Eurovision, 62ème édition

By: Charlyne Thiery

Que vous l'ayez regardé en direct ou bien suivi via notre live tweet sur Twitter, vous n'avez certainement pas échappé, hier soir, à l'Eurovision. La 62ème édition du concours de chant européen s'est tenu hier à Kiev, en Ukraine, après la victoire de la chanteuse ukrainienne Jamala, l'année dernière. Celle-ci l'avait emporté avec une chanson fortement contestée par la Russie, 1944, qui racontait la déportation du peuple tatare de Crimée par Staline, en 1944. Entre mises en scènes plus qu'originales, imprévus, messages politiques et chansons d'amour, cette 62ème édition de l'Eurovision Song Contest ne nous a pas déçus. Retour sur cette soirée.

Un show à la hauteur des espérances

Le spectacle s'est tenu le samedi 13 mai au soir au Kyiv International Show Center, à Kiev, en Ukraine. Présenté par Oleksandr Skichko, Volodymyr Ostapchuk et Timur Miroshnychenko, les trois TV hosts ukrainiens tout en paillettes, le thème de cette année, Celebrating Diversity (« célébrer la diversité »), était mis en valeur par la scène circulaire, imaginée par Florian Weider et qui a donné lieu à des mises en scènes plus folles les unes que les autres.

L'Eurovision a encore une fois tenu à sa réputation. Un cheval sur une échelle, un baiser imprévu, des planches de surf... Oui, les performances de cette année n'ont pas manqué d'originalité. Les chanteuses et chanteurs vêtus de strass et de paillettes étaient bien évidemment au rendez-vous, comme la chanteuse françaises Alma qui interprété son titre Requiem seule sur scène sur fond de tour Eiffel, mais d'autres pays n'ont pas eu froid aux yeux. Mention spéciale pour les chanteurs biélorusses qui ont fini leur performance en s'embrassant - ce qui « n'était pas prévu aux répétitions » selon Marianne James - ou encore aux Suédois qui ont dansé sur des tapis roulants.

Certaines performances, quant à elles, ont clairement dénoté avec la tradition de l'Eurovision. C'est le cas du gagnant de cette année, Salvador Sobral, qui a interprété sa chanson Amar Pelos Dois, « amour pour deux », tout en retenue, sans décors loufoques ni mise en scène explosive. C'est d'ailleurs ce que le candidat a déclaré à l'annonce de sa victoire, avec 758 points, « C'est une victoire pour la musique, pour les personnes qui créent de la musique qui veut vraiment dire quelque chose. La musique ce n'est pas des feux d'artifices, la musique c'est des sentiments... Alors essayons de changer cela, revenons à la vraie musique, c'est cela le plus important. » Le candidat portugais a rapporté hier soir la première victoire de l'Eurovision à son pays.

Célébrer la diversité

Tel était le thème de cette année. A première vue, on aurait pu s'attendre à des chansons, non pas en anglais, mais dans la langue natale des chanteurs, ou plus généralement célébrant la diversité des cultures des 26 pays participants à la finale. Et pourtant, la majorité des chanteurs ont performé en anglais, la langue internationale. Si, bien évidemment, ce geste est une main tendue pour que les dizaines de milliers de spectateurs de l'Eurovision puissent comprendre les paroles des chansons, le trop plein de chansons en anglais et sur des thèmes communs a déçu une bonne partie des spectateurs.

Notons cependant l'originalité de certaines prestations. Le gagnant de cette 62ème édition, Salvador Sobral, a chanté entièrement en portugais, sa langue natale. Il faut aussi souligner la performance de Joci Pápai pour la Hongrie. Avec Origo, l'artiste hongrois a chanté en hongrois et en langue rom. Des sonorités, aux costumes, en passant par la danse qui a accompagné le chanteur, ce beau clin d'oeil à la diversité des cultures a été salué sur les réseaux sociaux. La française Alma a aussi chanté en français avec un refrain en anglais, et la prestation du duo roumain Ilinca et Alex Florea, Yodel It! a aussi eu un grand succès grâce au yodel de la star roumaine.

Et comme à chaque édition de l'Eurovision, quelques messages politiques

Ils étaient, certes, moins flagrant cette année par rapport à des années précédentes. L'année passée avait été marqué par la chanson 1944 de l'Ukrainienne Jamala, parlant de la déportation des Tatares de Crimée par Staline. Peu après l'annexion de la Crimée par la Russie de Poutine, la chanson avait mal été accueillie par les russes. Avant encore, la victoire de Conchita Crust, travesti autrichien qui avait chanté Rise Like a Phoenix avait véhiculé un message fort de tolérance. Et, encore une fois, la performance et le message véhiculé n'avaient pas fait l'unanimité.

Nombreux sont les exemples de messages politiques transmis par l'Eurovision. Conflit israélo-palestinien, révolutions, anti-américanisme, homosexualité, religion... Beaucoup de sujets conflictuels ont été traités et ont parfois créé la polémique. Cette année, si les messages ont été moins flagrants, on peut tout de même en noter quelques uns. La chanson Never Give Up on You de la britannique Lucie Jones a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Presque un an après le vote du Brexit, le titre « ne jamais t’abandonner », chanté par une britannique à un concours de chant européen en a fait rire plus d'un.

Après 44 participations à l'Eurovision, Israël a annoncé hier soir la fin d'une histoire. La télé publique israélienne vient en effet d'être brusquement fermée par le gouvernement dans le but de la « remplacer par une nouvelle structure pour la moderniser ». Et à l'annonce des points distribués hier soir, Ofer Shalom, le représentant d'Israël, a déclaré « Cette nuit est la dernière pour nous. Ce soir, IBA [l'Autorité radiodiffusion d'Israël] arrête notre retransmission pour toujours » avant d’ajouter « alors, au nom d’IBA, laissez moi vous dire merci, Europe, pour tous ces beaux moments et ces belles années… Et peut-être que nous nous retrouverons dans le futur. »

Photo de couverture : SERGEI SUPINSKY / AFP

Charlyne Thiery
Co-rédactrice en chef
Etudiante à Sciences Po Grenoble après un an à Vilnius, voyageuse en Europe, amoureuse en Turquie.

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