Hip Hop en Serbie (3e partie): La génération après-guerre (2002-2006)

By: Thibaut Boudaud

La deuxième vague :

La deuxième vague de Hip Hop commence en 2002, avec l’avènement du label « Bassivity Music », fondé en septembre 2000 par le musicien, et cinéaste serbe Vanja Ulepić. Le label produira pendant quelques années, uniquement des albums de rap serbe, avant de s’internationaliser et d’aujourd’hui opérer aussi aux Etats-Unis.

C’est une révolution pour la musique Hip Hop en Serbie, car la création de ce label va définitivement ancrer ce genre musical dans la culture mainstream serbe. Le label basé à Belgrade va soigneusement sélectionner et diriger les interprètes et leur promotion médiatique. Le tout premier album produit par le label est l’oeuvre du groupe V.I.P. dont Relja Milanković Reksona, l’un des 2 rappeurs est aussi co-fondateurs du label. L’album se nomme « Ekipa stigla », avec notamment le titre « Ako riba drolja postane ». A l’époque, le clip sera diffusé sur toutes les chaînes de télévisions serbes.

L’autre groupe à profiter de la renommée du label Bassivity sera Beogradski Sindikat. En 2002, le groupe, pratiquant un rap politique, sort un single intitulé « Govedina » qui suscite des controverses en raison de ses attaques virulentes contre la classe politique serbe, pourtant cette polémique aide à la diffusion du hip-hop en Serbie. A ses débuts, Škabo, l’un des membres originelles et fondateur du groupe Belgradois était membre d’un groupe de rap underground appelé « Red Zmaja ». Puis, en 1999, avec huit autres MC, il créé Beogradski Sindikat. Il a ainsi participé à la sortie du premier album, « BSSST…Tišinčina ». De 2001 à 2005, Škabo a aussi travaillé en tant que présentateur sur la station de radio SKC. Son émission était intitulée « Sindikalni termin », et traitait de l’actualité du hip-hop serbe.

En 2003, Marčelo fait ses débuts avec l’album « De Facto », sorti sur le label Bassivity. L’accueil des critiques ainsi que du public sont élogieuses, le rappeur étant alors qualifié comme la voix de la nouvelle génération. L’album était une critique de la société serbe à l’aube du nouveau millénaire. Dans le clip « Kuća Na Promaji », il parle de l’assassinat de Zoran Đinđić en 2003, mais aussi de la brutalité policière, de la corruption et encore de l’aliénation chez les jeunes. « De Facto » a été l’album hip hop le plus vendu en 2003 en Serbie-Monténégro et le premier enregistrement d’après-guerre qui comprenait des collaborations entre artistes de la nouvelle génération de toute l’ex-Yougoslavie, avec notamment Edo Maajka (Bosnie-Herzégovine), Elemental (Croatie), Škabo (Serbie), Bata Barata ex-Shorty (Serbie), Don Trialeon ex-Trial (Serbie) et Disciplinska Komisija (Bosnie-Herzégovine).

En 2005, pour son deuxième album, Marcelo décide de quitter Bassivity music et rejoint Multimedia Records.

L’ancienne génération toujours présente :

En 2004, CYA sort son quatrième album, « Bolje Vreme » chez BK Records, considéré encore aujourd’hui comme le meilleur album serbe jamais produit.

Des artistes des précédentes générations continuent à sortir des albums, comme par exemple Gru, et son hit « Stara škola nova škola », ou bien encore le groupe Bad Copy.

D’autres jeunes et prometteurs artistes émergent, comme Don Trialeon, Bauk Squad, FTP!, Hain Teny, KG Odred, Seven, Flow & Empty, Demonio, Bvana, Struka, Lud, DeNiro, Beton Liga, Krang, Blokovski, ou encore 3Polis Tribe.

A noter ce clip de 2006, qui est le premier single de l’album du rappeur Lud « U Ime Igre ». Une collaboration avec d’autres artistes serbes : V.I.P., Struka, Borko de THC La Familia et LoOney. Cette chanson avait été commandée par la télévision pour un documentaire sur les prisons serbes. Le clip, réalisé par LoOney a été tourné dans une prison de haute sécurité. C’est l’un des morceaux de Hip Hop les plus populaires en Serbie.

L’influence des nouvelles technologies, et l’avènement d’internet marqueront un nouveau tournant pour la musique Hip Hop en Serbie, et le début d’une nouvelle vague, notamment marqué par la sortie de la chanson de « THC la Familija – Za Ulicu, Ortake ».

Pour retrouver les autres épisodes : 1ère partie, 2e partie, 4e partie.

Thibaut Boudaud

Transclasse à Sciences Po Grenoble, Master Direction de Projets Culturels. Soon to be acteur culturel, et surtout amoureux des Balkans.


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