Deux jours a Tiraspol

By: Doris Manu

Un État reconnu seulement par trois autres États non-reconnus dans le monde, la Transnistrie est calme, bien-aimée par ses habitants et partiellement ignorée à la fois par la globalisation et par les touristes. Par conséquent, il y a assez d’unicité dans ce territoire dans lequel le souvenir du passé, récent et lointain, est bien gardé et respecté. En même temps, une vague de modernité post-communiste et le consumérisme l’ont touché et le mélange de l’ancien et du nouveau est aussi fascinant que le mélange des groupes ethniques – Russes, Ukrainiens, Moldaves/Roumains, etc. qui sont maintenant tous Transnistriens après 26 ans de vie dans ce pays autoproclamé. Découverte de Tiraspol, capitale de la Transnistrie.

L’arrivée

Des histoires effrayantes circulent a propos de l’entrée en Transnistrie, qui impliquent des soldats agressifs demandant un pot-de-vin pour laisser passer les visiteurs. En réalité, l’entrée par les points d’entrée officiels est une procédure très simple et efficace. Il est nécessaire de présenter son passeport dans un bureau d’enregistrement, ou les autorités donnent aux visiteurs un papier timbré valable un jour. À leur arrivée à Tiraspol, les visiteurs doivent se rendre au Bureau d’Immigration pour prolonger la validité du document s’ils prévoient de rester plus longtemps, ou leur hôtel peut s’en occuper.

Venant de Chisinau en bus ou taxi, les visiteurs passeront cependant a côté de soldats russes et de ce qui était autrefois le barrage routier sur un pont sur la rivière de Dniester. Mais leurs véhicules ne seront pas arrêtés ni fouillés. Pourtant, prendre des photos de l’armée russe est interdit et cela peut créer des problèmes.

Le tour de la capitale

En entrant dans la ville de Tiraspol par l’ouest, le bus ou le taxi prendra le grand boulevard qui la traverse. Le visiteur tombera sur la place principale. La place principale à Tiraspol est divisée en deux par ce boulevard : la Rue 25 Octobre. D’un côté, il y a la statue équestre de Suvorov, grand général russe du XVIIIème siècle et fondateur de la ville. De l’autre côté se trouve le Mémorial de la Gloire en l’honneur des soldats morts lors de la guerre d’indépendance de 1991-1992. Un tank russe T-34 est mis sur un piédestal en face du monument et une chapelle avec un toit en or a son dos tourné a la rivière du Dniester.

Le siège du gouvernement autoproclamé est juste a côté. Le bâtiment est immense et impressionnant, aussi impressionnant que la statue de Lenin qui lui fait face.

La visite de la ville peut inclure une visite de certaines églises dans le centre-ville, dont la plus grande est la Cathédrale de Noël. Une promenade au bord de la rivière est également une chose agréable que les locaux conseillent de faire. Ce lieu est chargé d’histoire, car la rivière est la frontière de facto de la Transnistrie avec la Moldavie depuis 1992.

Pour mieux comprendre ce qui s’est passé avant et pendant 1992, une visite au Musée d’Histoire Locale est un impératif. Dans la petite maison à côté, qui est bien chauffée en hiver et fraiche en été, se trouve le Musée ND Zelinski. Nikolaï Zelinski était un chimiste et académicien, il a inventé le premier masque à gaz à charbon actif. Etant né a Tiraspol et ayant fait une partie de ses études à l’université locale, il est considéré comme l’une des personnalités remarquables de la Transnistrie.

À la banque

La Transnistrie a sa propre monnaie, le rouble transnistrien. Il y a dans Tiraspol plusieurs banques locales où vous pouvez en acheter, ou en retirer. En 2014, la Banque de Transnistrie a émis des pièces de 1, 3, 5 et 10 roubles en plastique recyclé, qui sont les premières pièces en plastique du monde. À cause de la non-reconnaissance du pays et de sa monnaie, il est impossible de payer les achats par carte bancaire. Une visite à la banque ou à un bureau de change s’impose. Bien entendu, il ne faut pas oublier de dépenser ou vendre les roubles avant de partir – il n’y a aucune façon de le faire après le départ.

Shopping

Qu’est qu’il faut acheter à Tiraspol? Du Kvint, bien sûr!

L’usine de Kvint à Tiraspol produit un des cognacs de plus haute qualité, extrêmement difficile à trouver ailleurs en Europe.

Le cognac et les produits vinicoles de cette usine ont régulièrement remporté des prix à des prestigieuses expositions internationales depuis des années déjà. En 2016, les bouteilles de Kvint 3 et Kvint 6 ont reçu des prix à des expositions à New York et à Los Angeles. À Tiraspol, il est même possible de visiter l’usine qui a pour mission de « conserver l’expérience séculaire de production, d’accroître les connaissances et de développer de nouvelles technologies ». Les visiteurs peuvent y faire des dégustations et acheter des bouteilles dans le magasin à côté, où le prix du Kvint est beaucoup plus bas qu’à l’étranger.

D’autres souvenirs à emporter à la maison, comme des choses anciennes de l’époque soviétique par exemple, peuvent être trouvées sur le marché local le week-end. La librairie dans la rue principale offre, elle aussi, une variété limitée de souvenirs pour les touristes qui la visite.

Sortir en ville

Il y a plusieurs restaurants dans le centre-ville de Tiraspol. Dans la rue principale, les restaurants modernes sont visibles et fréquentés par les locaux tous les jours. Mais les endroits intéressants sont cachés, il faut souvent se perdre dans la ville pour les trouver.

Pour manger de la nourriture traditionnelle, les locaux conseillent de faire une visite à Kumanek, restaurant ukrainien ouvert dans une vielle maison pas loin du boulevard. Le menu est impressionnant, et il faut absolument essayer le Kvas, qui est une faible boisson alcoolisée à base de céréales et de pain rassis. Un autre bon restaurant est La Placinte, qui propose de la nourriture traditionnelle moldave. Et les visiteurs pourront même goûter de la nourriture russe dans le restaurant de l’hôtel de luxe Rossyia. Tous les groupes ethniques de Transnistrie contribuent avec leur cuisine traditionnelle à l’offre gastronomique de Tiraspol.

Après une soirée au restaurant, les jeunes de Tiraspol aiment faire la fête le week-end dans les boîtes de nuit dont les plus connues sont Plazma et Vintage. Les locaux conseillent d’aller à Vintage plutôt qu’à Plazma, qui est fréquentée par de des gens plus âgées et a une mauvaise réputation. À Vintage, les DJs changent toutes les semaines et parfois la boîte organise des fêtes thématiques.

Le départ

La gare et la station de bus sont dans le même bâtiment – moderne, propre et bien organisé. Le train Chisinau – Odessa passe par Tiraspol tous les jours et il y a aussi des lignes régulières pour Chisinau, Odessa, St Petersbourg et Moscou. Le billet pour aller à Odessa ou Chisinau en train coûte 8 euros, alors que le bus est encore moins cher.

Il faut faire attention à avoir la somme nécessaire en roubles transnistriens pour acheter le billet ou avoir une bonne compréhension du russe, parce que le distributeur de billets à la station n’a pas une version en une langue étrangère. Et pour ne pas rester en Transnistrie plus longtemps que prévu, il ne faut pas oublier le document timbré qui doit être présenté à la sortie de ce minuscule pays autoproclamé.

Doris Manu
Doris est diplômée du Collège d`Europe à Bruges. Elle est également titulaire d'un Master en études sud-est européennes de l`Université de Belgrad. Elle a fait plusieurs stages au Kosovo, en Roumanie, en Serbie et en Croatie. Actuellement elle travaille à Bruxelles.

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