir à proposer qu’une intégration économique plus poussée à la Transnistrie pour la ramener dans son giron.

Vadim Krasnoselsky et Igor Dodon, 30 Mars 2017, à Holercani
Crédit : Présidence de la Transnistrie

Mais l’économie ne peut être le seul ciment d’une unité nationale et la moindre crise remettrait en question l’unité des deux rives du Dniestr. De plus, les Transnistriens n’ont pas grand chose à envier à leurs voisins, le PIB nominal de la Transnistrie (qui s’élève à 1700€) étant légèrement supérieur à celui de la Moldavie. La réintégration de la Transnistrie semble dans tous les cas inenvisageable tant que les élites moldaves et roumaines n’auront pas définitivement abandonné l’idée de la « Grande Roumanie » impliquant le rattachement de la Moldavie à la Roumanie. Aujourd’hui, plus de la moitié des députés moldaves possèdent un passeport roumain, dont Vlad Plahotniuc, oligarque considéré comme étant l’homme le plus puissant de Moldavie. Il est président du Parti démocrate moldave, qui a initié le projet de résolution sur le retrait des troupes russes. Là encore, les citoyens des deux rives du Dniestr pâtissent des choix d’une classe politique souvent guidée par des motivations purement économiques.
Ces tentatives de résolution du conflit à travers les prismes économiques ou militaires démontrent les failles du projet d’État moldave, incapable de proposer de réelles garanties à la Transnistrie en cas de réintégration. La politique de voisinage de l’Union européenne a également sa part de responsabilités, comme nous l’explique la journaliste moldave Maria Levcenco : « la Moldavie était connue en Europe comme une histoire réussie de l’Union Européenne dans le cadre du partenariat oriental. Désormais, tout le monde se demande pourquoi ce succès s’est transformé en échec de l’Union Européenne ». L’Union Européenne semble toutefois trop peu impliquée dans la résolution du conflit, en refusant notamment de reconnaitre les résultats des élections comme valides, alors même que la Transnistrie réclame des observateurs internationaux. Renforcer sa « mission d’assistance aux frontières », en coopération avec Tiraspol, afin de mieux quantifier et analyser l’état réel de ces trafics supposés. Les sanctions et blocus imposés contre la Transnistrie participent également au renforcement du statut quo et le mariage forcé ne semble pas être la meilleure des solutions.

Les élections législatives moldaves en novembre 2018 devraient donner une majorité au président socialiste moldave Igor Dodon, qui aurait alors la possibilité de peser dans les négociations en faveur d’une résolution du conflit. Alors que Washington et Moscou montrent leurs muscles, il conviendrait de sortir de l’éternelle rhétorique d’affrontement Est/Ouest, servant trop souvent d’alibi aux élites politiques pour justifier leur immobilisme et leur incapacité à régler les problèmes posés. Élites politiques qui ont bien souvent les mains liées par les oligarques peu scrupuleux de tous bords imposant leur volonté. D’ici à ce qu’une solution courageuse soit trouvée, le Dniestr continuera lui à couler sous les ponts.

Berges du Dniestr à Tiraspol, juin 2017. Crédit : David Stanley

Bruno Kalouaz
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