Le son de la semaine #52 : Komitas – Krunk

By: Adrienne Charmet

Komitas (1869-1935), né Soghomon Gevorgi Soghomonian (Սողոմոն Գևորգի Սողոմոնյան), est un prêtre arménien, chantre, ethnographe musical et compositeur.

Il est allé puiser, en ethnographe, la quintessence de la musique traditionnelle arménienne, puis l’a offerte à la modernité en composant des œuvres d’une grande beauté.

Komitas est né dans une famille simple. Orphelin très jeune, il traîne dans les rues jusqu’à ce qu’un prêtre repère sa voix et son intelligence. Il devient alors moine sous le nom de Komitas, et rapidement très réputé non seulement pour sa voix mais aussi pour dépoussiérer la musique arménienne d’harmonisations trop « européennes ». Il est envoyé à Berlin pour étudier la musique, et est docteur en musicologie et théologie.

Au tournant du XXe siècle il parcourt l’Arménie pour mener une grande collecte de musiques, danses, chants sacrés et profanes. Il écoute tout, note tout.

Komitas

Son travail fait renaître dans son pays la musique traditionnelle, et il la fait connaître à l’extérieur en faisant une grande tournée en Europe en 1906. Il quitte les ordres en 1910 et se consacre à la musique.

Pris dans la première rafle d’intellectuels arrêtés en avril 1915 à Istanbul, qui débute le génocide arménien, il est battu, déporté, interné, maltraité. Il devient quasi fou.

Komitas est libéré grâce à sa notoriété, mais sombre dans le syndrome du survivant : il ne supporte pas d’avoir été épargné quand tant sont morts.

Profondément affecté, il est « extradé » de Turquie par ses amis intellectuels européens, vers Tbilissi d’abord, Paris ensuite. Complètement renfermé sur lui-même, refusant tout rappel du passé, Komitas meurt en 1935. Son corps, ramené en Arménie, est enterré dans un parc devenu ensuite le panthéon des artistes arméniens.

Les pièces musicales de Komitas sont très reprises, transcrites, adaptées, par les musiciens classiques et populaires d’Arménie. « Krunk » est un morceau typique de Komitas : issu de la tradition populaire, il a d’abord été écrit pour piano et voix, puis transcrit pour orchestre et violon solo par Alexander Iradyan.

Adrienne Charmet
Slavophile amateure et autodidacte, vadrouillant dans l'Est depuis une vingtaine d'années à intervalles irréguliers. Je me nourris de musique et de littérature le reste du temps, et d'Internet aussi.

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